UASG ATHLETISME

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CR de la Maxi Race le 27/05/12 par JL

MAXI-RACE du lac d'Annecy

( 85km – 5000 D+ )  …. Devenus 91km – 5400 D+  (quand on aime, …)

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" Le Lac des Cîmes"

 

 

Pour être tout-à-fait honnête, j'avoue avoir eu du mal à boucler ce récit, tellement cette Maxi-Race m'aura laissé des sentiments contrastés, à la fois de joie intense, mais aussi de frustration:

De la joie, parce que je suis venu à bout de ce beau mais dur parcours, dans ce superbe endroit qu'est le Lac d'Annecy et qui est de mon point de vue un des plus beau spot pour notre sport.

Mais frustration, parce que malgré ces 91 kms avalés, j'ai l'impression de n'avoir rien vu ou pas grand-chose, et de ne pas avoir profité pleinement de l'événement.

Explications :

 

 

* …où, pour une fois, je tire le (gros) lot :

 

Il y avait déjà bien longtemps que j'avais décidé de faire ce trail; les nombreux récits et les superbes photos de l'édition 2011 publiés sur différents forums avaient fini de me convaincre quand, fin novembre 2011 c'est-à-dire juste avant l'ouverture officielle des inscriptions, les organisateurs et le forum Kikourou ont décidé d'organiser une petite loterie "Gagnez un dossard pour la Maxi-Race".

2 jours avant la date limite de participation, je tombe sur le post du forum et je m'inscris à la "loterie".

… Et devinez quoi ?  Je tire le gros lot et gagne donc mon dossard. C'est bien la 1ère fois que je gagne quelque chose à une loterie, et là pour le coup, le hasard fait plutôt bien les choses.

Un ENORME MERCI donc à Steph Agnoli (Organisateur) pour ce coup du sort bien sympathique.

Annecy, c'est parti !

 

 

* …Le bonheur est … dans le lac :

 

Me voilà donc débarqué à la 'Venise des Alpes' en ce samedi 26 mai. Arrivé en début d'après-midi et après avoir déposé mon paquetage à l'hotel, nous avions prévu de nous retrouver vers 16h sur le village-départ avec Philippe et Greg, 2 copains arrivant par le train suivant.

Il fait beau et chaud, et il y a beaucoup de monde à Annecy: brocante, tournoi de volley, trails, long week-end de Pentecôte. Les annéciens (et les touristes !) ont investi les abords du lac, et les maillots de bain sont de sortie sur la plage d'Albigny, centre névralgique des courses du week-end. On se croirait presque en vacances. Pas désagréable J

 

 

Arrivé sur place un peu en avance sur notre heure de rendez-vous,  je vais directement retirer mon dossard et faire un petit tour sur les stands du "village des sports outdoor". La foule des trailers commence à arriver et on croise dans les allées les "Gobert, Valero, Le Saux, Pommeret, et consorts …".

 

Quelqu'un me tape sur l'épaule. C'est Greg que je n'avais pas vu. Il est avec un pote stéphanois. On discute, on papote et comme on a plein de choses à se raconter depuis notre dernière "rencontre" (c'était au Beaufortin l'année dernière), Greg paye sa bière et nous allons nous étaler sur l'herbe, à l'ombre dans un coin un peu plus tranquille, car c'est maintenant le rush sur le village. Coup de fil de Philippe qui vient également d'arriver et qui nous rejoint.

Après avoir bien lézardé l'après-midi, on retourne chacun à nos hotels pour boucler nos sacs du lendemain, car la nuit s'annonce courte (rappel: départ à 3h20 du mat' !). Je retrouverai Philippe le soir, à la pasta party.

 

 

* Alea jacta est :

 

Dimanche matin 2h30 !... il est l'or .. Monseignor ! Oh purée, je crois que c'est pire que de passer une nuit blanche complète. P'tit déj rapidement avalé (pas trop faim à c't'heure là !), direction le départ, non sans croiser quelques noctambules, dont certains à deux doigts du coma éthylique … y'en a même un qu'a voulu me taper une cloppe, comme si dans ma tenue de traileur je sortais de boîte pour aller m'en griller une !?

J'arrive au dernier moment et je rentre dans le sas de départ en fin de peloton. Ca me va bien car j'ai décidé de partir lentement et de ne pas me laisser griser sur le plat dans la traversée de la ville.

Il est 3h20, les fumigènes sont allumés, le speaker tente de faire monter l'ambiance, mais on sent bien que tout le monde est déjà dans sa bulle, ou pas réveillé ?... et c'est le top départ. Allez hop, c'est parti pour quelques heures de balade.

Le contournement du lac et la traversée d'Annecy se font tranquillement. Même sans accélérer, je remonte un peu le peloton massif malgré tout (environ 1000 trailers au départ).

Rapidement, nous sortons de la ville pour attaquer la montée vers le Semnoz. Le peloton est encore compact et nous entamons les premiers single en file indienne. La frontale est bien utile dans les sous-bois rendus piégeux par l'humidité ambiante (à cette heure-là, la fraîcheur de la nuit est toujours présente et le soleil n'a pas encore pointé le bout de son nez pour faire sécher tout ça). Quelques traversées de névés encore présents à cette saison ?!

Le jour se lève enfin, mais je ne suis pas encore arrivé au sommet du Semnoz. Je n'aurai donc pas droit au lever du soleil depuis le sommet (à mon avis, seuls les premiers ont dû avoir droit au spectacle. Dommage).

J'atteindrai le sommet vers 6h.

 Bref arrêt au 1er ravito pour faire le plein des gourdes. Il y a  foule et je ne m'attarde pas. Pointage à 6h11, peu après le ravito, avant d'entamer la longue descente qui suit et doit nous conduire au 2nd contrôle, au "Parc des Bauges" que j'atteins vers 7h50. C'est dire si cette descente aura été longue … (et ce sera le cas pour toutes les descentes, que j'ai trouvé longues et où il faut garder toute sa concentration car assez techniques et cassantes).

Arrivé en bas, la bonne surprise est qu'il y a un point d'eau, ce qui permet de se rafraîchir car il commence déjà à faire chaud. Ca promet !

 

Nous attaquons ensuite une portion plus roulante, mais rapidement le terrain redevient pentu, en sous-bois pour finalement atteindre le "Pont du Diable" .

On attaque maintenant la montée vers le col de la Frasse. Quelques portions de bitume avant de remonter en pente douce à travers les alpages.

 Il fait maintenant  vraiment chaud et j'aperçois Greg, posé là sur un rocher. Il a la tête des mauvais jours. Il me confirme ne pas être au mieux  et ne prendre aucun plaisir. Pas cool ça. C'est vrai que jusqu'à maintenant on n'a pas trop profité des panoramas: la majeure partie des montées et descentes se font en sous-bois et les descentes demandent une attention de tous les instants. Du coup, on n'a pas trop le loisir de lever les yeux.

Je laisse Greg là et poursuit la montée, mais sans grand enthousiasme. En plus, mon APN étant définitivement bloqué, je ne peux plus faire de photos. Sniff, sniff.

Je fini par arriver au sommet vers 10h. je décide de prendre mon temps et de manger une barre céréale tout en marchant sur le replat qui suit. Puis viens la descente vers Doussard.

Là encore, en sous-bois pour une bonne partie, puis sur une longue portion de bitume pour enfin atteindre le village. Cete partie m'aura parue très longue et la descente aura bien entamé mes quadris et ischios. Heureusement, l'arrivée à Doussard se fait avec un public nombreux et chaleureux, ce qui remonte bien le moral. Je fais une longue pause: je refais le plein de liquide, mange du salé (saucisson, fromage) , change de chaussettes et me badigeonne les pieds de Nok car j'ai un début d'ampoule sous un gros orteil.

À la sortie du ravito (il est 11h) je me motive car je sais que c'est à partir de maintenant que commencent les choses sérieuses.

Nous sortons rapidement du village pour attaquer la montée vers le col de la Forclaz, toujours en sous-bois (un avantage pour l'ombre, mais un inconvénient pour le panorama … on ne peut pas tout avoir). La pente se fait de plus en plus raide sur un chemin étroit. Cette montée m'aura paru pénible car à ce moment-là, nous sommes sans arrêt dépassé par les relayeurs qui eux partent "frais et dispos" de Doussard. Vu l'étroitesse du chemin, il aura fallu s'arrêter et s'écarter pour ne pas les bloquer. Plutôt pénible à la longue. Heureusement, j'ai pu faire la montée en tapant la causette avec un autre gars, le temps paraît ainsi moins long …

Nous débouchons enfin au sommet. Les derniers mètres sont "brutaux" avec un véritable mur devant nous. Le public est là … et le panorama aussi. Yes ! La vue sur le lac est magnifique (enfin ! ).

Le point d'eau situé au bord de la route est également le bienvenu. Une petite "douche" et on repart, direction le Chalet de l'Aulp. Pour avoir déjà fait cette portion en rando, je sais que le chemin qui suit est loin d'être plat. En effet, nous continuons à monter jusqu'à l'air de décollage des parapentes. Nous sommes maintenant complètement à découvert et le soleil est à son zénith. Je transpire comme un bœuf et je n'avance plus. Je laisse filer mon compagnon de montée de la Forclaz. J'essaie de manger mais ça a du mal à passer. Je suis dans le dur. Ca sera comme ça jusqu'au Chalet de l'Aulp où la tentation est grande de s'arrêter et commander une bière, d'autant plus que certains sont là, vautrés dans l'herbe avec des coca bien frais.

"Non, non. Ne pas s'arrêter, ne pas s'arrêter" sinon c'est sûr, je ne repars pas.

Je passe mon chemin, et c'est à  ce moment-là que quelqu'un me tape sur l'épaule ? C'est le copain de Greg, nous discutons quelques instants mais il a l'air en pleine bourre et je le laisse filer dans la rude montée vers le Pas de l'Aulp, puis le col des Nantets et enfin le col des Frêtes.

Des guides sont là et les cordes qu'ils ont installées me sont d'un grand secours. Je les en remercie.

 Je passe le check-pont vers 14h15 et décide de faire à nouveau une petite pause: une pate de fruit "plaisir", resserrage des lacets avant d'attaquer la descente vers Menthon St B.

Interminable cette descente, après des tours et des détours, sur une piste 4x4. Pas sympa du tout, à oublier.

Arrive enfin le gymnase à Menthon. Je prends le temps de me poser et de recharger mon Camel en eau gazeuse. Les boissons énergétiques de mes 2 bidons (1 sucrée, 1 salée) ne passent plus du tout. Il est 16h40 quand je repart du ravito pour attaquer la dernière difficulté, en direction du col des contrebandiers. Long, très long chemin pour rejoindre ce col. Une fois arrivé, on pense en avoir terminé, mais non ! La montée se fait encore plus raide et devient caillouteuse, certains passages se font "en mettant les mains" pour finalement rejoindre le sommet sur les crêtes surplombant le lac. Le spectacle est là, exceptionnel mais je n'arrive pas à bien l'apprécier tellement je me sens cramé à ce moment là. Je n'ai qu'une idée en tête: en finir.

La dernière descente aura été pour moi un enfer. Je pensais pouvoir terminer "en déroulant". Raté ! 2h pour boucler les 7 derniers kms. Une descente piégeuse, technique, limite "dangereuse" par moments, surtout quand on a déjà 85 bornes dans les guiboles et le cuissots plus qu'entamés. J'y ai doublé deux féminines au bord des larmes, pestant contre le traceur de terminer ce parcours par une telle descente, avec en plus des barrières horaires "serrées".

 

L'arrivée sur les bords du lac, puis sur le ponton conduisant à la plage d'Albigny sonne comme une délivrance. Le public chaleureux encore présent me porte jusqu'à l'arrivée. Philippe est là à m'attendre. Vraiment sympa à lui. Nous avions prévu de diner ensemble à l'arrivée, mais je suis nauséeux et n'ai vraiment pas faim. Il prend son plateau repas pendant que je me change, et il ramène 2 bières. La bonne idée ! Ah oui, on peut dire que je l'ai appréciée celle-là !

 

Voilà, j'ai bouclé cette Maxi-Race. Ce fût long et douloureux sur la fin mais j'ai la satisfaction d'avoir été au bout, et ça c'est plutôt encourageant pour la suite …

À la prochaine , pour de nouvelles aventures …

JL

 

 

 

 

 

 



11/07/2012
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