UASG ATHLETISME

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CR du trail du Lioran 70km le 04/06/2011 par Aurel

Le tour de France du trail

Etape 4: Oxygen Challenge 70km – 3500m d+

 

Après la région parisienne et son Ecotrail, le massif bisontin et ses magnifiques fortications, les hauts monts du lyonnais et ses fameux bouchons ; l'UASG arrive au titre de l'étape 4 du tour de France du Trail 2011 en région dangereuse : le Cantal avec son sacrosaint Plomb du Cantal (1855m) et ses fameuses bêtes à cornes : les Salers. (z'avez peur, hein !)

 

J'ose, en tant que quasi régional de l'étape et en regard du lobbying de Damien dans son CR de Besançon, vous vantez les mérites des non moins célèbres Cantal, Aligot, Truffade (on parle encore de la truffade et de son pouvoir dopant !) ou encore la Salers que l'on se doit de déguster ou dévorer, selon les goûts, si par aventure ou par hasard, il vous prenait l'envie de passer par là. « De la propagande, Monsieur ? » Je m'insurge : « Non et non! ». Juste histoire de citer quelques éléments culinaires, pour les amis de la bonne bouffe, afin de vous faire venir dans la région des volcans dont la terre noire nous rappelle qu'il y a quelques millions d'années, il ne fleurait pas bon à se balader sur ces puissances magmatiques hostiles.

 

La note qui sert à rien : ASO, organisateur de l'épreuve, a réalisé un beau coup marketing contre son gré puisque nous l'appelons toujours entre nous « la merrel » alors même que l'épreuve a changé de nom pour devenir « l'oxygen challenge »… comme quoi, le naming est important.

 

La section est donc de nouveau ultra représentée avec pas moins de 8 coureurs sur deux épreuves : (j'espère que je n'en oublie pas… si c'était le cas l'UASG n'en serait qu'ultramissimement représentée !)

 

- 2 sur le 45km :

o Philou le Coach

o Roukiveuttaperlecoach

 

- 6 sur le 70km

o Stéphanie T.

o Oliver G.

o Alexandre S.

o Jean-Luc

o Gilles the master prezident

o Et ma petite personne kiveuttaperthemasterprezident

 

A peine arrivé le vendredi, nous apprenons que le 70km sera détourné sur sa 2ème partie à cause de l'alerte météo pour d'hypothétiques orages qui devraient survenir autour de 14h. La première partie jalonnera donc les crêtes avant de revenir faire le yoyo dans la vallée autour du point kilométrique 43 pour le retour. Le départ, donné à 5h du matin, impose un levé autour de 4h. Ce n'est pas que le stress est là, mais il faut bien dire que je suis réveillé bien avant cette heure matinale, car mon bon Gillou en excellent partenaire de chambrée fait déjà la java à 3h30…….. Je décide de trainailler dans le pieu et d'attendre les 4h effectives pour amorcer la position verticale. Je sens que je ne suis pas au top, la truffade de la veille m'a remué une bonne partie de la nuit ; et il faut dire qu'une personne, même insensibilisée du nez, ne pourrait que sentir en mon haleine l'odeur fétide d'ail après 7h de massération…

 

4h15 : la banane bien mûre, une poignée de pâtes froides faites la veille (l'aspect gustatif n'est vraiment pas génial. De toute façon, quitte à faire des efforts pour la journée autant se conditionner dès le début), le petit déjeuner se terminant sur un p'tit bol de lait + céréales.

 

4h30 : L'habillage s'avère difficile car il a plu une bonne partie de la nuit et l'on ne sait pas vraiment s'il va faire lourd ou frais ; les dieux du climat nous mangeront à quelle sauce ? Combien de couches ? Imperméable ? Short, cuissard ou corsaire ? Gilles va faire un tour dehors pour tester, l'info qui remonte est qu'il ne fait pas très froid mais surtout que le transit instestinal n'est pas encore opérationnel, il faudra attendre. Je m'égare… Ce sera donc pour moi :

 

- Un petit maillot de corps synthétique + le t-shirt du 10km planet jogging (je recycle)

 

- Le cuissard UASG

 

- Chaussettes de contentions

 

- Mitaines

 

- Buff

 

Dans le sac, je prévois large :

 

- Une veste imperméable

 

- Un bonnet

 

- Des gants

 

4h55… ça urge là… heureusement que l'hotel est à 2min à pied, mais entre le briefing et la présentation des prétendants à la victoire nous allons tout de même poireauter 10min avant de partir. Un petit bonjour à nos UASGistes avec encouragements pour la prochaine galère.

 

5h10 : le départ est donné par Thomas LORBLANCHET ; et comme souvent, beaucoup partent plein badin. Gilles et moi-même restons ensemble sur les premiers mètres et voyons notre JL, le chamois, s'éloigner rapidement.

 

Dès le départ, l'athlète, qui se veut préparer, est confronté à la dure loi du dénivelé : 600m d+ d'entrée. Mais dans l'esprit de la positive attitude, ce sera cela de moins à faire pour la suite, sur les 3500m attendu. On passe donc de la station du lioran à 1220m au plus haut point du Cantal et son plomb à 1855m exactement.

 

Au bout de 20min, je me retrouve seul intercallé entre Gillou Mister Prezident & JL Chamchamchamois d'Or, avec tout de même un visu sur l'un comme sur l'autre. Le jour commence à poindre, la frontale s'éteint. Elle n'aura été utile que 35-40min, pourtant il faudra la trimballer jusqu'au bout.

 

Mon rythme me parait lent et pourtant plus je me retourne plus je vois Gilles s'éloigner. Je retrouve Jean-Luc et pense qu'il va me suivre ; la fin du Plomb se fait en trottinant.

 

Dame nature se réveille et l'on commence à pouvoir admirer le levé du soleil sur les sommets Cantalous embrumés : Simplement magnifique ! La « course nature » prend toute sa mesure, et malgré la compétition, il faut savoir prendre le temps de regarder. Tout là haut, le tracé suit la crête. S'amorce alors un long faux plat descendant peu piégeux jusqu'au 1er ravito. Après quelques tucs, je remplis ma gourde d'eau, et voici JL qui pointe le bout de son museau. Je lui demande où se trouve Gilles mais il ne sait pas. J'attends quelques secondes et décide de repartir. Mon alcoolique/acolyte de trail n'est pas là, mais ne doit pas être bien loin. Je pense donc avancer seul un petit moment avant de revoir les deux compères revenir sur moi quand je commencerai à flancher.

 

Le long faux plat se transforme en descente assez raide. Je rattrape la 1ère féminine, alias Caro, en même temps qu'un petit troupeau d'une petite dizaine de coureurs. Le tracé rejoint l'itinéraire de repli de l'an dernier.

 

Nous voici dans la vallée dans le petit village de Thiezac, avant de remonter sur le vallon d'en face, le Puy de la Poche 1500m, où se trouve à mi-chemin du sommet le 2ème ravitaillement.

 

Je mène le rythme de la montée suivante et vois me coller au train Caro avec ses bâtons – notons qu'elle a déjà participé à l'épreuve du prologue ainsi qu'aux spéciales de la veille (24km) et qu'elle semble vraiment fraîche. Nous avons laché tous les autres. Impressionante !

 

Pause photo dans le pré, et c'est l'arrêt.

 

Je refais le plein du Camel et constate que Caro m'a fait faux bond. Je prends un peu plus de temps et regarde si Chamchamchamois d'or & The Prez arrivent. Rien… Etrange. La sensation est bonne mais pas au point de les larguer autant. Je me pose des questions tout de même, ça n'est pas normal que je sois seul devant. Bon…Tant pis, on avance !

 

L'arrêt de 2-3minutes à ce second ravito fini, la 2ème partie de la grimpette s'annonce sur une ancienne voie romaine. Passage devant la caméra, ça trace, je ne vois plus que Caro de loin. Ensuite c'est l'attaque de la descente vers la chute d'eau du 28km, 3h30 de course, point de passage assez technique sur pierre mouillée, où bien sûr Maindru-Photo attend impatiemment que l'on glisse pour immortaliser le moment.

 

Je me retrouve avec un nouveau groupe que j'ai rattrapé au pied de la cascade. Je suis, mais ça va vite dans la remontée vers le Courpou Sauvage 1521m. Certains appliquent un sacré rythme. Une petite côte de 450m d+, et nous revoici sur une crête.

 

La séparation avec le 45km est au sommet, et des athlètes fléchissent, arrêtés sur le bas coté. Le 70km remonte encore un peu et s'en suivra la très longue descente pour le ravitaillement #3 à Saint Cirgues de Jordanne. Avant, je dois faire l'arrêt technique tant attendu, j'en profite aussi pour prendre un petit dafalgan car un léger mal de crâne se fait sentir, symptome assez régulier chez moi.

 

Les troupeaux des Salers sont partout ! Certaines nous font carrément obstacle sur le passage, avec obligation de les contourner, d'autant qu'elles sont entourées de leur petit. J'adore les vaches, mais là on va éviter de jouer avec, hein !

 

Le chemin assez technique par moment traverse les genets en fleurs.

 

Fin de la descente, j'ai doublé environ une bonne 10aine de concurrents et voici le km 42-43 en 5h30, je vois que je pointe en position surprise : 40ème place. Même si cette épreuve est confidentielle, la position est honorable. J'en viens toujours à me dire que ce n'est pas normal d'être aussi « rapide » (toute chose égale par ailleurs), je vais nécessairement le payer bientôt…

 

Après 3-4minutes d'arrêt, je repars avec un mec en rouge, qui me dit que si nous nous débrouillons bien sur le retour on peut revenir en 4h15. 5h30 + 4h15 => 9h45 ! Je reste un peu dubitatif…mais il a l'air de connaitre le sujet. Il salue pas mal de monde, il habite Murat (village à coté du Lioran) et est connu des autochtones pour être un bon skieur de rando. Il me précise aussi que l'an dernier, il avait fini cette épreuve en 28ème position en 8h40…. QUOI ????????? !!!!!!!!!!!!!! J'ai bien entendu ??? !!!! 8h40 ???!!! J'ai eu envie de lui dire : « qu'est ce que tu fous avec moi ???? »

 

Pour info : l'an dernier, même si je revenais de blessure et que c'était mon premier trail de 70km. Gilles & Damien m'avait trainé jusqu'au bout en 10h40….. D'ailleurs je vois qu'il est encore frais, il me largue littéralement dans le petit raidillon en sortant des petites gorges de la Jordanne que nous suivons depuis 2 petits kms. Qu'à cela ne tienne, je m'attèle à tenir mon rythme et à revenir sur l'homme en rouge, alias Philippe. Une fois revenu, nous ne nous quitterons plus pendant 3h. On ne discutera pas beaucoup, mais il met le rythme dans les montées et moi dans les descentes. Ça tient compagnie.

 

Nous rattrapons quelques concurrents avant de rester seul pendant 1h. 7h de course l'avant dernier ravitaillement. Ici c'est le coup de pompe. L'itinéraire de repli dans la vallée est extrèmement difficile, on passe constamment d'une petite côte raide à un faux plat et une descente cassante. Impossible d'appliquer une allure constante pendant plus de 10minutes. Le corps subit donc constamment des changements de rythme entre relances, courses légères et marches. Le constat est là : ça va nettement moins vite, mais nous continuons néanmoins à rattraper quelques athlètes. Une légère pluie s'invite et nous rafraichit mais ne durera pas plus de 10minutes. Où sont donc les orages ?????????? Je prends mon mal en patience, espérant que la pêche revienne, de toute façon nous avons déjà parcouru 52km, quasi arrivés quoi ! Il n'y a donc plus qu'à patienter, s'alimenter, admirer les paysages et surtout ne pas cogiter ! Nous abordons une longue descente menant vers un petit hameau avant d'attaquer la longue remonter au col de la rombière. Un ravitaillement improvisé s'établit avec un petit bidon d'eau et des bouteilles de coca. Arrêt minute pour faire le plein de ma gourde et prendre un petit coup de coca, pendant que mon collègue s'échappe ; je tenterai de le rattraper. D'ailleurs je me suis arrêté pour rien puisque le dernier ravitaillement est à 3km. En repartant je croise Fabienne, l'épouse de JL Chamchamchamois d'or. J'apprends que les loulous sont à 40-45min derrière ! Mon premier sentiment : le doute. Je n'ose y croire, car j'ai toujours eu l'intuition qu'ils étaient à 5 ou 10min derrière, mais certainement pas plus. Bref… On verra bien. Je décide de repartir, accélérant légèrement, car si je veux rattraper Philippe, il faut ne faut pas trop tergiverser. Je le vois au loin, à environ 300-400m. Il a déjà doublé un concurrent, et est en train d'en redoubler un autre. Dans cette petite vallée, je cravache, alternant marche - course sur ce long faux plat montant. Tiens ! Un arbre que j'ai connu l'an dernier ! Puis un vrai mur s'impose ; une montée courte, qui après 8h30 de course, fait très mal. En haut se trouve le dernier ravitaillement. J'entends quelques applaudissements, c'est Philippe qui repart déjà. Un autre concurrent profite des bienfaits du stand et j'en fais de même. Un petit coca et quelques tucs que je mangerai sur les quelques mètres suivant. Un mot avec les bénévoles et hop, c'est reparti bille en tête, la ligne d'arrivée qui se dresse à environ 9-10km. Je repars du ravitaillement après 8h50 de course. Les 10h semblent atteignables mais il va falloir cravacher.

 

 

Il ne reste que la vraie montée au col, là où se rejoignent le 45 & le 70km, soit 400m d+, one shot. L'an dernier, j'avais énormément souffert dans cette dernière portion, entre la fatigue, la neige, le grésil et le vent force 8. Cette année, les vaches et leur cloche dans les alpages rendent l'exercice plus bucolique. Il n'en reste pas moins que Philippe rattrape un nouveau concurrent, l'homme au t-shirt bleu. Je prends un point de repère et chronomètre l'écart : il a environ 4minutes d'avance (on s'occupe comme on peut !). Je jette quelques coups d'oeil dans mon dos pour profiter de la vallée et surtout contrôler que personne ne remonte, j'ai de la marge. Le dernier but sera de conserver ma place, voire rattraper celui de devant – le bleu.

 

9h45 de course : bon an mal an, le col touche à sa fin. Là le tracé longe la crête avant de descendre sur le Lioran. Le peloton s'étoffe avec le 45km mais j'ai toujours en point de mire, le bleu qui n'a d'ailleurs cesse de se retourner, l'écart semble stable. La guerre psychologique est installée ! L'objectif de 10h qui a émergé au fur et à mesure de la journée s'évanouit progressivement. Ca ne passera pas. La descente s'annonce difficile, beaucoup de concurrents du 45 me doublent, partagé que je suis entre frustrastion de ne pouvoir lâcher les chevaux et impatience d'arriver. Je finis par rattraper l'homme en bleu en bas de la descente, il reste 2km et une légère remontée de 60m d+. Un petit mot d'encouragement, mais je vois bien qu'il ne pourra me suivre. Il ne reste plus qu'à arriver en savourant !

 

Beaucoup de personnes sont là et encouragent tous les concurrents. Ca fait vraiment chaud au coeur. Dans les 300 derniers mètres, une émotion intense partagée entre satisfaction mais aussi tristesse émerge. J'ai à ce moment une grosse pensée pour mon oncle parti malheureusement trop vite, la semaine précédent l'oxygen. Au cours de ce trail, j'ai souvent pensé à lui, j'avais à coeur de bien faire : pour lui.

 

70km & 3560m d+ en 10h06min, 32ème sur 169. Soit 33minutes de mieux que l'an dernier sur un parcours plus difficile. Je suis très heureux et espère voir mes compères UASG bientot. Le premier, E.Gault, met 7h08, soit quasiment 1h de plus que le vainqueur de l'an dernier !

 

 

Matthieu arrive du 45km, 30min après moi, il a l'air bien. Content d'en finir, content d'avoir plié le Coach ! Gilles & JL n'arrivent pas, je m'inquiète car je ne pensais pas les voir si loin. J'espère qu'aucun d'eux ne s'est blessés. Les voila en 11h14, main dans la main, l'orage qui s'annonce a dû les faire accélérer un peu !

 

UASG results :

 

70km

 

Gilles & JL. : 11h14, 63ème

 

Alexandre : 12h02, 89ème

 

Stéphanie : 13h14, 131ème, 3ème dans sa catégorie

 

Olivier : 13h32, 142ème, qui même blessé avec une entorse à la cheville, est parti et à surtout fini heureux ! Bravo !

 

45km :

 

Matthieu : 6h43, 122ème

 

Philippe : 8h12, 271ème sur 324, chapeau à Philippe qui en capitaine est resté avec le copain d'Annaëlle pour le motiver jusqu'au bout après une mauvaise chute. C'est ça aussi le trail : une aventure humaine !

 

Points forts :

 

- paysage sublime

 

- une equipe de bénévoles vraiment sympas comme sur tous les trails

 

- des points ravitos en plus

 

- un concept sympa, même si l'on a fait qu'une épreuve

 

- la truffade ! C'est plein d'ail, de patates et de crème mais ça donne la pêche ! Je vais en toucher un mot à Overstim et breveter l'idée.

 

Points d'amélioration :

 

- épreuve assez confidentielle

 

- organisation ASO pas à la hauteur de son standing : buffet finale très moyen, un tout petit cadeau, pas de t-shirt finisher, un briefing de course prévu la veille qui n'a jamais eu lieu

 

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16/06/2011
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