UASG ATHLETISME

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CR Ultra Tour du Beaufortin le 16/07/2011 par Jean Luc des Bois

Ultra Tour du Beaufortin  (103km - 5900D+) - 16 juillet 2011

                                                                       

 

( Beau, Ultra beau … mais … Dur, Ultra dur … !)

 

* * *

 

 

L'UTB, avec ses 103 kms et 5900 m de dénivelée, était planifié en préparation de l'UTMB. L'objectif était donc de « bouffer » du km et du D+, mais sans trop « taper dedans » et donc en tentant de préserver au mieux le physique.

Objectif partiellement atteint en ce qui concerne la distance et la dénivelée, mais malheureusement le physique n'a pas complètement suivi …

 

Il est 4h07 en ce samedi matin quand le départ est donné. Il fait encore nuit noire, mais les 300 premiers mètres sont éclairés par des torches bordant le sentier et un feu d'artifice vient accompagner la musique du départ.

Il ne fait fait pas froid et la météo s'annonce clémente. Coool !

 

Ca commence très fort avec d'entrée 1500m de D+ en à peine 8km , pour arriver au col de Roche Pourrie.

Nous sommes tous en file indienne dans cette montée alternant forêt et alpages, quand un chevreuil surgit et traverse le chemin sous notre nez, sans doute attiré (ou dérangé ?) par la lueur des frontales.

 

 

S'ensuit un itinéraire en balcon, à la fois sauvage et escarpé qui nous mènera jusqu'au 1er ravitaillement situé au refuge des Arolles.

On attaque ensuite une longue descente, d'abord très roulante sur des pistes de ski pour ensuite rentrer dans la forêt et attaquer des portions plus techniques, avant d'arriver au barrage de St Guerin, que nous traversons pour ensuite attaquer la longue montée vers le cormet d'Arêches où est situé le 2nd ravitaillement .

Après ce ravito bienvenu (il commence à faire chaud et la montée a été longue), nous entamons la montée vers le col du Coin. Très beau et agréable sentier herbeux (ça ne va pas durer !). Les sensations sont (encore) bonnes et on profite au maximum du paysage.

Une fois le sommet atteint, on débouche sur un panorama à couper le soufle ! Vraiment magnifique, avec au fond l’imposante Pierra Menta.

 La descente en lacets est rapide et se fait aisément, jusqu’à un sentier pierreux qui commence à faire mal aux pattes. On débouche alors sur le lac d’Amour que nous contournons par la gauche pour attaquer ensuite la sérieuse montée vers le col à Tutu, situé au pied de la Pierra Menta.

 Au fur et à mesure de la montée, l’environnement se fait de plus en plus minéral. Je fais une première pose « forcée » car je commence à souffrir sur le devant des tibias (humm, humm, pas bon signe ça …).

Je fini par atteindre le col à Tutu après une pente herbeuse bien raide, et là , à nouveau un panorama extraordinaire, mais aussi impressionnant! Il va falloir descendre un passage équipé d’une corde : le passage de la Mintaz.

 

 

Ensuite, on emprunte un chemin encore bien minéral et cahotique jusqu’au col du Bresson, puis au refuge de Presset, lieu du 3ème ravito. Au menu : soupe, fromage, compote et autres douceurs.

 

Peu après le refuge on contourne le lac de Presset pour attaquer la montée au point culminant du parcours : le col du grand Fond (2671m). Et là, le parcours devient carrément minéral et la montée est rude.

 

En haut la vue est magnifique !

Nous longeons ensuite un sentier pierreux, toujours en altitude, pour déboucher sur l’impressionnante brèche de Parozan que nous devons descendre.

La descente dans le pierrier de la brèche de parozan s’offre à nous. Sortez le parachute !!! waouh … ça va envoyer du lourd !… mais aïe aïe aïe , mes quadris ne vont pas aimer du tout !

Cette descente aura laissé des traces et ma douleur aux tibias se fait de plus en plus sentir. La descente sinueuse qui suit et qui doit nous amener au 4ème ravito situé à Plan Mya m’aura paru bien longue. Je commence à avoir du mal à lever les genoux pour éviter les cailloux piégeux parfois dissimulés dans l’herbe.

Superbe vue sur le barrage de Roselend et nous arrivons enfin au refuge de Plan Mya où je vais faire une longue pause  pour recharger le sac et « reposer la mécanique » (eau, boisson NRJ, crème Nok, potage et tout le toutim !…).

 

Je sais que la montée suivante est longue. Il va falloir assurer jusqu’au Col des Sauces, puis les crètes des Gîtes jusqu’au refuge de la croix du Bonhomme. Allez, c’est parti pour une belle grimpette.

 

Peu après le col, nous débouchons sur le sentier des Crêtes des Gîtes, taillés par les troupes alpines, à l’époque ou France et Italie étaient rivales.  Ce passage, impressionnant de loin, n’est pas dangereux mais doit toutefois être abordé avec prudence.

Après ce passage de crêtes, nous redescendons légèrement pour accéder au refuge de la croix du Bonhomme où se tient le 5ème ravitaillement. J’ai maintenant du mal à courir dans les descentes. Je ne peux plus plier mes pieds et la douleur sur le devant des tibias est bien présente. J’appréhende la traversée technique qui doit suivre jusqu’au col du Bonhomme (encore et toujours ces maudites caillasses !) puis la descente jusqu’à Plan Jovet et enfin la montée dans les pierriers jusqu’au col de la fenêtre. Impression confirmée et amplifiée même en arrivant au sommet du col où j’ai le moral dans les baskets car je souffre. Je me mets à l’abri du vent et j’en profite pour badigeonner mes jambes de pommade (on se rassure comme on peut !).

La suite jusqu’au 6ème ravito situé au col du Joly m’aura parue très longue. J’ai de plus en plus mal et je n’ai plus le moral (ça se voit, je n’ai plus fait de photos à partir de ce moment-là !?).

Arrivé au col vers 19h40, je décide là encore de faire une longue pause et en profite pour me changer avant d’attaquer la nuit.

 

Je repars, le moral est un peu remonté mais je vais rapidement déchanter. La douleur reprend de plus belle et je ne peux quasiment plus courir. Je ne prend plus aucun plaisir. La nuit est là. Le vent se lève et la pluie fait son apparition. L’objectif est maintenant d’atteindre sans encombre Les Saisies, située aux 88ème km et lieu du 8ème ravitaillement.

J’arrive aux Saisie vers 23h50, mais que ce fut long et surtout douloureux.

Il ne reste que 15 km pour boucler cet UTB, mais j’ai vraiment trop mal maintenant et au rythme où j’avance, ça signifie encore environ 3 à 4h d’effort et malheureusement de soufrance, et c’est la mort dans l’âme que je décide d’arrêter là.

 

 

En conclusion : très très belle épreuve … mais qui se mérite.  Il faut arriver bien préparé et s’attendre à du technique et cassant.

Un grand bravo aux organisateurs et aux bénévoles, extraordinaires de gentillesse tout au long du parcours. Merci à eux.

Et maintenant, place à la récup … et rdv chez le toubib pour soigner ces maudits tibias qui m’auront bien gâché la fête.

 

 

 

 



29/07/2011
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