UASG ATHLETISME

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CR de l'Eco Trail du 20/03/10 par Achia

L'Ecotrail de Paris comprend 3 courses :

 

-         le 18km Twin santé  (le Trail à deux) est une épreuve non chronométrée, à allure libre, proposée au départ du Domaine National de Saint-Cloud. Les coureurs rejoignent la Tour Eiffel, avec une arrivée sur le Port Suffren. Ils soutiennent l'association "Trans-Forme" qui promeut l'activité physique des personnes transplantées ou dialysées et également l'association "Le Rire Médecin" qui envoie des clowns dans les hôpitaux pour aider les enfants et leurs parents à retrouver la joie de vivre.

-         Le Trail 50km : Un départ depuis le Château de Versailles ; trail composé à plus de 90% de sentiers sur les chemins des forêts de l'Ouest parisien. Les coureurs soutiennent un projet de restauration d'une statue située dans les jardins du Château de Versailles.

-         Enfin, le Trail 80km : 92% de chemins ou sentiers et 1500 D+. :
Départ de la base Régionale de Loisirs de Saint-Quentin en Yvelines, puis le Bois de la Roussière, la forêt domaniale de Versailles, le Bois du Pont Colbert, la forêt domaniale de Meudon, le Domaine de l'Observatoire de Meudon (site non ouvert au public), la forêt domaniale de Fausses Reposes, le Haras de Jardy, le Domaine de Saint-Cloud, l'Ile Saint-Germain, les quais de Seine et le premier étage de la Tour Eiffel. En participant à cette épreuve, les coureurs soutiennent un projet environnemental réalisé en collaboration avec l'Office national des forêts. Vous trouverez un descriptif plus complet sur le site de l'ecotrail : ici.

 

De l'UASG, nous étions 4 inscrits : Aurélien Lemaître, Jean-Philippe Camard, Laurent Mercier et moi-même.

 

Tout a commencé par un challenge lancé par Gilles au moment où il nous a annoncé les inscriptions de l'écotrail de Paris. Je ne me souviens plus très bien des termes exacts qu'il avait employés mais il nous écrivait que personne n'avait réussi à courir le marathon après avoir participé à l'écotrail de Paris 3 semaines avant.

 

Est-ce par défi que je me suis lancée dans l'aventure ? Est-ce encore le douloureux souvenir de Millau où je fus contrainte d'arrêter au 82ème km ? Les deux probablement. Je vous dirais prochainement si ce défi a pu être relevé.

 

Je n'avais jamais couru de trail auparavant. C'est une discipline qui m'était totalement inconnue jusqu'à ce samedi 20 mars. Je n'avais du reste aucun équipement et m'en suis procuré une semaine avant la course (des chaussures de trail entre autres mais Gilles m'a indiqué que ce n'en était pas en réalité, et aussi un camelbag).

 

Dans la semaine précédent l'écotrail, j'échange avec Eric Lafont sur son expérience de l'an passé. Je lis et relis son compte-rendu, que vous trouverez sur notre site de l'UASG (ici pour les photos et ici pour le CR), extrêmement complet mais aussi terriblement effrayant pour moi. Je commence à sérieusement m'inquiéter sur mes chances de réussite. Mais Gilles m'ayant dit qu'Aurélien Lemaitre étant également inscrit, je me suis redonnée du courage en me disant que nous pourrions prendre le départ ensemble et qu'à deux, nous y arriverons.

 


Le samedi 20 mars à 12h30, je prends le départ de la base de Loisirs de St Quentin en Yvelines mais sans avoir trouvé Aurélien que Gilles m'avait déjà présenté, ni Jean-Philippe Camard et Laurent Mercier que je ne connaissais pas. Mon cœur battait la chamade (j'avais si peur de devoir abandonner !). J'avais scrupuleusement pris la fiche avec les barrières horaire en priant que je ne sois disqualifiée (la dernière barrière horaire était fixée à 1h du matin à la Tour Eiffel, soit 12h30 de temps de course).

 

Alors qu'il avait fait un temps quasi printanier la semaine, la météo annonçait de la pluie et des averses pour cette journée du samedi.

 

Les 21 premiers kilomètres courus dans les sentiers, en forêt avec du dénivelé, m'ont paru relativement faciles (en 2h07), il ne pleuvait pas encore. Nous avons traversé la commune de Montigny-le-Bretonneux, celle de Guyancourt puis Buc où nous nous sommes arrêtés pour notre premier ravitaillement. Comme me l'avait recommandé Eric, je m'y suis arrêtée environ 20mn pour remplir mon sac d'eau et me ravitailler. A noter à ce propos une anecdote : On voir bien que tous les coureurs n'ont pas la chance d'avoir Gilles auprès d'eux. Grâce à toi Gilles, mon sac, contrairement à des nombreux autres coureurs, n'a pas « floc-floc » durant tout le parcours parce que je savais comment évacuer l'air. Que de coureurs n'en avaient pas acquis la technique !

 

C'est alors que commence le long et douloureux parcours de 33 km en autonomie totale jusqu'au prochain ravitaillement au 54ème km. Nous traversons Versailles, Vélizy, Meudon, Clamart, et enfin Chaville, notre deuxième point de ravitaillement. Le temps se dégrade, les chemins sont boueux, très glissants, et parsemés de longues côtes (20 à 30%) et des descentes le plus souvent dangereuses. Une mauvaise gestion en eau me fait souffrir car à partir du 42ème km jusqu'au 54ème, ma réserve est épuisée et c'est le calvaire qui commence. J'alterne alors la course (dans les descentes) et la marche (dans les montées) avec toujours à l'esprit mon objectif principal : avancer, malgré les chutes et Dieu sait qu'il y aura d'autres chutes, toutes aussi douloureuses les unes que les autres. Une procédure de contrôle inopiné sur le contenu de notre sac à dos (puisque nous avions une liste de matériels obligatoires sous peine de pénalités) nous arrête au 46ème km : il nous est demandé de sortir du sac notre brassière fluorescente et la couverture de survie. J'arrive enfin au second ravitaillement complètement déshydratée, n'ayant pas eu la force d'admirer les beaux paysages que nous traversions.

 

Il fait froid, il pleut beaucoup, la nuit est tombée et il faut repartir avec sa lampe sur le front. Pour ma part, c'est la première fois que j'utilisais ce matériel et les premiers mètres sont plus que déroutants.

Le moral est au plus bas. Les routes sont encore plus glissantes, et surtout on ne voit plus grand chose, on ne voit plus les racines, ni les cailloux et surtout il y a encore et toujours du dénivelé. Il m'est aussi arrivé d'être seule pendant quelques minutes mais plus rien ne compte que d'avancer, avancer encore et toujours. Peu importe en courant ou en marchant, mais avancer.

 

J'arrive au 3ème ravitaillement, aux Haras de Jardy au 63ème km. Est-ce mon air hagard, ou devais-je faire peur à ce point que deux secouristes se sont approchés de moi dès mon arrivée, m'ont parlé, et m'ont apporté deux bols de soupe. Revigorée, je reprends la route jusqu'à Saint-Cloud, dernier ravitaillement. Ça y est, 69km de parcourus, toujours dans les mêmes conditions. A ce point de ravitaillement, je me souviens de coureurs messieurs me proposant gentiment de remplir ma poche en eau (j'avais bien du mal à le faire à ce stade du parcours). Je me souviens aussi de ce coureur qui m'encourage en m'indiquant qu'il ne reste plus que 10km, que nous y sommes presque et qu'au pire, nous pouvons marcher jusqu'à la Tour Eiffel et que nous ne dépasserions pas la barrière horaire.


Cela peut paraître dérisoire d'évoquer ces coureurs mais ce dont je suis sûre, c'est que ce sont leurs encouragements, leurs paroles, qui nous font avancer. Il n'y a pas d'esprit de compétition à proprement parler, contrairement aux courses sur route ; il y a une sorte de fraternité au contraire et d'entraide et cela est inestimable sur d'aussi longues distances. J'évoquerais aussi le soutien de cette dame d'une cinquante d'années que j'ai rencontrée au 3ème ravitaillement, une accompagnatrice probablement, mais surtout une compétitrice qui avait dû se résoudre à ne pas courir le trail parce qu'elle avait su trois jours avant qu'elle avait de sérieux problèmes cardiaques. Elle m'a dit la chose suivante en me prenant dans ses bras : « Finis la course, pour moi, pour tous ceux qui sont malades et qui n'ont pas ta santé » et elle a terminé la phrase en m'indiquant qu'elle m'attendrait à la Tour Eiffel. Et effectivement, elle était bien là et elle m'a applaudie en poussant de grands cris de joie !

 

Après Saint-Cloud, nous traversons, Sèvres, Meudon, Issy les Moulineaux, le Parc de l'Ile Saint-Germain puis arrive enfin le parcours tant attendu le long de la Seine ; ce parcours que nous imaginions roulant, s'est révélé en définitive difficile car Paris nous a accueillis avec des averses encore plus virulentes. Chaque pas coûte, chaque mètre parcouru est une victoire en elle-même, je ne vois plus rien, les forces m'abandonnent, la Tour Eiffel paraît encore si loin et pourtant elle n'est plus qu'à 5 km. J'arrive enfin à destination, à minuit, après avoir monté les 369 marches. Eric avait éprouvé l'année dernière une émotion intense à voir toute cette foule de touristes et d'accompagnateurs qui encouragent les coureurs.

Cette année, en raison du temps sans doute, les touristes n'étaient pas nombreux aux alentours mais que d'applaudissements sous le chapiteau !

 

Passé le portillon, c'est un sentiment de bonheur qui me submerge.

11h et 28mn de course : une éternité, des douleurs, une fatigue épouvantable, mais à l'arrivée, un moment magique, inoubliable !

 

Nous étions 1279 à avoir couru ce trail dont 104 femmes (21 coureurs parmi ceux-ci sont arrivés après la barrière horaire d'une heure du matin). A noter que cette course a enregistré par ailleurs environ 20% d'abandons. Pour ma part, je me classe 925ème, bien loin certes dans le classement mais à ce stade de mon expérience de trail, le chrono n'a pas beaucoup de sens, me semble-t-il. Il est probable que je tenterai à nouveau l'aventure l'année prochaine (avec une préparation différente, et une meilleure gestion en réserve d'eau !), sauf si mes résultats au Marathon de Paris cette année se révèlent médiocres.

 

Je lance un appel à Jean-Philippe Camard et Laurent Mercier : je serais très heureuse de faire leur connaissance et de pouvoir partager nos expériences respectives. Un petit mot pour Aurélien pour le remercier de ses pensées chaleureuses et de son message de sympathie au lendemain de la course. Un grand merci à Gilles (que j'ai appelé dès dimanche) pour ses conseils précieux que j'ai suivis et qui m'ont permis de me remettre sur pied dès le 3ème jour et de reprendre mon entraînement.

 

Vous trouverez tous les résultats à l'aide du lien suivant : ici.

 


 

Mes sentiments sur la course :

 

a) Points négatifs :

-         Le choix de la date : 2 semaines après le semi Marathon de Paris et 3 semaines avant le Marathon de Paris.

-         La météo désastreuse mais nous n'y pouvions rien.

-         Une trop longue distance en autonomie complète (à partir du 22ème km jusqu'au 54ème), rendant difficile la gestion en réserve d'eau mais c'est le jeu. Je ne referai pas la même erreur au prochain trail !

 

 

b) Points positifs :

-         Un parcours dans la nature ô combien agréable et beau quand il ne pleut pas ! Un grand regret de ne pas avoir pu admirer les très beaux paysages.

-         Des bénévoles, des secouristes et des accompagnateurs extrêmement chaleureux.

-         Un parcours extraordinairement bien balisé ; primordial pour la course en pleine nuit dans la forêt. Je me suis éloignée du parcours une seule fois mais ai vite retrouvé mon chemin.

-         Des ravitaillements variés et à profusion.

-         La magie de l'arrivée à la Tour Eiffel.

 

Les photos sont ici.

Un petit reportage video que vous conseille Eric (L.) : ici.

Le CR de notre Jean-Phi : ici.

Le CR de Laurent : ici.

 

Bien à vous,

Achia Martin



02/04/2010
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