UASG ATHLETISME

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CR souvenir du trail de la pointe de Caux le 18/09/11

Compte rendu du trail de la Pointe de Caux ou le compte rendu souvenir !

« Mon dieu, il est roux ! » Etait-ce la sagefemme, mes parents…

Je vous ai promis un CR souvenir car c'est le trail de la région de mon enfance donc aussi loin que je remonte, c'est le premier souvenir que j'ai en mémoire…

Déjà l'an dernier, je voulais le faire ce trail. Pourquoi ? Tout simplement parce que c'est ma région mais aussi le départ est à l'église de Gournay en Caux… là où je me suis marié… L'arrivée est à Etretat. Ce sera aussi l'occasion pour mes parents de me voir courir pour la première fois (j'avoue qu'ils m'avaient déjà vu courir… pour attraper le bus quand j'étais petit et en retard…).

Je m'inscris au mois de juin. Peu de temps après, je me suis inscrit au trail des Crêtes Vosgiennes (là où j'étais en vacances) en me disant que ce serait une bonne préparation pour ce trail de la pointe de Caux. Les Crêtes Vosgiennes faisaient 33km et 1000m D+ alors que le trail de la pointe de Caux est vendu pour 46km et 800m de dénivelé+.

La prépa au mois de juillet fut correcte : en semaine on suit les entrainements du coach et le week end on reprend doucement les longues sorties pour arriver assez rapidement à 30km. Je pars en vacances, la première semaine je m'entraine léger car j'ai les Crêtes le dimanche. Les Crêtes se passent très bien en 3h40 (Sandie me voyait en plus de 4h…). Toutefois, je chope une méga ampoule sous l'orteil droit (comme au Lioran) alors que j'avais mes guêtres… et là en prenant mon bain avec Juliette, l'ampoule se perce. Le lendemain, ampoule infectée : une semaine d'antibiotique et 2 semaines sans courir.  J'enrage !

Samedi soir avant la Pointe de Caux, j'arrive chez mes parents, on commence à se prendre des averses sur l'autoroute… « Euh je n'ai pris que mon cuissard blanc… ». 22h30, je vais me coucher. 22h35 : « ouinnnnnnnnnnnnnnn ». Je vais bercer Juliette « fais dodo ma p'tite Juliette, Papa a une course demain… ». Ça dure jusque 23h30… Sandie prend le relais. 5 heures du matin : « ouinnnnnnnnnnnnnnn » ! Juliette finit dans notre lit ! Ça me permet d'entendre qu'il pleut à seau dehors. Pas envie d'y aller… surtout que j'ai vu que le chèque que j'avais envoyé a été perdu… donc si je n'y vais pas, je ne perds rien… Entre mon réveil et le départ de la course, il ne pleuvra pas : je décide donc d'y aller. Le speaker nous dit de patienter jusqu'au départ dans le gymnase. Des pains au chocolat et croissants sont à disposition. Un speaker nous fait le briefing : respectez la nature et surtout gardez des forces pour la dernière partie (entre le ravito de Gonneville et l'arrivée). A 8h50, le speaker nous demande de quitter le gymnase pour aller au départ.

Le départ est donné à l'heure, nous commençons par une petite boucle de 500m dans Gournay pour allonger le peloton

car après une petite côte en single provoque un gros ralentissement : je mets pile 10 minutes pour faire 1km…

La côte s’est transformée en ruisseau avec les averses de la nuit. Ça y est, nous sommes vraiment partis. En haut, nous passons au milieu d’un centre équestre. C’est une des caractéristiques de ce trail : on traverse pas mal de propriétés privées ce qui a poussé le speaker avant le départ de nous demander de ne pas jeter nos cochonneries dans le jardin des gens… sinon ce trail un jour n’existera plus.

Nous passons ensuite dans un champ : la gadoue commence, je sens la boue projetée par mes chaussures arriver sur mes fesses. Le terrain est très gras et glissant. Je sens mes talons se décoller de la semelle de mes chaussures. Nous arrivons sur les hauteurs de Montivilliers et Epouville en empruntant un petit morceau de route en bitume. Nous apercevons l’abbatiale de Montivilliers. En courant, je me dis que je ferai peut être un compte rendu à la Damien culturel… mais Philippe m’a dit que si dans l’abbaye il n’y avait pas d’alcool fabriqué cela n’intéresserait personne que je raconte l’histoire du passage souterrain entre l’abbaye et le cimetière qui nous excitait tant lorsque nous étions gamins.  Puis nous descendons vers les lacs d’Epouville. L’endroit est magnifique, d’autant plus que le petit crachin (typiquement normand) vient de laisser place à de jolies éclaircies. Nous longeons ces petits lacs alimentés par la lézarde (nom de la rivière qui a donné son nom aussi au centre commercial pas très loin). La lézarde est marron et me semble bien haute par rapport à son niveau habituel, je m’en inquiète car je sais qu’à Rolleville nous devrons la traverser pour atteindre le ravito.

Je suis sur un bon rythme et je double pas mal de monde : un jour il faudra que je me force à aller sur le devant de la ligne de départ pour éviter de perdre trop de temps…

Une dame m’encourage « allez le p’ti jeune »… bon jsui pas vieux mais ça va faire longtemps que l’on ne m’a pas dit ça ! Nous longeons ensuite la ligne de chemin de fer qui relie le havre à Montivilliers.

 

Pour sortir de ce chouette endroit et remonter vers les hauteurs. En haut de cette petite côte, nous nous retrouvons à nouveau dans des champs : les plantations ont été fauchées récemment, la terre est meuble et comme il y pas mal de monde qui est passé devant moi, je m’enlise. J’arrête de courir pour marcher tellement je n’avance pas.

Déjà une heure que je cours, je fais un p’ti pipi. Un gars me dit « t’as bien fait de t’habiller en blanc ! ». Tiens un « kissmar », je le rattrape. Nous discutons un peu et nous rentrons dans une nouvelle propriété où le cultivateur nous attend avec son tracteur : splouch ! C’est de l’herbe mais lorsque l’on marche ici, il doit y avoir 5 cm d’eau… Nous escaladons un talus pour passer carrément sur la terrasse des gens. C’est rigolo. Nous longeons des champs encore… ça fait une épingle à cheveu au loin... et là un gars sur le retour me hèle (T’as vu Damien ? ce mot là t’avais pas réussi à le caser dans ton CR hein … ?). Je ne me rappelle plus ce qu’il me dit… mais pour moi c’est Jean Luc Chamois d’Or ! Il a le même t-shirt que lui au Lioran et sa casquette zoot ! J’accélère pour rattraper JL ! Pas de bol ! Ce n’est pas lui ! En même temps qu’est ce qu’il ferait là ? Je deviens comme Alex à avoir des hallucinations sur mes trails…

On enchaine sur une belle descente où je me rends compte que je vais vraiment plus vite que les autres dans les descentes. Nous tournons sur la droite pour rejoindre Rolleville, lieu du premier ravito. Et je vois le passage de rivière mais je patiente car la nana devant moi ne veut pas traverser… Quand elle traverse, elle se met à crier... Je passe derrière : l’eau n’est pas froide et relativement propre. Nous passons un petit parking où mes parents m’attendent : ils courent avec moi pour m’accompagner jusqu’au ravito qui est à 50m. Je prends un tuc, un bout de quatre quarts, deux demi-verres de coca. Maman m’a ramené une cannette de coca au cas où il n’y aurait pas de coca au ravito. Elle a aussi pris une serviette « pour te sécher ma puce… ». Ils me demandent si ça va :  « le terrain est super boueux et donc ça ralentit ma progression ». Réponse de ma mère spécialiste des sports outdoor : « je t’avais bien dit de ne pas t’habiller en blanc, tu vas te marrer à les laver ! ». Je les remercie et repart en leur faisant un bisou…

Flash back collège année 1995 : « Non pas de bisou Maman… je dois y aller le car arrive… en plus ya les copains qui sont là… steplait Maman… bon ok ! smack ! ». « Ouais l’autre eh regardez il fait un bisou à sa mère ! ».

L’endroit est splendide malgré le temps gris. Nous sommes au bord d’un étang avec des arbres morts au

milieu…

Par contre le sol est encore gorgé d’eau. Epingle à cheveux, je me trompe de route et fais rapidement demi-tour et monte dans la forêt. En haut, nous sommes sur un plateau et passons le long de champs et de maisons. Sandie m’appelle. Je lui dis que ça va que le temps se maintient à peu près, que par contre c’est difficile du fait de la boue et que j’ai senti plusieurs fois mon talon se désolidariser (T’as vu Damien ? ce mot là t’avais pas réussi à le caser dans ton CR hein … ?) de ma chaussure comme s’il y avait une dichotomie entre les deux (Bon allez j’arrête mon p’ti jeu là…). Elle me dit que Juliette vient de se réveiller et que c’est pour ça qu’elle n’est pas venue au ravito. On entame une petite descente entre les champs pour remonter ensuite, je me retrouve avec 4 gars qui gazent bien, je reste avec eux dans la bosse, on la monte assez rapidement en courant. Puis nous nous retrouvons sur un plateau, traversons une route où encore plusieurs bénévoles nous protègent. Je remonte beaucoup de concurrents, c’est bon pour le moral mais je me dis que je perds vraiment du temps au départ… ça m’énerve un peu, je profite du paysage…

Elle est belle ma Normandie : nous longeons des paysages typiques… le long de grands talus plantés de chênes, le vent souffle dans les feuilles et fais ce bruit caractéristique de mon enfance… eh oh, tu ne vas pas chialer ! C’est quoi ce CR ? Ouais revenons à l’essentiel ! Nous passons dans des chemins de ferme, c’est inondé avec de belles ornières remplies d’eau, je me fais doubler par un missile ! Il me rassure en me disant qu’il fait le relais : ouf !

Au détour d’un chemin, j’aperçois le clocher de l’église de Gonneville la Mallet : chouette, c’est le deuxième ravito… mais nous tournons vers la gauche et nous nous éloignons de Gonneville. Je croise un gars plié en deux qui se tient à un poteau… ça va ? Oui, j’ai des crampes… je ne m’éternise pas sur les conseils du coach : « Comme dirait Gillou, c’est une course quand même ! ». J’arrive à Gonneville, j’ai le sourire, j’espère y voir mes parents. Nous arrivons par un petit chemin en herbe très agréable où je vois les premiers coureurs en train de marcher, cette entrée dans la ville est très chouette car il y a pas mal de monde pour nous encourager. Je jubile vraiment à voir ces premiers « marcheurs » alors que moi je vais bien…

C’est le ravito : je remplis ma poche à eau, prends un bon verre de coca, mange deux rondelles de sauciflard et je repars ! Il y a quand même du monde malgré le temps venteux et pas chaud. Nous sortons de Gonneville et passons devant une station essence … je vois le prix du super au dessus de 1,5 euros… J’ai envie de sortir une super blague : « eh les gars zavez vu le prix du super, on a bien fait d’aller à Etretat en courant, on fait de sacrés économies ! »… mais comme mon frère jumeau Philippe J (en fait, il est pas de ma famille, mais comme on se ressemble et qu’on est souvent ensemble, les gens ont tendance à nous confondre…) n’est pas là, je sais que personne ne rigolera de ma blague… donc je me retiens… Un gars commence à me causer : on est à combien de kilos ? Il a une bonne tête lui… Je vais tenter une blague : « 30ème ! Il en reste 17… c’est bon, c’est gagné ! ». Il me regarde avec de grands yeux ! D’habitude, il y a mon jumeau qui est derrière moi et qui fait un clin d’œil ou bien qui en remet une couche pour faire comprendre que c’est une blague… mais là, personne… je suis obligé de me marrer à ma propre blague pour qu’il comprenne… faudra que je pense à grandir un jour… Nous sommes sur une petite route bitumée encaissée entre deux talus. Les averses de cette nuit ont été tellement fortes que l’un des deux talus s’est effondré… La route est recouverte sur toute sa largeur et sur deux mètres de boue. Enfin plus précisément de « tuc »…

Savez-vous ce qu’est le tuc ? Je pense que ce mot est un mot cauchois (cauchois : c’est le patois du pays de Caux, le cauchois a d’ailleurs donné son nom à un journal bien connu dans la campagne du coin « le pti cauchois » avec notamment son histoire cauchoise [cauchoise… pas cochonne Aurélien ! Espèce de vislard !] entièrement rédigé en cauchois… donc impossible à lire pour le quidam). Le tuc est un mélange de terre, d’argile et de petits morceaux de silex. Le tuc provoque ces mares que l’on voit dans les champs en Normandie en cas de fortes pluies car il ne laisse pas passer l’eau. Il se présente sous la forme d’une espèce de mélange boueux orange qui tâche énormément…

Flash back lycée année 2000 : « Matthieu, je n’ai pas réussi à détacher ta veste de vélo blanche… Il y a des tâches de tuc». « C’est pas vrai Maman, fais voir! ».

Je décide passer au travers de cet obstacle naturel et n’essaie pas de grimper au talus. Je me dis qu’en passant vite (enfin pour moi… bref, jme comprends !) mes pieds n’auront pas le temps de s’enfoncer dans les 20-30 centimètres de tuc… Premier appui par le pied gauche, je sens mon talon se décoller de la semelle de ma chaussure… le deuxième appui va commencer… et là mon pied gauche sort de ma chaussure… emporté par mon élan… mon pied droit se pose dans la boue également… mon pied gauche (désormais en chaussette…) se pose à son tour… dans la boue ! Ça y est, je suis sur le bitume : je fais un check. J’ai encore ma chaussure droite. Mon pied gauche est en chaussette (j’aurais pu la perdre aussi, remarquez…)… enfin c’est parce que je le sais… sinon mes deux pieds se ressemblent : ils sont un amas de boue. Je dois faire demi-tour pour aller chercher ma chaussure restée en plein milieu de la coulée de boue. Je vais jardiner…

Je récupère ma chaussure et surtout préviens les autres gars… Je m’assieds et remets ma chaussure après avoir nettoyé ma chaussette avec mes mains. Je ne suis pas énervé mais surtout je me demande comment je vais finir la course. Je craignais les ampoules mais là avec les pieds sales, la boue dans les chaussures, l’humidité, je me dis que ça va mal se finir… Je me relance et repars… J’arrache de l’herbe aux talus pour me nettoyer les mains… J’évite de prendre les chardons ! Nous entamons une longue descente en faux plat par les bois de Beaurepaire. Ce devait être magnifique mais ça commence à tourner mal…les bois de Beaurepaire nous amènent vers la vallée qui aboutit à Etretat… et en fait tous les champs du plateau se vide de leur eau vers cette vallée… Les chemins se sont transformés en ruisseau, nous passons au milieu des flaques, l’eau coule partout, ça glisse, on n’avance pas vite… et tiens ça y est les averses orageuses annoncées par la météo commence… Comme nous sommes dans les bois, ce n’est pas trop gênant car nous sommes abrités…

Je commence à souffrir, j’en ai marre… Arrivé au 35ème nous sortons du bois pour prendre une route bitumée, toujours en descente… Je reconnais la route : dans l’autre sens, elle monte jusque Pierrefiques… J’aimais bien cette bosse à vélo ! Je fais pipi puis repars. Nous tournons à gauche pour rentrer à nouveau dans les bois et remonter vers le plateau. Subitement, je me sens mieux, j’ai retrouvé mon compère à qui j’avais dit que c’était gagné… Nous faisons toute la montée en courant. Je me dis qu’il ne reste plus qu’une douzaine de kilos et que je peux envoyer. Je me sens vraiment facile, je double une dizaine de gars qui marchent. En haut de la bosse, nous passons dans un hameau, la pluie s’intensifie. Je me réjouis de voir un gars qui marche avec son imper. Et là, je sens une grosse baisse de forme… Mon compère me double et me dit quelque chose du genre « il faut avancer, ralentis pas ! ». Il est drôle celui-là ! Jsui à bloc ! Je jette un coup d’œil à mon cardio : jusque-là j’étais à 155-160 pulsations… mon rythme va beaucoup baisser jusqu’à atteindre les 130 pulses…

Je comprends que je suis en train de faire une hypo ! Vite, je commence à manger une barre ovomaltine. Mais je n’ai pas envie de manger. Nous traversons un hameau où encore des bénévoles nous coupent les routes. Je remercie vraiment les bénévoles car ils ont du passer une sale journée, ils se sont pris quelques litres d’eau sur la tête. Je les plains. Je prends un peu de gros sel suite aux conseils d’Alex afin de me donner envie de manger du sucré… mais ce n’est pas bon !

Nous traversons la nationale qui relie le Havre à Etretat… Chapeau les organisateurs pour avoir eu l’autorisation de faire passer des coureurs sur cette route hyper empruntée… surtout un dimanche. Le vent nous cingle le visage. Qui plus est cette partie est difficile car je sais qu’Etretat est sur la droite et on nous envoie sur la gauche… Je commence à me faire rattraper. Je n’avance plus, je dois être à 8-9 km/h… Je me dis qu’il faut que je me force à prendre un gel, ce que je fais. Un groupe de 4 gars me rattrape : ils courent ensemble et s’abrite à tour de rôle du vent. Nous descendons dans un bois et malgré mon hypo j’arrive à maintenir le contact avec eux. Je fais attention, ça glisse, le terrain est horrible… Arrivé en bas, ça remonte … logique ! Nous empruntons une route bitumée, ce qui me soulage car je commence à saturer des appuis fuyants. Je commence à avoir froid et il pleut de plus en plus, je décroche mes brettelles de camelbak et veux mettre mon coupe vent… « Matthieu ? » « Oui » « C’est une course quand même… », je raccroche mes brettelles sans mettre mon coupe vent. Je jette un coup d’œil aux fourrés pour voir si Gillou n’est pas dans les fourrés…Nous tournons à gauche pour monter vers la falaise… La côte est pentue et le terrain difficile donc je peux marcher… et là j’atteins le fond du trou : je vois des éclairs… mais pas de tonnerre !

Je me rends compte qu’à chaque clignement de paupière, je vois des lumières… Je me sens super fatigué, mais à tel point que l’on me filerait un matelas et bien je me coucherais sur le bord du chemin et je m’endormirais. Je me sens comme saoul ! Je subis, je ne suis plus acteur…Faut que je me reprenne ! Je m’enfile un deuxième gel. J’attends que ça passe…

Arrivé en haut, c’est magnifique, nous sommes au milieu de fourrés le long de la falaise… Cette clairière ne va pas durer très longtemps et nous replongeons dans un bois, lui aussi inondé. Je rattrape un gars en bas et le double dans la montée que je fais en marchant. Il est difficile de doubler car il n’y a qu’une seule trace et pour doubler tu as le droit à 20cm d’eau… Je me rends compte que je ne suis pas très loin des 4 lascars qui courraient en groupe. Je me raccroche à ça. On se reprend une saucée… Nous sommes au tilleul (c’est le nom du village : le tilleul… mais on dit aller au tilleul)…

Je me marre… Je repense à la semaine d’avant la course. Alex, qui avait fait la course l’an dernier, m’avait envoyé son CR… Quand j’avais vu qu’il était passé au tilleul, je m’étais moqué de lui… « tu sais ce qu’il y a au tilleul ? »  « Non ! Pourquoi ? » « Ben c’est une plage de nudistes ! Tu les collectionnes après avoir couru le X-trail ». NDLR : au X-trail, on court tout nu, c’est bien connu !

Nous passons dans le village, il n’y a pas grand monde avec ce temps de chien. Nous partons vers le phare d’Antifer. Je connais bien ce coin… Il y a la fameuse côte de la poterie Cap d’Antifer, un coin bien connu des cyclo.

Flash back peloton année 2002 : « si tu es en tête à la pancarte de la poterie, chez Maurice tu auras le droit à un Martini »…

Antifer n’existe pas en lui-même. Antifer vient du nom donné au port construit à la veille des crises pétrolières des années 70. Le port d’Antifer est sur la commune de St Jouin Bruneval. Le port était destiné à accueillir les super tankers impossibles à recevoir dans le port du Havre en raison du tirant d’eau insuffisant… sauf que la crise va mettre un coup de frein aux super tankers et que le port ne connaitra jamais la carrière qu’il aurait du avoir (un peu comme moi…). Et le port d’Antifer est exploité par la CIM où travaillait Papa, Parrain, … les amis de Papa… Symbole d’une région principalement tournée vers son port et ses activités de raffinage… Savez-vous qu’environ 50% du pétrole importée en France vient de l’entreprise de Papa ??? Trop fier le fiston !

Bref, nous nous dirigeons vers le phare d’Antifer. Bizarrement, je ne l’ai jamais vu tout au long de mes années normandes. C’est vraiment joli. Le phare se dessine devant la mer, on a de la chance le soleil est revenu (pour peu de temps).

 

Le vent qui souffle me semble chaud, je me demande si j’ai récupéré totalement de mon hypo car je sais que si le vent est chaud il vient du sud… Or par ici pour avoir du vent de sud, il faut se lever de bonne heure ! Qui plus est le vent vient de la mer, donc il n’est pas de sud. Avec le recul, je pense que j’étais tellement gelé par les pluies orageuses et mon hypo que le vent me semblait doux.

Je me fais plaisir lors de la descente de la valleuse d’Antifer, c’est roulant et je rattrape un concurrent. Arrivé en bas, les ennuis vont commencer ! On commence à remonter la valleuse dans un chemin tout glissant, je manque de tomber, je m’accroche aux herbes. Le vent me pousse en arrière…

J’arrive en haut tant bien mal et nous replongeons vers une nouvelle valleuse et là je laisse tomber l’affaire. Sur la gauche se dessine la mer, le chemin est en ligne droite mais en dévers vers la droite… vers les barbelés… la pente est sévère et surtout elle n’est plus qu’une patinoire… je descends en crabe … je glisse de partout, j’ai peur de finir dans les barbelés… Je m’arrête, je réfléchis (oui ça m’arrive !)… je décide de descendre perpendiculairement à la pente, sur le côté quoi ! Malgré cela, mes chaussures n’accrochent toujours pas… je cherche à sauter pour essayer d’aller attraper de l’adhérence dans l’herbe… mais ça n’y fait rien car l’herbe est également trempée et recouverte de la boue des concurrents précédents qui ont eu la même bonne idée…

Je finis par arriver en bas en ayant fait certaines parties dos à la pente en m’accrochant avec les mains aux herbes. Là dans ma tête c’est fini, je n’ai jamais peur dans les descentes, c’est même là où je reprends du terrain aux gens qui vont un peu plus vite que moi. Je suis déçu… Encore de la boue et des flaques d’eau… Mais la vue est magnifique, je vois la mer qui est bien belle.

On enchaine avec une nouvelle montée. Je rattrape mon compère à qui j’avais dit au 30ème que la course était gagnée… Il est cuit, recuit… Il n’avance plus. Je le double et je lui dis que finalement j’avais raison « c’est gagné ! »… à ce moment-là je pense que c’est la dernière valleuse. J’essaie d’appeler Sandie pour lui dire que je vais bientôt arriver. Elle m’avait appelé précédemment mais je l’avais envoyée un peu sur les roses en lui disant que c’était super dangereux… et que je n’avais pas trop envie de répondre au téléphone. Arrivé en haut, je relance… On est sur le plateau longeant la mer… et là je comprends ! Il n’y a pas le golf d’Etretat, ce n’est pas encore la dernière bosse ! On se prend une nouvelle descente qui ne se passe pas trop mal et on remonte… je n’en peux plus ! Je me fais doubler par deux féminines… ça me coupe les jambes… mais j’en profite pour les regarder : elles se font la course. Elles s’attaquent à tour de rôle dans la bosse… je ne comprends pas qu’elles puissent avoir encore du jus… je ne le saurais qu’à l’arrivée mais en fait elles étaient en relais et cherchaient à conserver leur place… c’est Sandie qui me l’a dit après l’arrivée, elles se sont même disputées la place au sprint ! En attendant, ça me met le moral dans les chaussettes (qui sont pleines de boue !). On se repaie une nouvelle averse, la pluie est tellement forte avec le vent qu’il y a que je me demande un moment si ce n’est pas de la grêle… je regarde le dos du coureur qui me précède pour voir les grêlons rebondir… mais c’est bien de la pluie et non de la grêle… j’ai mal au visage.

 J’arrive en haut, ça y est je vois le golf d’Etretat ! Je sais que c’est bientôt fini car le golf est sur les hauteurs d’Etretat et ensuite il n’y a plus que les marches à descendre pour arriver sur l’allée qui longe la plage. C’est dur ! Je m’assois par terre pour retirer toute la caillasse que j’ai dans mes chaussures car là ça me gêne trop ! Deux gars me doublent et me disent de m’accrocher…Je repars, nous sommes maintenant sur le sentier aménagé au dessus d’Etretat pour les touristes qui veulent voir la fameuse aiguille… qui est bien sûr creuse… puisqu’elle a permis à Arsène Lupin d’y cacher son trésor…

Vous pouvez d’ailleurs visiter le manoir d’Arsène Lupin à Etretat… Arsène Lupin le célèbre Gentleman Traileur !

Nous sommes donc sur un chemin qui est fait de gravillon à moitié bétonné. Ce revêtement a l’avantage d’être très imperméable à l’eau et laisse donc de magnifiques grandes flaques d’eau. J’essaie de les éviter... puis je fais comme ceux qui me doublent : je passe dedans.

Une flaque… Deux flaques… Oh qu’est ce qu’elle est grande la suivante ! Tiens en voilà un qui me double, je vais le suivre. Je mets le premier pas dans la flaque… et là zouit ! Matthieu dans la flaque. J’ai du glisser sur quelque chose au fond car je m’étale sur le dos de tout mon long dans l’eau… et surtout je ne mets qu’une fraction de seconde à me rendre compte … que j’ai chopé une crampe avec mon vol plané.

Je suis donc dans ma flaque, allongé, à me tortiller pour attraper mon pied… Je n’y arrive pas… J’ai mal… Je gémis… ça y est mon pied ! Argh ça passe. Je souffle… Euh au fait t’es dans une flaque Matthieu ! Je me redresse rapidement (enfin jme comprends) et jette un coup d’œil derrière moi ! C’est bon personne ne m’a vu ! Et là je me marre… Si Eric m’avait vu, il aurait dit « finalement, tu vois que t’es pas mauvais à la nage, rejoins la section tri… »

Je repars. Je fais le bilan : j’en ai marre, jsui tout marron et j’ai mal à mon mollet maintenant.  Le vent me pousse sur le côté… qu’est ça souffle. Une nouvelle averse, j’ai l’impression de me faire griffer. Au loin un bénévole me hèle… ah non celui-là tu l’as déjà utilisé… euh m’interpelle, c’est bon ? Donc un bénévole me crie au loin « par ici ! Houhou ! Par ici ! ». Il est recouvert d’un grand pancho et fait de grands signes afin que je le vois. Je me dis une fraction de seconde que l’utmb devait ressembler à ça. Je vais donc vers lui, il est bousculé par le vent. Je passe devant lui et le remercie : « fais gaffe en descendant les marches, ça glisse », j’ai envie de lui dire que je le sais… mais j’acquiesce simplement. Ce sont les marches finales vers la plage. Je me fais à peine une petite dizaine de marches au trot que je me remets à glisser… je descends encore plus doucement. Pas envie de me péter un truc. Arrivé en bas, j’entends que ça revient derrière moi. Je jette un coup d’œil pour vérifier qu’il ne va pas me piquer ma place… en même temps ça fait 10 kilo que je me traine donc je peux bien faire un sprint ! Mais non il reste derrière moi. Je vois sandie le long de l’allée : Juliette est dans le sac à dos, recouvert du protège pluie.

Et là j’aperçois mes beaux parents qui m’attendent aussi ! J’ai trop honte de les avoir fait attendre sous ce temps de chien… Au moment où je passe, je les entends « plus vite, dépêche toi, on veut rentrer » et surtout j’entends leurs rires… Je franchis la ligne… d’ailleurs je ne vois personne pour prendre mon temps… Bon en même temps ce n’est pas l’essentiel aujourd’hui ! Je regarde mon GPS : 5h22… 7 minutes de plus qu’Alex l’an dernier… et dire que je voulais être sous les 5 heures ! Il y a 48km au GPS.

Je ne prends même pas de plaisir à franchir la ligne. Je ne pense qu’à aller chercher à manger car j’ai les crocs : il y a d’excellent pains aux raisins d’une qualité incroyable, ils sont trop bons !

Je veux filer à la douche, je mets au moins 1,5 km à rejoindre les vestiaires. Sandie ne me parle pas de la course. Au bout d’un moment, elle me dit que je n’ai pas l’air content. C’est mon plus dur jour sur une course. J’ai eu mal à l’éco trail, je me suis fait violence au Lioran… mais je n’ai jamais subi de cette façon une course. J’ai tout eu : peur, glissade, hypo… Elle me dit aussi que j’ai les lèvres violettes. Je rentre dans le gymnase et vais prendre ma douche, Sandie est obligée de m’aider à retirer mes chaussettes de compression car j’ai les mains gelées et je n’y arrive pas. Je croise mon prof de sport du lycée, il a fini 14ème

Flash back lycée année 2001 : « Matthieu, je t’ai inscrit au duathlon de Montgeon UNSS» « Ben j’ai pas de VTT Monsieur! Je n’ai qu’un vélo de route ! Non je ne peux pas y aller… ». Tu vois Eric la vie est un éternel recommencement ! Déjà à l’époque, mon prof m’inscrivait à des duathlons et je n’y allais pas !

Je prends ma douche au vestiaire : l’eau est brulante, ça me fait du bien !

La semaine suivante, je reçois Paris Normandie : le vainqueur de l’an dernier a abandonné à cause des conditions météo. Le titre est « Un trail vraiment extrême ». 249 arrivants pour 297 inscrits : 16% d’abandons ou de trompettes qui n’ont pas voulu se lever à cause du temps! Je finis 124ème ! Je voulais rentrer dans les 100 premiers et/ou faire moins de 5 heures. Avec le temps, il était impossible pour moi de finir sous les 5 heures mais rentrer dans les 100 premiers aurait à ma hauteur… si je n’avais pas eu mon hypo… mais c’est de ma faute, il faut que je travaille encore l’alimentation : 1 gel toutes les demies heures ou de la barre ovomaltine, mais que de l’eau pur dans le camelbak… Je ne comprends pas !

L’an dernier, Alex le solitaire avait mis 5h17 pour un parcours (apparemment) plus court d’1 ou 2 km. Je perds mon fight temporel… C’est évident que l’an prochain j’y retournerai pour effacer ce mauvais souvenir et connaitre le soleil ! C’est en effet la pire course depuis je me suis mis à courir. Mais comme certains disent ce sont des courses qui font grandir. Même le coach m’a félicité d’avoir fini alors qu’il est dans sa passe de rejet du trail long.

Bilan :

+ une fin de parcours magnifique

+ des paysages typiques de la haute Normandie

+ plein de bénévoles avec un gros moral

+ un parcours sympa qui ne doit pas être facile à organiser pour les autorisations

-          Le temps (mais ça les organisateurs n’y peuvent rien)

Semaine suivante : je suis bien donc je vais courir deux fois au Mont Val avec les copains, coach me conseille d’arrêter d’envoyer dans toutes les bosses que je ferais mieux de me reposer. Dimanche une semaine après, lors de ma sortie longue, grosse douleur au tibia gauche… Le lendemain pour aller à la défense, je boite, j’ai eu mal la nuit. Tendinite des releveurs ! La blessure de l’année à l’UASG ! Je décide de couper deux semaines et suis sous anti inflammatoires : affaire à suivre !

 

Pendant, ce temps-là, il y en a un qui peaufine son retour sur le trail long… il essaie même son équipement UTMB… mais qui est ce ????

 

 

PS : si vous voulez me voir avec mon magnifique cuissard blanc en train de traverser un champ de maïs, allez sur http://www.youtube.com/watch?v=rKUdmQkDQpA&feature=player_embedded . A partir de 1m30s, on me voit.

 

Annexe : le CR de l’an dernier d’Alex le solitaire :

Ce que j'avais écrit sur le trail (notez l'exercice de style) et n'avais pas diffusé. L'an dernier, il avait fait beau.


Les vacances sont finies et je cherche un trail sympathique dans les environs de Paris. J'ai terminé mon mois d'aout (le 29/08 soit le WE de l'UTMB) par un marathon trail dans la montagne de la Lure (proche du Ventoux) puis le nightrail d'ActionRaid (20kms). Il faut encore profiter des beaux jours et de la saison des trails qui se termine. Nous avions un projet de WE à Etretat mon épouse et moi .... un petit coup d'internet et hop voilou ce que je cherchais : le trail de la point de Caux a lieu pour la quatrième fois entre Le Havre (en fait Gonfreville sur Orcher juste a cote du Havre et Etretat) soit un petit périple de 48kms que l'on peut choisir de faire en solo ou en équipe de trois soit 13+16+19. Je m'y suis inscris parce qu'il était aussi l'occasion d'un petit WE en famille dans un site fort sympathique. En plus, il a fait très beau malgré un petit 15° au thermomètre mais un grand soleil. Le dernier tronçon est de loin le plus connu ...

L'arrivée : une descente des falaises au milieu des touristes jusqu'à la plage d'Etretat. On trouve de tout parmi ces supporters : le grognon que l'on bouscule un peu en passant, celui qui applaudit et encourage, celui qui regarde incrédule "des fous" ... et j'oubliais les Golfeurs qui, juste derrière s'adonnent a leur activité favorite. J'arrive plutôt bien au terme de cette dernière descente. Ca y est, j'entends crier "Papa", c'est Clélia et Luka qui me rejoignent et on parcourt ensemble les 200 derniers mètres main dans la main. Finalement, je mets 5h16mn. Je m'étais fixé la vitesse de ma seule référence sur marathon soit 9,68km/h pour boucler ce trail de la pointe de Caux ce qui aurait dû me permettre de boucler en 4h57. Raté donc pour un bon quart d'heure mais pour moi, l'essentiel est ailleurs :-). La ligne d'arrivée passée, je rejoins les douches puis la petite famille sur la plage ou je somnole quelques minutes en regardant Luka s'adonner a son activité préférée : le lancer de pierre dans la mer .....

Ouf, j'attaque la dernière portion qui arrive comme un soulagement même si cela va beaucoup mieux depuis 3 à 4 kms. La plus fameuse aussi avec le chemin de crête sur la falaise. C'est aussi le 42ieme km, il en reste 6 de toute beauté sur les falaises entre le cap d'Antifer (je suis maintenant à son pied) et Etretat. Le spectacle est sauvage et de toute beauté. La trace étroite et à gauche, le précipice et la mer. Je me sens des ailes, le corps s'est régénéré grâce au savant mélange de sucre et de sel. Je suis motivé par les coureurs que je reprends maintenant les uns après les autres, le paysage et le regain de forme. Je reprends mon compagnon au "short bleu" qui semble bien usé et file vers l'arrivée. Je reconnais le chemin fait la veille avec Madame et les enfants et commence à lorgner la présence de Clélia et Luka qui m'attendent certainement pour faire la dernière descente a fond ... Je ne les vois pas, alors je continue en me disant que si je les rate, ils vont m'attendre et je vais devoir remonter Je ne les vois pas alors qu'approche l'ultime descente .....

Dernière étape, 19 kms qui s'annoncent bien longs : second relai pour ceux qui ont choisi la formule relai. Je ne suis pas au mieux. Le ravito n’est pas top, quelques raisins et du coca. Je ne suis plus trop dans le coup et me demande si je vais aller au bout. Pourtant, j'avais tout bien préparé pour ce ravito ou la petite famille m’attend. Les enfants ont été tops, chacun dans leur rôle et après 5 minutes de pause, je suis reparti à pied sur 500m avec Clélia et Luka. Luka était très inquiet "papa, tu devrais courir, le gars derrière, il va te doubler". Luka trottinait à côté de moi. "Papa, il faut que tu cours, il arrive". Alors pour ne pas décevoir fiston, je me suis mis à courir (un signe à la maman pour qu'elle récupère les enfants) et hop, me voilà reparti avec mon compagnon de route (l'homme au short bleu) qui avait osé vouloir me doubler moi et mon fils ! Je n'étais vraiment pas au mieux et les kms qui ont suivi ont été les plus difficiles. Plus dans le coup le Alex. Je me demandais "qu'est ce qui cloche ?" "Je bois régulièrement en alternant eau et eau sucrée ?" "J'ai couru un 42 il y a trois semaines et je ne suis pas encore remis ?" et puis j'ai pensé que j'avais du gros sel dans le sac, alors j'en ai pris après un peu de "raouate" pour trouver la poche de sel. Et j'ai continué à alterner marche et course à la faveur d'une longue descente dans un chemin boueux et ombragé (j'avais presque froid à force de marcher.. un comble au 36ieme). Je ne voyais plus mon homme au short bleu et était régulièrement doublé. La montée sur le lieu dit "Le tilleul" s'est faite en marchant avec un compagnon d'infortune et au sortir du village, j'ai aperçus au loin le phare d'Antifer. Je savais qu'il restait a peu près 12 kms. 6 pour l'atteindre et 6 pour rejoindre Etretat alors je me suis efforcé de recourir et de reprendre du rythme. Petit à petit, la machine est repartie. J'étais de nouveau pas mal dans la descente de la célèbre valleuse d'Antifer en pouvant même courir un peu dans le remontée. Je commençais à refaire jeu égal avec les coureurs avec moi. En haut, le phare n'était plus très loin. Il a fallut le contourner par la gauche par une petite route bitumée pour finalement passer au pied. Je faisais maintenant jeu égal avec les plus rapides et commençait à reprendre quelques attardés. Le paysage devenait sublime .....

Deuxième étape du périple ... qui permettent de traverser la campagne normande entre Rolleville et Gonneville la Mallet. Second relai pour les relayeurs. A Rolleville, la sortie du village se fait sur les applaudissements des nombreuses personnes présentes. On longe une voie ferrées sur quelques centaines de mètres et obliquons à droite pour une bonne côte. Puis c'est les champs de mais. Pause pipi (je pense à Gilles et me dit que tout va pour le mieux "quand tu pisses plus, c'est qu'il y a un problème" ... alors je me dis que ca va et comme je me sens bien, je suis optimiste pour la suite, je me suis bien hydraté et il faut que cela continue. On traverse de longues portions au milieu des champs. Ces portions ne sons jamais monotones car le parcours alterne les singles traks, les chemins et un peu de bitume. Les portions ombragées, les chemins ensoleillés. Je suis doublé par des relayeurs qui entament le 16 kms. Heureusement, ils ont un brassard fluo, alors on les repèrent vite. On enchaine 8 kms de la sorte. Je me suis callé dans un groupe et au fur et à mesure des kms, je commence à lâcher mètre après mètre. Un annonceur m'annonce 400m avant le ravito. Je marche un peu pour arriver en courant et faire bon effet devant ..... Je tourne à droite, me voila dans Gonneville la Mallet - second ravito. Et au bout de la ligne droite, j'aperçois Luka et Clélia qui viennent à ma rencontre. Je suis un peu fier d'être arrivé là et essaie de ne pas montrer ma fatigue (ils ne savent pas que je marchais il y a peu). On fait 200m ensemble, les enfants ont l'air fier. Luka me dit qu'ils sont arrivés depuis 30 minutes et que la première fille est passée depuis 25 minutes ... "t'es pas dans les premiers papa". J'arrive au ravito en 3h05. Je suis a peu pres en phase avec mon objectif initial (3h au second ravito, pour 29 kms). Mais je ne suis plus très confiant pour la suite car me sent très très fatigué ....

J'entends du bruit, des cris. Un signaleur me demande de quitter la route et de franchir le petit ravin. Je me dirige dans une toute petite sente. Il y a du monde. Ah oui, c'est vrai, j'avais oubli, c'est le passage de la rivière. Bon, hop, fini les chaussures sèches, me voila dans la rivière aux grenouille avec de l'eau jusqu'au genou (y avait pas assez d'eau) :-( Ca y est, cela fait "floc" "floc" et le premier ravito n'est pas loin. On traverse a nouveau une petite sente au milieu des herbes hautes et on re rentre dans le centre de Rolleville où le premier ravito nous attend. J'avais prévu mon coup : 4 tucs, 1 verre de coca et je remplis une gourde d'eau sucrée (le sucre était prêt de la veille). Puis repars fièrement pour ce second tronçon .....

Et c'est parti pour cette première étape de 13 kms. Au pied de l'église de Gonfreville l'Orcher, je me place au niveau du premier tiers car il est annoncé un bouchon dû à un rétrécissement. En fait, les 550 premiers mètres font une boucle dans Gonfreville pour repasser sur la ligne de départ afin d'étirer un peu le peloton et permettre aux premiers relayeurs de se placer en tête afin de ne pas être trop pénalisés par le rétrécissement. On repasse l'église, la ligne de départ. On se dit "reste 80 tours" ... et puis non, on bifurque à droite. La route devient étroite puis chemin puis on est arrêté. Bouchon (presque aussi surement que sur l'autoroute quand le bouchon est annoncé. "Etretat 4h57" .... c'est mon objectif. Et on repart après 3 minutes de pause. Je règle encore les fixations de mon sac, fais vérifier que les poches sont bien fermées et hop c'est parti en pleine campagne. On traverse bientôt une ferme en passant près des étables, des ecuries, du poulailler. Nous sommes les uns derrière les autres. On quitte la ferme en lisière de forêt puis entre les champs. Il n'y a pas trop de boue. J'ai maintenant pris mon rythme dans un groupe de coureurs. Apres plusieurs kms, on descend vers un village. Je speed dans la descente. Les coureurs que je double se retournent : " un fou". On passe bientôt près d'un lac ou les pécheur du dimanche matin attendent que le poisson morde. On prend un petit chemin le long d'un ruisseau. Nous ne sommes plus que deux. Sur la droite, un supporter ? Un ravito ? Le supporter me propose sa bouteille de vin. "Non merci". Virage à droite , traversée de route, supporters et grosse côte pour quitter le village dont j'ai oublié le nom. Après cette côte longue mais somme toute roulante, on se retrouve dans l'herbe. Le paysage est somptueux et fait penser au petit matin en montagne. Derrière ce petit vallon, l'homme a la jambe cassée nous attend. Un petit message d'encouragement en pensant "à quand je serai blesse" ... on traverse son jardin. Je maintiens bien mon rythme (pas trop vite pas trop lent car il y a du chemin a parcourir). . Nous descendons maintenant vers un village, j'accélère a la faveur de la descente. Je speed et double des coureurs qui se retournent "un fou".

Le bus arrive (supplément 3euro) pour partir d'Etretat en bus vers la ligne de départ (une bonne trentaine de kms). Et oui, c'est une course en ligne et cela fait également so charme.

Briefing d'avant course : "Luka, tu es en charge de remplir 2 fois la gourde et de la vider dans le camel back". "D'accord".
"Clélia, tu as en charge de prendre le paquet de sucre et de le verser dans la gourde et de la remplir d'eau puis de secouer". "D'accord".
J'ai su alors que nous formions une équipe soudée et que je pourrais faire un second ravito a donf.

 



19/10/2011
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