UASG ATHLETISME

UASG ATHLETISME

TDS 2013

TDS 2013 c’est reparti pour un demi-tour.

Sur la Trace des Ducs de Savoie : Courmayeur(ITA) Chamonix(FRA)

119kilomètres 7200 mètres de dénivelé positif

 

Ayant apprécié la précédente édition de la TDS, et malgré les conditions difficiles de l’an dernier, je décide de me relancer dans l’aventure. Le parcours légèrement allongé et ma préparation moins « alpine » me font partir sur un objectif prudent de 23h30 ; tout en sachant qu’une heure peut être gagnée si j’arrive frais dans la dernière montée au Tricot. En effet, même si je me suis moins entraîné, les références sont en progression: Coursières des Hauts du Lyonnais, stage trail UASG, 6000D, Ecotrail de Paris, deux étapes sur le Stevenson.

 

On se retrouve avec Gilles, Aurel, Pascal et Clarisse à Courmayeur pour une bonne grosse assiette de pasta à l'italienne. Nuit plutôt confortable. Et c'est déjà le réveil. Il fait un temps très agréable : les conditions seront parfaites sur toute la course J

 

Départ à 7h du matin avec Aurélien : au bout de 300m dans Courmayeur, mon genou gauche heurte un plot : l'espace d'un instant, je me dis que tout est fini. En fait, même si cela fait mal, j'arrive à courir sans problème donc fausse alerte pour le moment. On monte au Col Checrouit. Tout se passe bien. Je « me mets dans le vert »: c'est à dire que j'avance sans vraiment puiser dans les réserves. On entame l'arrête du Mont Favre. Les paysages sont vraiment superbes ; les sentiers à l'ombre avec une rosée légèrement gelée puis passages sur le versant ensoleillé. De loin en loin, on voit les grappes de coureurs se former. L’hélico filme (liens ci-dessous). Puis descente sur le Lac Combal, les sensations sont toujours là même si le genou se fait sentir. Au Lac Combal, nous sommes dans les temps prévus. Contre la stratégie initiale qui voulait une course d'attente jusqu'au 90ème, j'annonce à Aurel que je vais partir tout seul pour le prochain col. Je passe le buff pour me protéger du soleil, j’appuie plus fort sur les bâtons et je vois bien que cela répond ; je rattrape sans trop de difficultés les coureurs. La descente suivante est longue mais roulante jusqu'au col du Petit Saint Bernard. Les premiers supporters sont là au pied du col. Il n'est pas trop dur et vraiment joli : il s'achève par un lac puis une grosse bosse qui débouche directement sur le ravitaillement et les encouragements.

 

S'en suit alors une dizaine de kilomètres en descente. A Seez, le village nous accueille et je vois même des gens en train de manger une fondue sur leur terrasse (serait-ce un début d’hallucination?). La descente est traumatisante, ce n’est vraiment pas ma spécialité, il faut contenir la vitesse sous peine d'entamer les muscles. A Bourg St Maurice, point bas du parcours la sensation de chaleur est très présente. Il est 13h20, j’ai une heure d’avance sur mes prévisions. Je vois les autres coureurs dans la zone d’assistance. N'en ayant pas, j'essaie d'optimiser mon ravitaillement. A la sortie, on contrôle l'équipement obligatoire puis débute une terrible montée jusqu'au Passeur de Pralognan (1700m de D+). Dans les premiers lacets, des coureurs sont déjà arrêtés. Mes bâtons sont très utiles, on voit les Forts au dessus du regard mais ils paraissent tellement éloignés ! A mi-pente, une bénévole me dit que je n'ai pas l'air en forme. On est d'accord ! Je prends une barre énergétique.    La fin de la montée est moins dure et cela fait du bien de passer enfin ce Passeur et d'entamer la descente technique sur le Cormet de Roselend. Les descentes me font rapidement souffrir et je me fais doubler ; par contre sur le plat, j'arrive à limiter les écarts. Pour lutter contre la douleur du genou, je prends un Doliprane (ça marche : bonne nouvelle). Passage au Cormet, toujours une heure d'avance sur les prévisions, on m'annonce aux alentours de la 60ème place. Ohoh ça sent bon ! Pas d'euphorie, en gérant l’allure, il devrait y avoir possibilité de faire un « truc », on reste concentré sur l'alimentation.

 

Petit break dans le récit pour documenter la stratégie alimentaire  : barres énergétiques au début de course puis passage aux gels au bout de 5-6 heures de course. Aux ravitos, TUC+Coca+Orange et 3 soupes de pâtes au PetitStBernard / Cormet /Col du Joly. Boissons : Eau ou bidons d'Effinov. A la fin (vers 15h de course), il n'y a plus grand chose qui passe. Il faut passer sur les aliments plaisirs : Mars et puis Coca/sucre carrément. Les gels étaient de ma composition : jus de citron, sirop d'agave, sirop de riz, miel, café, sucre vanillé, sel.

 

Au Cormet, je mets le t-shirt manche longue et prépare ma lampe frontale. Il est 17h, je pense aux collègues, amis et familles qui doivent me voir passer par Internet. En repartant, je prends la route avec un autre coureur qui va beaucoup m'aider jusqu'à la Gitte et le col suivant. Il est fort dans les montées mais je m'accroche à ces pas et nous reprenons d'autres coureurs. Je lui raconte le parcours et il ajuste la vitesse en fonction. Cette année je fais cette partie de jour, c'est plus joli que de nuit ! Notamment le passage du curé : une espèce de chemin creusé dans la falaise au dessus d’un névé.

 

A la Gitte, un bénévole me reconnaît et m'encourage, j'étais dans le train avec lui. Ces rencontres au milieu de nulle part font du bien. Dans les chemins au dessus du Col du Joly, un coureur me dit qu'on est sur une base de 19h30. Je lui dis qu'il doit certainement se tromper. La nuit tombe ce qui est toujours dur à gérer mentalement mais pourtant les sensations continuent à être là. Je n’ai pas du tout envie de dormir, j’ai plutôt chaud. Passage au Col du Joly, je branche ma lampe et entame la longue descente. En regardant après coup, le suivi internet, je m'aperçois que j'étais tout seul pendant près d'1h15. Malgré tout, cela reste un bon souvenir voire même une sensation euphorisante après Notre Dame de la Garde.

 

Aux Contamines, je retrouve mon ami Julien. Je lui avais donné rendez-vous à 0h35, il est 21h48. Il m'a préparé une assistance ; mais je suis tellement dans le rythme que je m'arrête à peine. Je suis un peu gêné, mais Julien et Mathis me suivent très sympathiquement. Ils veulent marcher avec moi jusqu'à ce que je recommence à courir : les fous ! Je prévois de reprendre la course dans 2 heures après 1000m de dénivelé positif. On se marre, on prend une photo. Ça fait du bien de penser à autre chose. Allez c'est reparti pour la fameuse dernière montée. Personne devant, personne derrière, personnes dans les chalets, ça va être long, très long. C'est alors le Col du tricot. Déjà pratiqué l'an dernier, il n'a pas changé, toujours aussi diabolique. On voit les lampes des autres coureurs devant nous. Virage à gauche Virage à droite, etc... Cela n'en finit pas. Cela n’en finit plus. C’est dans ce genre de côte que la poussée sur les bâtons est d’une grande utilité. Puis, quelqu'un parle pour dire que c'est bientôt fini. Je ne comprends même pas qu'elle s'adresse à moi ! Et pourtant si ; je lui réponds, c'est la fin. Réponse de la bénévole : « Oh un français » Ah oui effectivement ça fait un moment que j'ai du mal à communiquer avec les autres : Même si je souffre de plus en plus du genou, j’interprète comme un bon signe le fait de courir avec les étrangers.

 

La descente sur le glacier Bionassay est très dure car le chemin est étroit. Le genou se montre de plus en plus récalcitrant. Le moral en prend un coup. Je me fais doubler mais je serre les dents pour courir sur le plat. On passe aux Houches dernier ravitaillement puis 8 kilomètres jusqu'à l'arrivée sur Chamonix. Cette année, je parviens à courir, mentalement je suis vraiment en zone de confort ; la douleur tiraille mais rien ne peut plus m’arrêter. Les lumières de la ville sont là, j’arrive en 19h18 peu après 2h du matin : il n'y a pas grand monde avec qui partager le bonheur. Ce n'est pas grave, la satisfaction est présente et on se congratule entre coureurs et avec les bénévoles. Un équatorien passe la ligne. Je le félicite, il est hyper content. Je regarde le classement, c'est impensable : 36ème de la TDS. Génial.

 

Après quelques sms pour rassurer ceux qui me suivaient, je trouve un lit de camp, je dors à peine et retrouve par hasard Aurel au petit-déj : il a été arrêté faute de pouvoir s’alimenter.

Le lendemain midi, on prend le repas tous ensemble : Gilou et Pascalou finishers of course. Ce sont des bons moments de partage (JL est là aussi) mais la lucidité nous manque parfois. Quelques jours plus tard, malgré une fatigue de fond, la forme revient, il reste une pointe d’inquiétude pour ce satané genou. Les conditions favorables de cette année permettent de récupérer plus rapidement. Il faut vite trouver un nouveau défi : prêt pour boucler un tour complet cette fois? Il faudra en plus maitriser les aléas du tirage au sort de l'UTMB 2014 !


Liens vidéos : (allez y les images sont vraiment belles)

http://www.ultratrail.tv/fr/videos/2013-ultratrailtv-resume-de-la-tds/

http://www.ultratrail.tv/fr/videos/2013-ultratrailtv-la-tds-vue-du-ciel/

http://www.ultratrail.tv/fr/videos/loeil-de-lemhm-sur-la-tds-2013/

 

 



04/09/2013
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