UASG ATHLETISME

UASG ATHLETISME

CR Paris Mantes par Noura le 30/01/2011

Récit d’une escapade Nocturne :

 

       L’idée de faire une aussi longue marche de nuit, en plein hiver, ne m’avait jamais traversé l’esprit avant ce petit mail envoyé par Stéphanie… Mais, il y eut un détail ! Stéphanie proposait aux Athlètes UASG de la faire en courant. Je me suis donc dit : « ce n’est pas pour moi...Heu, pourquoi pas finalement, en essayant de mobiliser d’autres amis hors UASG, en marche bien entendu ! »

       J’ai surfé sur internet pour voir ce qui se raconte au sujet de cette épreuve. La majorité des avis concordaient : le parcours est « bof » mais on la fait pour le délire du froid, de la distance et de la nuit…Et il y a une belle ambiance.

 

      Mon idée n’eut pas grand succès auprès de mes amis… Seuls deux furent tentés, l’un sportif aguerri, l’autre moins préparé. L’ami sans entrainement s’étant désisté la veille du départ pour raison professionnelle, nous nous présentâmes, mon ami et moi, sur la ligne de départ, motivés, décidés à braver le froid glacial de la nuit et parcourir la « Jolie Mantes » à pied.

 

       Annie et Bernard, mes amis randonneurs de L’UASG m’ont dit qu’ils l’avaient faîte en 1995… Ils m’ont encouragée vivement lors de notre dernière randonnée de mi-janvier.

 

      Bonne nouvelle,  au déjeuner de l’UASG, Vendredi 28 Janvier, Stéphanie et Patricia m’ont fait savoir qu’elles faisaient cette marche en…marchant :-)… Et oui, après tout on ne l’appelle pas marche pour rien. Que les coureurs aillent courir ailleurs, il y a tellement de compétitions de tous genres à toutes les périodes de l’année :-) Je pars donc avec l’idée de faire cette marche avec mon ami, Stéphanie, Patricia, Henri et JP.

 

       Le soir de la marche, j’étais invitée à dîner chez une collègue du côté de La Garenne Colombes. Un bon Tajine, avec de la bonne semoule de couscous, et une délicieuse « Charlotte » au dessert. Je l’avoue, j’ai été bien nourrie ! Fidèle à ma réputation de bavarde et rassurée par un des invités qui m’avait offert de me déposer à Boulogne, j’ai  papoté chez Virginie jusqu’à 23h. Les accès étant bloqués, je n’ai pu me rapprocher de la mairie de Boulogne Billancourt en voiture. J’arrive enfin à 23h45. Par chance, je me suis bien entourée. Mon ami attendait d’obtenir,  pour nous deux, le fameux petit tampon sur la feuille de route. Ouf ! Je ne vais pas rater le départ !

 

       A ma grande déception, je n’ai pas pris les numéros de téléphone des autres UASGistes. Tant pis, de toute manière, vu les distances de  «  tarés » que fait Steph, je n’aurais pas pu le suivre !  Je pars donc avec mon ami et une minime chance de croiser les UASGistes sur mon chemin.

 

       Il fait froid… Il caille ! Mais l’ambiance est bon enfant. Des gens de tous âges, des mamies et papis, des jeunes…il y avait même des petits "Djeun’s" … Il y a foule sur le départ, et pendant les premières deux heures, pas moyen de prendre son rythme à cause des bouchons.

 

       Après deux bonnes heures de marche, toujours une pêche d’enfer  et le sourire bien apparent, on débouche sur les bois. N’étant pas une amie du bitume, je suis bien contente de marcher dans la nature bien que le terrain soit plutôt glissant à certains endroits. Et les pauses techniques sont maintenant au rendez-vous pour les femmes (il faut dire que les hommes ne se gênaient pas pour s’arrêter en plein milieu de la route, nous tourner le dos et se soulager)… Pauvres femmes, il faut bien trouver un buisson pour la pudeur. Je me suis rappelé une anecdote d’une de mes prof au lycée, féministe et révoltée contre la discrimination sexiste… Elle avait lancé un jour à un autre prof qui aimait la taquiner avec dérision : « Vois-tu, je suis une femme et je peux faire tout ce qu’un homme peut faire ! » Le prof mâle répliqua : « Ah bon ? Pisse debout pour voir ?!! ».  J’ai souri à ce souvenir et à cet unique inaptitude de la femme que la gente masculine ne manque jamais de nous rappeler lorsque, à court d’arguments, elle veut sortir de l’embarras causé par ses prétentions de supériorité injustifiées.  

 

       Au 15 ème kilomètre j’ai croisé un groupe d’anglaises. Je les ai abordées en leur  demandant : « Where do you come from ? ». Réponse avec un grand sourire : « Not far from Mantes La Jolie »… « Ah, okay », ai-je répliqué, presque déçue que ces filles n’eussent pas traversé la manche  pour faire cette marche :-( J’ai papoté un petit moment avec elles avant de reprendre du rythme pour avancer plus vite..

      Premier point de contrôle… A l’horizon, un cortège de ravitos associatifs… L’UASG n’a donc rien prévu ? Snif, snif ! Le ravito officiel n’avait de ravito que le nom. Boissons infectes et froides. Je me rabats sur mes figues sèches, change de chaussettes et repars !

 

       Débutante que je suis sur la marche en temps glacial, je ne pouvais plus boire de l’eau de mon Camel Bak, tout neuf et acheté à 30 euros pour l’occasion… Le tuyau qui devait m’hydrater en eau était gelé…. Pauvre Nounou, me suis-je dit,  tu ne pourras pas t’hydrater à ta satisfaction.

 

      Le parcours dans le bois fut agréable, malgré la proximité d’une autoroute (A13 ?) et le bruit des rares voitures qui passaient encore à cette heure tardive de la nuit. Ressortis du bois, nous attaquâmes le fameux Plateau., livrés aux vents qui nous cinglaient de toutes les directions.. J’essaie de courir pendant 5 minutes pour me dégourdir les jambes et me réchauffer mais j’étais trop habillée pour courir longtemps. Hors de question de me déshabiller d’un seul fil, il fait très froid !

 

       Au 30ème kilomètre, je courus encore quelques dizaines de mètres. Un groupe de Jeunes m’applaudirent en scandant des « Bravo Miss, vous êtes courageuse ! » Je leur expliquai qu’en courant à petites foulées, ils soulageront leurs muscles « marcheurs ». Deux d’entre eux mirent en pratique mon conseil, me suivirent dans ma courte course et convinrent que l’exercice recommandé était effectivement soulageant. J’ai papotai (Désolée Gilles, je papote, je papote !) un peu avec eux.  L’un d’eux m’apprit qu’il accompagnait son oncle participant à cette marche pour la 30ème fois. J’en ai déduit que l’Oncle devait avoir la cinquantaine au moins… « Mais où est-donc votre oncle ? »… « Euh, mon oncle a 66 ans et il nous devance d’une heure à peu près »… « D’accord… ». Sur ce, je me tus! Chapeau bas l’oncle !

 

      Au 35ème kilomètre, mes pieds étaient en compote. Il devait être 5h30. Si je continuais à ce rythme, je devrais arriver à Mantes vers 9h. Mais non, mes pieds vont vraiment mal. J’ai pris les mauvaises chaussures pour affronter du bitume aussi longtemps, des chaussures de randonnée légères. J’avais le choix entre mes vieilles « runnings », amorties à 90%,  mes chaussures de petites randonnées et des « runnings » neuves. J’ai fait le mauvais choix, c’est certain !

 

      Aux environs de  8h du matin, la lumière du  jour commençât à poindre. Les douleurs aux pieds devinrent difficilement supportables.  J’ai lutté donc sur les dix derniers kilomètres. J’ai marché presque à reculons.  « A l’heure où blanchit la campagne », Nounou est blanche de douleur !  

 

Il fait jour enfin et le temps est presque beau. Une dame, la bonne soixantaine m'aborda. Elle me demanda une information dans un français incompréhensible. Vous pouvez me parler en Arabe, madame, lui ai-je dit, confiante en ma capacité,  prétentieuse et usurpée, à comprendre cette langue. Contente, elle me reposa sa question en arabe. La question de la dame resta incompréhensible. Je dus renoncer gentiment à comprendre et répondre ne pas pouvoir l’aider faute de savoir. La vérité était que sa question formulée dans sa langue demeurait inintelligible.

 

 

Sur  les 5 derniers  kilomètres menant à l’arrivée, nous longeâmes la rue, au nom prédestiné, de la Persévérance ! Rien de mieux pour se rendre à l’évidence que quelle que soit la douleur, il faut bien traîner un pied devant l’autre pour y arriver. Je me traîne jusqu’au gymnase pour avoir droit à un gâteau BN (Cela faisait des lustres que je n’en avais pas pris)….Et des toilettes, des vraies ! J’ai donc fini au mental avec mon ami qui, exceptée une douleur au genou trainée pendant une heure,  n’avait pas été très éprouvé.

       Il était 10h20 quand nous rebroussâmes chemin vers la voiture, garée pas loin. Nous croisâmes du monde qui arrivait encore. Un groupe de militaires qui n’étaient pas loin de nous sur les 30 premiers kilomètres venaient de franchir, avec beaucoup de peine, la ligne d’arrivée. Ils n’avaient peut-être pas, eux non plus, les chaussures adaptées aux longues marches !

 

      Nous sommes rentrés en voiture. Je n’ai pas eu besoin de manger. Une douche bien chaude et un bon Dodo me suffisaient pour récupérer. Une bonne nuit de sommeil et me voilà au bureau avec des petites courbatures bien supportables.

     

 En conclusion:

          J’étais loin du compte. J’appréhendais les ampoules, mais je n’en ai pas eu une seule.

          Mon autre ami a eu raison de ne pas venir! Je ne sais pas s'il ne m'aurait pas maudite sur les derniers kilomètres...

          10h de marche dont 1 inutile à cause de mes chaussures… Je me serais bien contentée de 9h en effet !

          Le bitume n’a jamais été l’ami de mes pieds. Tu devrais t’orienter vers les « trails nature », me dira Gilles.

          Les chaussures peuvent être nos meilleures amies comme elles peuvent être nos plus cruelles ennemies lorsqu’elles sont mal choisies.

          Quand les muscles « marcheurs » sont dans la douleur, des petites foulées en course peuvent bien les soulager… Encore, faut-il avoir les bonnes chaussures :-)

          Dix heures de marche dont deux de douleurs, mais j'y suis, donc: Yes, I can!

          Je comprends mieux les avis des internautes : Une marche dont le parcours est « Bof » mais qu’on a envie de refaire…

 

 



03/02/2011
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