UASG ATHLETISME

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CR Courchevel X Trail le 10/07/11 par Alex le solitaire

Plusieurs années que je m'y prépare. L'instant de partir sur ce trail de montagne est arrivé : Xtrail courchevel 53kms 4400 D+.

Je renoue avec mes expériences passées en quelques sorte. Presque une autre vie. Le temps de la randonnée, des raids en montagne, alpinisme, marches d'approche et traversées de sommets, refuges. Revisiter ces espaces escarpés avec un nouveau regard, celui du trail. Est-ce que je vais découvrir quelque chose de différent ? cela va t’il me plaire ?

Levé 2h45. Petit déjeuner à la frontale pour ne réveiller personne : au menu, pain noir, un gâteau sport (energy cake) et deux grands bols de thé. Ca, c'est comme au refuge, les ronfleurs en moins ...

3h30, j'arrive 30 minutes avant le départ. Les coureurs se regroupent. Un coup d'oeil au ciel (vieux reflexe). Nuit étoilée. Bon présage au moins pour la matinée. Après c'est plus tangeant avec les orages annoncés. L'organisation a décidé de durcir la course en ramenant la barrière horaire (R3 - km30 - 3300 D+) à 11h au lieu de 11h30. Cela sécurise les 20 derniers kms qui s'effectuent sur une ligne de crête magnifique, très exposée et dangereuse en cas d'orage (la crête du Mont Charvet avec en bas d'un côté Courchevel, Pralognan la Vanoise de l'autre côté presque 1800m plus bas). Mon carnet de route y prévoyait un passage à 10h55. Je sais que je suis ric rac pour ce ravito R3. Va falloir forcer un peu l'allure pour passer.

J'entre dans le sas. Contrôle de la puce. J'aperçois Steph (S.Thibaut) qui est de la partie avec David qui l'accompagne. Petit signe. Ils me rejoignent. On bavarde un peu. Steph a la même préoccupation que moi : passer la barrière à temps.

"T'as fait combien à la Merrel ?"

"12h"

"Ok, je vais te suivre"

Steph et moi décidons de partir ensemble avec comme premier objectif d'assurer le passage de la barrière R3 dans les délais.

Briefing de l'orga qui annonce une possible seconde barrière en cas de météo défavorable avant d'aborder la seconde crête et le dernier sommet. Nous serons informés pendant la course. A suivre.

4h : c'est parti. 10 mètres de plat et grosse grimpette. Pleine pente dans les herbes tondues pour l'occasion. Musique, fumigènes. Les 190 coureurs commencent à s'étirer doucement avec les premiers mètres de dénivelées. Excepté la fin et quelques kms à flanc pour rejoindre la vallée de Meribel il n'y aura que cols à monter et descendre : 10 cols au total + 3 sommets cumulant une dénivelée significative pour cette distance.

Steph m'a emboité le pas, David est resté en retrait. Pas pour longtemps. Il finira en 9h30 après une seconde partie de course superbe. Entre temps, plus tard dans la matinée nous serions tous les trois réunis à l’approche du ravito R3. David me prendra 1h30 sur les 20 derniers kms. Un très grand bravo à lui.

Nous sommes maintenant en file indienne sur un single track dans la forêt de sapins. Il ne fait pas froid. Quelques coureurs parlent (pourtant kikour et kissmarr ne sont pas là – pas d’hallucination, je suis encore lucide). Moi je suis plutôt adepte du silence. Profiter de cette montée au petit matin me va très bien. Plaisir d'être là. C'est tout. Simplement. On sort des premiers lacets sur un chemin bien large qu'on prend en "sens inverse" de la direction vers laquelle on doit se diriger (du moins je crois). Je me dis que cela va être long et ne manque pas d'en faire part à Steph qui me passe. Inquiétude. Déjà. Les jambes vont elles suivre ? Pourtant, j'ai mis toutes les chances de mon côté en ne faisant aucune sortie course les deux semaines précédent la course, cela m'avait réussi à la Merrel. Sur cette période mes derniers entrainements ont consisté en uniquement une séance de marches à j-10 (1h15 pour 1100m de dénivelée) et une séance de PPG à j-9. Virage à droite et de nouveau single track en pente forte. Nous quittons le chemin pour les lacets qui s'enchainent à nouveau au milieu des sapins. Il fait toujours nuit, Steph est toujours derrière. On se dirige progressivement (comme prévu) vers la vallée de Méribel. A nouveau, le chemin s'élargit. 3kms de plat à peu prêt et ce sera le bas du premier col (col de la Loze). Un col de la Loze de plus. Les Alpes on dénombrent beaucoup des cols de la Loze. Steph passe devant sur le plat. Je suis contraint de m'accrocher et repense à ses performances sur l'éco trail, entre autre. Je sais que je serai plus à mon aise quand le sentier s'élèvera (du moins je crois) car je n'aime pas trop courir (un comble, je n'en dis pas plus). Ca y est, virage à droite en direction du col. D'abord dans la forêt, le chemin s'élève raide au milieu des sapins. Des petits groupes se sont formés. La montée est régulière en lacets. Frontales en file indienne. Nous sortons progressivement de la forêt. En même temps, le jour se lève. Quelle récompense que ce spectacle du lever du soleil en montagne. Voilà bien longtemps que cela ne m'était pas arrivé. Couleurs du ciel somptueuses, Résidus de nuages de l'orage de la veille au soir. Nuages bas, brouillard en vallée (nous sommes bien au dessus). Le spectacle se dévoile à mes yeux.

Je ne ressens pas l'effort et reste attentifs aux rubalises ainsi qu'aux panneaux de randonnées qui indiquent le col de la Loze proche. En bas, sur la droite, Meribel (le village), au loin devant nous et vers le bas, Mottaret. Je sais que dans quelques heures, nous aurons remonté tout ce fond de vallée. Ca y est, nous sommes arrivés au col de la Loze. C'est aussi le premier ravito. J'en profite pour un premier arrêt et remplir mes bidons. Steph me passe et ne s'arrête pas.

"Alex, je file"

"Ok je remplis juste un bidon et je te rejoins".

Direction le rocher de la Loze (premier sommet). Le single track est maintenant plus technique dans les pierriers. Je me sens très à l'aise dans l'effort avec mes bâtons ressortis du fond du placard pour l'occasion. De vieux salomons jaunes et lourds. Je retrouve des sensations anciennes. Des souvenirs aussi. Steph est devant. Elle file. Je m'accroche. Un bénévole au sommet. Devant moi au loin sur la droite, quelques traileurs sont déjà dans la montée suivante vers le sommet de la Vizille. Les premiers certainement. Je bascule dans la descente dans des lacets très serrés dans un petit couloir bien étroit. Au sortir du couloir, les lacets s'allongent et la descente se fait un peu moins raide. Je suis en pleine vitesse derrière Steph qui envoie dans la descente. Inquiétudes encore. J'espère que les cuisses vont tenir le rythme imposés et que je ne finirai pas comme à la Sainté (SaintéLyon - 69kms - 1300+ 1700-). Cette première descente me paraît longue (je m'attendais à moins) et nous sommes désormais au milieu du domaine skiable de Courchevel (moyennement top pour quelqu’un qui apprécie les paysages). Un dernier virage à droite et un bénévole nous oriente vers un single qui n'en n'est pas un. Même pas de chemin. Dans l'herbe, nous commençons à remonter vers ce sommet de la Vizille. Droit dans la pente. Les premiers aperçus tout à l'heure avaient vraiment déjà beaucoup d'avance sur nous. Le chemin progresse vers un interminable arc de cercle à flan de montagne et dans la caillasse. J'ai repris le rythme de la montée qui me va bien et m'accroche à Steph qui donne maintenant le tempo. Ca n'en fini pas de monter. Tout n’est que cailloux. Pas un brin d'herbe. Pas un arbre. Quand la montagne devient minérale, c'est ce que je préfère. Le ciel est toujours bleu et c'est de très bonne augure pour la suite. Nous arrivons sur une piste utilisée par les 4x4. Quelques lacets en pente tantôt douce, tantôt forte. Le ravito est en vue, un peu plus haut. Le sommet de la Vizille aussi. Je dois m'y arrêter pour faire le plein : 1 bidon d'eau sucrée. 1 bidon d'eau claire. 1 litre dans le camel. C'est un vrai plein car le prochain ravito (R3) est encore très loin. A au moins 3h10 de course. Je lève la tête et c'est stupéfait que je regarde (anéanti) Steph s'éloigner avec des traileurs à ses trousses. Inquiétudes. Ca y est, suis tout seul. Elle va passer la barrière. Pas moi. J'essaie de ne pas me déconcentrer en prenant le temps qu'il me faut pour faire ce plein sans lequel je sais que je n'arriverais pas Top chrono. 3mn d'arrêt et c'est reparti.  Steph est à trois minutes. Je n’ai pas d’espoir de la rattraper la sachant très affutée.

Le sentier est maintenant pour rejoindre le col du fruit au pied de l'aiguille du fruit est plat (normalement sur le papier). Plat .... en fait, il alterne montées et descentes raides bien que nous soyons à altitude constante entre herbe et rochers. Je me fait la remarque que le trail ne permet pas (en tout cas beaucoup moins que la randonnée) de profiter des paysages et de la flore sous peine de déconcentration et de chutes. Quelques gentianes printanières jalonnent le chemin. Signe qu'on est au dessus de 2000m (celles ci ne poussent pas en dessous) et en début d'été. Après la fin juillet, il est plus rare d'en voir. Cette fleur est magnifique d'un bleu très prononcé. Les encouragements d’un bénévole me sortent de mon rêve éveillé. Il m'annonce la prochaine descente du col du fruit « vous en avez bien besoin » me dit il. Je dois avoir l’air pas net. Je me remobilise sur la course. Au col du fruit, nous sommes vraiment au pied du pierrier qui permettrait l'accès aux voies vers le sommet. Le trail s'arrête là pour redescendre. Mes pensées se perdent dans ce paysage qu'il me tarderait d'aller découvrir, mais c'est un autre sport, une autre histoire. Reconcentration sur la descente. Je suis seul en ayant laché quelques coureurs eux aussi isolés. La descente –600m en quelques km seulement est raide sur un sentier en lacets. Inquiétudes. Les cuisses vont elles tenir ? Chasser les mauvaises pensées car tout va bien, aucun signe désagréable. Le trail comme je l’aime. J’envoie bien dans la descente qui doit durer 1/2h avant d’arriver sur un replat au pied d’un torrent. Il est 8h25. Petit pont pour passer le torrent.

Le passage qui suit est clé pour l’arrivée dans les temps de la barrière R3 parce qu’il faut courir, le terrain s’y prête très bien, le long d’un torrent sur un sol très herbeux. Tout en douceur, tout en souplesse ….

En scrutant au loin, je ne vois pas Steph. Normal. Rien à faire. En même temps, vu ses temps sur l’éco trail, ce n’est pas étonnant que je sois derrière. Je continue ce passage clé et plat au cours duquel il faut …. courir. Je m’efforce de lancer la machine. Les jambes commencent à se faire sentir et il n’est pas aussi facile de courir qu’au début. La route est encore longue. Inquiétude. Un coureur me double avec un rythme très nettement supérieur au mien. C’est David (je ne suis pas tout à fait sûr il est vrai). Il repart rejoindre sa très chère qui est devant. Impossible pour moi de le suivre sans me mettre dans le violet. Je continue donc à mon rythme en me concentrant sur le coureur qui est avec moi depuis la dernière descente et qui semble avoir autant de mal. J’essaie de mettre mes bâtons à profit y compris sur ce plat. Cela marche pas mal. Le refuge du Saut est la prochaine étape avant l’attaque de la partie la plus technique de la course. Il me reste 2h pour atteindre la barrière. Sur le papier, je suis dans les temps …. Surtout qu’à la faveur de la course régulière que je m’efforce de tenir depuis une trentaine de minutes, le refuge se dévoile sur ma droite (je l’avais presque oublié celui là) alors que je ne l’attendais pas. En général, les refuges, c’est toujours trop loin. Celui-ci je le passe, non sans le regarder. Sur son pied d’estale, au confluant des deux vallées, à l’abris des couloirs d’avalanche. Vallées lesquelles débouchent sur Meribel Mottaret, bien loin derrière. Passage du torrent sur un pont puis direction le col de Chanrouge. Devant moi, un traileur en peine vomit au milieu du chemin. Une pensée sur mon alimentation que je gère plutôt avec réussite depuis le départ. Je sais que les ennuis habituellement commencent vers les 8h de course. Je n’en suis pas encore là. Une petite tappe :

« ça va, t’as besoin de quelque chose »

« non c bon »

«  ok bon courage »

La montée du col se fait toujours au même rythme les jambes tiennent bien le coup. Le vent s’est levé. Plutôt frais. Froid même. Le col est à 2400m au milieu des alpages. Les fleurs multicolores tapissent ces alpages. J’adore et profite toujours de ce trail qui se passe pour l’instant très bien. Un bénévole sortit de nulle part nous fait signe qu’il faut quitter le chemin. J’imagine que nous sommes au col (pas très marqué) car nous redescendons. Pas pour longtemps. Le col qui s’annonce est le plus « ambiance haute montagne » du trail. Il s’agit du col du Râteau à 2700m d’altitude.

Nous attaquons une montée hors sentiers et très raide pour rejoindre un pierriers, éboulis. Je me sens très à l’aise dans ce milieu minéral que j’apprécie et retrouve. Recherches des pierres les plus grosses et les plus stables. Planté de bâton. Equilibre. Avancer. Nous sommes maintenant tout à fait encaissés au beau milieu de cas pierres. Pas de neige. L’hiver a été sec. Le pierrier s’élève rapidement vers le col juste au dessus. Je lève la tête. Steph est juste au dessus, avec David. Coup de boost. Je suis plutôt fier de ce que je fais. Motivé. La barrière R3 est 30 minutes derrière ce col à portée de mains. Il est 10h. Je peux me laisser aller maintenant, c’est gagné. J’aurai le droit de continuer. Il fait assez froid et le ciel est toujours bleu. Plus d’inquiétude, je me sens fort et en pleine possession de mes moyens. Au col, des bénévoles emmitouflés nous aiguillent vers la descente technique et raide dans un autre pierrier

« descendez sur la droite, traversez comme les coureurs dessous et gagnez le lac en contre-bas par la gauche, surtout pas par la droite. Suivez les cairns ».

Premier petit couloir de neige que je peux descendre en ramasse en faisant un peu attention car les cuisses commencent à contracter dur et le passage n’est quand même pas très aisé. La neige est parsemée de gros rochers rendant le passage compliqué. J’en profite pour doubler un groupe de coureurs. Parmi eux, David et Steph. Petits signes. Je décide de continuer mon effort et de les attendre au ravito, lequel est annoncé dans 10 minutes. Le trail emprunte maintenant les alpages. Dans des drayes plutôt que des sentiers, nous longeons le lac. Perdons un peu d’altitude pour gagner la tente blanche du ravito. C’est aussi là que le 30kms (parti à 8h) rejoint notre parcours.

J’ai prévu de m’arrêter 15 minutes le temps de refaire le plein. L’animal consomme beaucoup. Petit coup de fil à la petite famille pour rassurer « Allo, c bon, je peux continuer. J’ai 20 minutes d’avance sur mon horaire prévisionnel, il est 10h35). Les 2/3 de la dénivelée totale sont faits.

10h45, pas de trace ni de steph ni de David. Il ont dû repartir sans que je les vois. Je décide de repartir …. Direction le petit col des Saulces. Une formalité. Je suis confiant. Et bing, patatra. Rien ne va plus. Je ne peux plus accélérer et me traîne lamentablement sur cette petite montée dans un chemin facile qui serpente. A peine 300m D+ mais que c’est long et pénible. Il fait maintenant chaud, nous sommes en plein soleil. On quitte ce sentier pour un single track dans l’herbe pour parachever cette montée au col. Les 30 s’en donnent à cœur joie et me doublent, me doublent. J’ai l’impression d’être seul, à la dérive. Une traileuse d’IBM adepte du parc de Nanterre me double. On discute un peu. Elle est sur le 30. Puis s’en va, je vais vraiment trop lentement. Les 300D- qui suivent sont difficiles. Je n’arrive plus à courir. Les jambes sont douloureuses et je ne sais plus très bien comment m’alimenter. Boire des petites gorgées est même devenu pénible. Il est 11h30. Je retrouve mes problèmes d’alimentation des 8h (il s’agira pour moi de régler cela dans les prochaines courses … si j’y arrive). Tant bien que mal, je me hisse (même si cela descend) au pied du mur qui amène au col de la Grande Pierre : my North Face Ultra Grande Pierre J. Monter me va mieux. Je reprends des coureurs qui m’ont doublé dans la descente qui a précédé (la petite dame d’IBM notamment dont je ne connais même pas le nom, ni le prénom). Cette grimpette dans l’herbe mène droit à la crête du Mont Charvet. Et aux cols de la Dent (2140m) et de la Chat (2069m). La crête est somptueuse. A ce propos, je vous invite à la petite vidéo ci-dessous : bien mieux qu’un long discours. On s’y croirait.

 

http://www.youtube.com/watch?v=WV2maLEPdIQ

 

Au col de la Chat, le 30 rentre. Il est maintenant 13h20. Le 53 poursuit la crête jusqu’au sommet de la dent du Villars 2284m. Un bénévole garde l’entrée de cette dernière portion. Lieu de la seconde barrière en cas de météo défavorable. Il fait beau et chaud. Je suis tout seul. Tous les autres coureurs (devant comme derrière) sont sur le 30. Je m’engage non sans angoisse en scrutant les 30 qui rentrent. Je rentre aussi, mais par une chemin bien plus long. Il reste 13kms de course. 200m D+ et une descente magistrale vers le bas de la vallée … car il faudra descendre tout en bas : 1800D- sur 5 kms. Les cuisses vont encore morfler ! Petit à petit, à la faveur de cette crête, la forme est un peu revenue. J’arrive à courir et m’efforce à un rythme régulier quand le sentier s’élève à nouveau vers le troisième et dernier sommet. Au loin, sur la gauche, tout petits, les tremplins du saut à ski de Courchevel Le Praz avec à leur pied le village d’arrivée du Xtrail. Gros coup de bambou en pensant qu’il va falloir allez la bàs. Si loin, si bas. De l’autre côté, coup de projecteur sur les glaciers de la Vanoise. Je suis toujours tout seul, à croire que je suis le dernier de cette course. A la croix qui marque le sommet, un bénévole me met sur le chemin de la descente. Bonne surprise, le chemin que je pensais être large et caillouteux, pénible, est un single track très agréable mais je suis cuit. Je décide d’alterner marche et course en descente. Même si elle n’est pas du tout casse patte en descendant progressivement, c’est dur de courir. Les jambes sont douloureuses. Progressivement, je cours davantage et marche de moins en moins. Je compte les lactes. Je sais qu’i y en a 8 ! Mais que c’est long entre chaque. L’impression de parcourir toute la montagne à chaque fois, de gauche à droite puis de droite à gauche. Je me dis que les séances de marches auront au moins permis de courir encore. Il faudra donc continuer à en faire … Je reprends des coureurs plus à la peine que moi. 1, 2 ,3 , …, Steph. Mais c’est Steph !!!

« Comment ça va ? »

«  T’es là, je te croyais devant »

« Moi aussi je te croyais devant »

« Si tu cours, vas y, moi je ne peux plus. Très mal à l’estomac »

Je décide d’essayer de poursuivre sur le même rythme. Le ravito R4 est en bas de la descente. Il ne doit plus être très loin. Et, après, il reste 6 kms, petite descente et plat pour regagner Courchevel Le Praz par la forêt. J’ai rejoint un petit groupe qui va à mon rythme. On descend régulier. J’essaie d’oublier mes jambes qui sont douloureuses. Je modifie mon appuis en attaquant sur la plante des pieds ce qui me permet de « varier » la douleur. Le chemin s’élargit maintenant, 2 virages et c’est le ravito. On y trouve du public et des bénévoles très accueillants. Je suis totalement pris en main par eux dames qui me servent le coca, remplissent les bidons et vident le sucre dedans. Chouette. 5 minutes tout au plus et Steph arrive.

« ça va »

« bof, je marche. mal à l’estomac »

« si tu veux on finit ensemble »

Après un arrêt bref pour Steph, plus long pour moi. On repart. Discuter casse la monotonie du retour pas très motivant au regard des paysages traversés depuis ce matin 5h. Il est 14h15. On estime pouvoir rentrer en 45 mn c’est-à-dire moins de 11h. C’est une balade en sous bois, traversée de torrent. Notre marche est plutôt rapide. Nous ne sommes pas doublés. Soit qu’on est dernier, soit que les autres derrières marchent aussi. En fait, ils étaient 30 derrière. On finira 108 et 109ieme sur 190 partants et 139 classés. Au premier pointage au col de la Loze ce matin après 2h30 de course nous étions passés 108 et 109ième!!!

Alors que nous approchons des tremplins (RAF 2kms), David arrive en sens inverse au devant de Steph. On discute un peu et à 1 km de l’arrivée je propose de courir histoire de finir sur une bonne note et devant les enfants qui m’attendent certainement, il faut faire bonne figure. Les jambes repartent bien dans le rythme de la course après ce long passage de marche. Je me sens plutôt bien avec cette ligne d’arrivée maintenant en vue. Dernière bosse. Ca y est. Fini. Content.

 

Synthèse : Kissmarr avait tors, on ne court pas tout nu au Xtrail Courchevel !

La preuve :

 

Les +

Paysages à couper le souffle

Une distance abordable (on n’est pas sur un 100 bornes voir plus) avec malgré tout une dénivelée importante

Un départ tôt donc une arrivée pas tard … qui permet éviter les orages de fin de journée

Village sympa au pied des tremplins avec des courses échelonnées sur deux jours. Championnat de France course montagne (la courch’à pieds) le samedi (16kms). Courses ados emmenée par M. Dawa Sherpa en personne (rien que cela pour nos jeunes) ! Animations enfants et présentation de rapaces en vol.

Photos souvenir proposées gratuitement par l’orga

 

Les –

Ba rien. Si : rentrer à Paris.

 

 

 

 

 



10/08/2011
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