UASG ATHLETISME

UASG ATHLETISME

CR de la CCC le 26/08/2011 par Stéphanie T

CCC 2011 – 26/08/2011

 

19 janvier 2011, le verdict est tombé : je fais partie des heureux élus pouvant participer à la CCC. Vont s’ensuivre 7 mois de préparation physique et psychologique intenses. Je commence vraiment mon plan début juin, en alternant séances de VMA, footing, quelques côtes, VTT et trails. Sur mes 11 semaines de prépa, j’ai fait 389km de course à pied, 255km de rando, 790km de VTT et 18 200m de D+.

Samedi 20 août 2011 : départ pour Cham’, je vais y passer la semaine. Dernière semaine, le stress monte. Quelques randos les premiers jours, puis repos total les deux derniers jours. Mercredi, je vais chercher mon dossard. 2h de queue en plein soleil ! Il est trop beau, avec mon nom dessus, la grande classe ! Ils ont vérifié le sac, ils cochaient chaque élément obligatoire, c’est pour ça que c’était si long.

Un tour sur le village expo, les conférences, et j’attends impatiemment. La météo s’annonce mauvaise …

Jeudi 25 août, la veille du départ. Je vois Michaël, le belge que j’avais rencontré sur un trail en Belgique. Il m’a gentiment proposé de lui laisser un sac que sa sœur m’apportera à Champex. Sympa ! Le soir, je dîne avec l’équipe de l’UASG, eux font l’UTMB, mon rêve … Et je me couche tôt, à 22h je dormais.

Vendredi 26 août : le grand jour. Réveillée à 6h, je termine de me préparer, je mange mon gâteau sport, et go. En allant au bus, je croise ceux qui terminent la TDS. Vivement que je sois moi aussi si proche de la ligne d’arrivée, encore 24h à attendre ! Arrivée à Courmayeur, je retrouve les belges. On va essayer de courir ensemble avec Michaël. On dépose nos sacs, et on se place dans le sas. Nous sommes dans la 1ère vague, départ à 10h. On nous annonce un changement de parcours à cause des mauvaises conditions météo : on ne passe ni à la tête de la Tronche, ni à Bovine, ni à la tête aux Vents. Et voilà, mon beau plan tombe à l’eau ! J’en étais très contente, j’avais passé des heures à le faire, et il ne sert plus à rien !

 

10h : le départ. Le speaker annonce le départ de la « Tchi Tchi Tchi » en italien ! Séquence émotion avec la musique … Me voilà partie pour 24h d’aventure. Mon grand jour tant attendu, ça y est, j’y suis. Ca part vite, les gens courent dans Courmayeur alors que ça monte. Nous on marche, et on se retrouve vite derrière. Pas grave, au moins on est tranquille. Et tout de suite on commence l’ascension en lacets vers Bertone. Ca va, ça monte bien. Je me force à boire, là je n’ai pas le droit à l’erreur. Dans ma poche, j’ai pris 2L d’eau et un mélange malto/fructose. Dans cette 1ère partie, il y a beaucoup de monde, mais ça ne bloque pas. Je vais bien, je monte bien, pas de douleurs, pas essoufflée.

11h11 : Refuge Bertone. Des bénévoles nous scannent le dossard manuellement. J’étais étonnée que pour autant de monde ils scannent à la main, mais après réflexion, mettre un tapis en montagne, ça devait sûrement être compliqué. Je n’ai pas beaucoup bu donc je ne remplis pas le camel, je bois juste un gobelet d’eau. Et c’est reparti pour 5km. A chaque ravito, ils annoncent la distance et le dénivelé pour rejoindre le suivant. Là, il me semble que c’était à peu près plat, un petit sentier avec quelques bosses. Peu avant Bonatti, je me fais doubler par Stan qui était parti 10mn après moi. Ca fait plaisir de voir quelqu’un de connu. Quelques encouragements, et il repart.

12h21 : Refuge Bonatti. Je ne remplis toujours pas, mais je bois 2 gobelets d’eau et je mange un gel. On repart pour Arnuva, en descente sur un petit chemin. Je ne me souviens plus trop de cette partie.

13h10 : Arnuva. Là je me fais remplir la poche par une bénévole, et je mange un peu : banane, TUC et chocolat. Je n’ai pas faim, mais je me force à manger. Direction Grand Col Ferret, une belle montée de 750m de D+. Ca se monte bien, tous en file indienne. Vu que ça monte et que ça ne demande pas une grande attention, je sors mon téléphone. Et là, quel plaisir de voir autant de messages ! Le temps de les lire et de répondre, ça m’a occupée une bonne partie de la montée ! Le vent se lève, on croise un mec qui vient dans l’autre sens, qui nous annonce de la pluie en haut. Effectivement, c’est bien gris. Mais finalement, on va avoir de la chance et y échapper, enfin pour l’instant ! En haut, le vent souffle fort, ça envole même ma casquette ! Du coup je la garde au poignet en attendant que ça se calme. Là s’ensuit une grande descente d’une vingtaine de km. Quelques petites bosses il me semble, mais j’ai le souvenir d’une longue descente. Facile, sur des chemins larges et roulants, en pente douce, donc je peux courir. Je dois être à 10-11km/h. Là je perds mon belge, qui doit aller moins vite en descente. Je suis vraiment bien, je me fais la réflexion que pour l’instant tout va bien. Ca fait déjà plus de 4h que je cours, mais aucune douleur, aucune fatigue.

16h05 : La Fouly, 2mn d’arrêt ! Je regarde mon camel, il me reste de l’eau, je prends juste banane+orange+TUC+chocolat et je repars. Et là, je vois des toilettes, avec des lavabos, la grande classe, moi qui ne supporte pas d’avoir les mains collantes, je peux me laver les mains, avec du savon, waouh ! La descente continue, sur du bitume, j’avance bien. Je ne sais pas trop à quoi je pense, mais je ne m’ennuie pas, je suis certainement dans mes pensées, mais je ne sais pas où. Je croise quelques fontaines où je bois. Comme ça je ne puise pas dans mon camel, et c’est de l’eau pure. Je commence à saturer de mon eau sucrée, je la viderai au prochain ravito. Puis commence une montée, qui nous mènera jusqu’à Champex. Montée, je mange un gel et je rallume mon téléphone. Bip, bip, plein de messages. Au fur et à mesure que je les lis, j’en reçois des nouveaux. Ca fait vraiment plaisir de voir que d’autres sont derrières leur ordi à suivre la course et à suivre ma progression. C’est là que je mesure que je suis en train de réaliser quelque chose de grand. Je passe mon temps avec mon téléphone jusqu’aux champignons. Je me rappelle que Michaël m’en avait parlé, qu’à ce moment là il pensait être en haut, alors que non, c’est encore long. Là, je discute avec deux parisiens. Ca fait plaisir de parler un peu. On va ensemble jusqu’à Champex.

18h09 : Champex. Gros ravito, je regarde si je vois la sœur de Michaël qui a ma gamelle de pâtes, mais je ne la vois pas. De toutes façons, je n’ai pas faim. Je dois être bien classée, parce qu’il n’y a pas la queue pour la bouffe. Je vide complètement mon camel pour mettre de l’eau pure. Je prends juste 2 morceaux de pains (du super pain aux céréales), du fromage (moi qui ne mange pas de fromage, là bizarrement j’en avais envie, en plus il était bon), des TUC, banane et chocolat, et je mange tout ça en marchant. 8mn d’arrêt seulement ! Par rapport à mes prévisions, je gagne beaucoup de temps aux ravitos. Du coup je suis en avance. En plus, le parcours est plus facile que ce je que je pensais, du coup j’avance plus vite également. J’avais prévu 3km/h en montée, je suis peut-être à 4. Et au lieu de 7km/h en descente, sur certains passages je suis à 11. Donc à la sortie de Champex, j’ai 4h d’avance ! Bon, OK ils ont coupé la tête de la Tronche, mais je suis quand même bien en avance. Là, changement dans le parcours, au lieu d’aller à Bovine, qui paraît-il est un passage très dur, on descend à Martigny. 1000m de descente. Sur un chemin roulant, plus ou moins bitumé, donc j’avance bien. Il y a même des gens au bord de la route qui nous donnent de l’eau, c’est sympa ! Puis on remonte dans les vignes, puis un petit sentier dans les bois jusqu’à Martigny. La nuit tombe, il commence à faire sombre. J’ai faim, mais on ne doit pas être loin du ravito, je mangerai là-bas. On commence à voir des gens à l’envers, on ne doit plus être loin.

20h33 : Martigny. Déception, je pensais trouver à manger !!! Je croyais qu’on était à Trient, et que Martigny était un des villages traversés précédemment. Mais non, nous ne sommes qu’à Martigny, et il n’y a que du liquide. Je prends un gel, j’espère que ça suffira. Je sors la frontale, je remplace la casquette par le buff. Et je ressors. Pour m’arrêter 10 mètres plus loin pour mettre gants et manchettes, le vent s’est levé, je ne m’en étais pas rendue compte. Il commence à pleuviner, juste quelques gouttes, pourvu que ça reste comme ça. On attaque la longue montée vers le col de la Forclaz, 1000m de D+. J’ai chaud, j’enlève gants et manchettes. La pluie s’intensifie … Et j’ai toujours très faim. Je remange un gel, deux en si peu de temps, ce n’est pas idéal. Je ne vais quand même pas en prendre trois. Là, ça a été le seul passage dur, où j’ai peiné. Je devais être en hypo, je n’avançais plus, j’avais un peu la tête qui tournait, très faim, je ne marchais plus très droit … Je commence à avoir froid, il pleut de plus en plus, je ne suis qu’en short-tee-shirt, mouillée, avec le vent … Je remets mes gants humides, et je sors les super gants Mappa ! Sauf que par-dessus les gants de soie, c’est un peu trop serré. Donc ça ne me réchauffe pas trop, mais au moins j’ai les mains au sec. Ce n’est pas une hypo qui va m’arrêter ni la pluie, mon corps a connu pire. Je mangerai et je m’habillerai à Trient, et ça ira mieux. Faut juste monter ce col qui n’en finit pas. Ce qui me rassure, c’est que d’autres s’arrêtent, font des pauses, disent que c’est dur. Donc ça ne vient pas que de moi, c’est peut-être vraiment dur. Je regarderai bien mes messages, mais avec la frontale et les gants, ce n’est pas pratique. Surtout la frontale. J’ai pris la Myo XP Belt. Qui dit Belt, dit boitier à piles dans le sac, fil qui passe de la tête au sac. Donc impossible de mettre la capuche ! Du coup, je dois avoir le buff trempé, mais je ne m’en rends pas compte. C’est dur, mais je ne doute pas. De toutes façons, je terminerai. Je pense aux gens qui pensent à moi, à mon père, qui s’il était là n’arrêterait pas, qui serait très content que je termine. Il m’aide beaucoup, je crois que c’est une des raisons pour lesquelles je cours. Dans mon grand questionnement du pourquoi, il en fait partie. Et, il me semble qu’on est enfin en haut J On nous annonce le ravito pas très loin.

23h03 : Trient. 29mn d’arrêt. Pour me changer, entièrement. Je mets mon collant, et le sur-pantalon, le tee-shirt manches longues et la veste Gore Tex. Pendant que je me change, j’allume ton téléphone, il sature « plus de place pour afficher de nouveaux messages » !!! Merci beaucoup, c’est vraiment trop sympa de m’écrire autant. C’est là qu’on voit qui pense vraiment à nous. Et je n’ai pas été déçue. Je mange de la soupe, 5 tranches de pain, du fromage, du chocolat. Et je repars pour Vallorcine. Je ne me rappelle absolument plus du parcours. Il pleuvait, je crois qu’il y a eu une petite montée puis une redescente. Je devais être dans mes pensées. Je sais que j’ai pensé à une phrase de Matthieu « tu t’achèteras une tenue qui te fait plaisir ». Alors je m’imaginais avec la jupette Raidlight et les booster noir, avec les manchettes pour l’hiver, waouh, la classe !!! Ce qui ne sert strictement à rien, puisque je n’ai pas mal aux mollets, mais ça doit être trop beau. Le problème, c’est que pour un trail boueux, à la fin ce n’est plus très classe ! J’ai longtemps pensé aussi à quelle stratégie adopter pour mon arrivée : rentrer à l’appart ou dormir au gymnase. D’un côté, j’avais le confort de la baignoire et du lit, de l’autre je n’avais pas de trajet à faire. J’ai aussi beaucoup pensé à ce que je ferai après. L’UTMB, la PTL, mais il faut aussi que je trouve une autre motivation sinon dans 2 ans je ne cours plus. Courir pourquoi ? Là, c’est un exploit, c’est l’inconnu, mais une fois que j’aurais réussi, il n’y aura plus rien d’extraordinaire à refaire une course de ce format. Courir pour faire des podiums, mouais, mais là l’objectif ne dépend pas que de moi, si les autres sont meilleures, je n’y peux rien. Et si je n’atteins pas mon objectif, je serai trop déçue. Courir à deux. Reste à trouver avec qui courir. Passer au triathlon. Faut juste apprendre à nager ! Bon, pour l’instant il me reste l’objectif de l’UTMB puis de la PTL (qui veut la faire avec moi en 2013 ?!!!), j’ai encore le temps de me poser cette question. Il faudra quand même gérer le baby-blues, et retrouver l’envie de courir après ce moment si fort. J’ai aussi pensé à ceux qui pensent à moi. A mon père, qui doit être fier de moi. A ma mère, en train de faire bénévole et de se geler. A ceux que je vais retrouver à mon retour et que je pourrais prendre dans mes bras. Aux messages que je pourrais lire sur internet. A ceux qui sont partis pour l’UTMB. Et avec tout ça j’arrive à Vallorcine.

01h29 : Vallorcine. Je reste 11mn. C’est trop bien, ils ont mis une sorte de chauffage, tout le monde est autour ! Moi ça va, je n’ai pas froid, et je suis au sec. Je prends de la soupe, du pain, du fromage, et je teste une barre Overstims, chocolat au lait et riz soufflé. Trop bon, j’en prends même deux dans mon sac ! Je ressors, et là il y a un feu de camp. Je ne peux pas faire autrement que de m’arrêter ! J’en profite pour rallumer mon téléphone, prévenir ma mère qu’elle n’a pas besoin de se coucher, que je vais arriver d’ici 3h, lire mes messages. J’ai même un appel, mais il est un peu trop tard pour rappeler en pleine nuit. Et cette fois je laisse le téléphone allumé. Comme ça je sens les vibrations à chaque message, même sans les lire ça me fait trop plaisir. Là il me semble qu’on monte au col des Montets, mais je ne m’en souviens pas non plus. J’ai les pieds trempés, j’ai l’impression que mes chaussures prennent l’eau par le dessous tellement ça fait floc-floc !

02h51 : Argentière. Je prends juste de la soupe et je repars vite fait. La fin, je la connais, petit balcon sud. On l’avait fait en rando le mardi. Un petit chemin agréable, avec quelques racines tout de même. Je crois qu’il ne pleut plus trop. J’ai même chaud. C’est un chemin vallonné, j’avance bien. Je vois une pancarte : Chamonix 25mn. Yessssss. C’est fou, je n’ai pas vu le temps passer, je ne me suis pas ennuyée alors que j’étais toute seule. C’est la première fois que je ne m’ennuie pas. En plus je ne souffre pas, je n’ai même pas mal aux jambes, je peux encore courir sans problème. En plus je me dis « plus vite je cours, plus vite j’arrive ». Comme le parcours a changé, je ne savais absolument pas où j’en étais en km. Ma montre était enfouie sous mon tee-shirt, ma veste et mes gants, donc je ne savais pas du tout quelle heure il était. J’étais complètement déphasée. A chaque ravito, je regardais la distance au suivant, mais je ne pensais pas à l’arrivée. A un moment, quelqu’un a demandé « il reste combien pour Cham’ », et ça m’a fait tout bizarre, je n’y pensais même pas ! Je vois les lumières de la ville, on approche. On descend, et ça y est, plus que quelques mètres. On passe vers le gymnase, le long de l’Arve, en ville, on nous annonce 280m, et l’arrivée. Ma mère est là pour m’accueillir. Par contre il est 4h40 donc il n’y a pas foule. Quand même quelques personnes pour applaudir. J’avoue que l’arrivée est un peu décevante, je m’attendais à plein de monde. Mais finalement, pour être revenue voir les derniers à 11h, il n’y avait pas grand monde non plus.

04h40 : Chamonix. Finisher en 18h37mn55s. On m’enlève les puces et on me remet une polaire bleu turquoise, à ma taille ! Il y a un ravito, je n’ai pas faim, mais je bois un thé et je mange une orange et des petits beurre. L’arrivée est beaucoup moins magique que celle dont j’avais rêvée. Et je ne réalise pas trop. Vu que je n’ai pas souffert et pas trouvé le temps long, je ne mesure pas vraiment l’ampleur de ce que je viens de faire. C’est après en lisant mes messages que je commence à comprendre. Je rentre tranquillement à l’appart, je prends un bon bain chaud et me couche quelques heures. Vers 10h on retourne en ville voir les derniers, puis je récupère mon sac et je vais prendre mon repas coureur. Gargantuesque, j’ai rarement autant mangé !

Il paraît que le parcours faisait finalement 98km (d’après les GPS) pour 5100m de D+.

Maintenant, il ne me reste qu’à espérer être tirée au sort pour l’UTMB …

Un grand merci à tous ceux qui m’ont soutenue et suivie, vraiment ça me touche beaucoup.

Bilan

-          18h37mn55s (vitesse moyenne de 5.3 km/h)

-          56ème femme sur 207

-          37ème SEF sur 91

-          654ème sur 1592

Côté matos, j’avais ce qu’il fallait, ni trop ni pas assez :

-          Veste Gore Tex

-          Sur-pantalon (Décathlon, en 10 ans !!! 125g)

-          2 frontales + piles

-          Casquette + lunettes de soleil

-          Buff

-          Gants de soie+ gants Mappa

-          Bâtons (qui ont fait le GR20 et qui ont la pointe usée !)

-          couverture de survie, gobelet, strap

-          collant long Décathlon

-          tee-shirt x-warm Odlo manches longues

-          cascadia + mini-guêtres

Au total, mon sac devait peser 3kg sans l’eau, donc 5kg grand maximum.

Ma prépa :

 

 

 



07/09/2011
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 63 autres membres