UASG ATHLETISME

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CR de l'Ultra trail du Verdon le 23/06/2012 par Olivier G

Première étape de ma préparation à l'UTMB 2012, l'ultra Trail du Verdon se présentait comme un trail très difficile, technique voir dans certaines parties du parcours, dangereux. A cela devait s'ajouter une température élevée. Bref ce n'était pas gagné et quelques jours avant la date, j'avais quelques appréhensions à me lancer dans cette nouvelle aventure.

Comme d'habitude, une dizaine de jours avant la course, une petite douleur au mollet a permit de diminuer l'entraînement. Je me demande finalement si ce n'est pas mon corps qui communique avec moi de cette façon: "Bon tu te calmes un peu, c'est pas parce-que tu ne cours pas un jour que tu ne vas pas la finir cette course !". Je suis donc arrivé le vendredi soir sur Place à Aiguines point de départ. J'étais accompagné de Damien, Gilles et Aurélien avec qui j'allais courir et de Clarisse et Fabienne pour la logistique et le soutien moral.

Samedi matin 3h00, le réveil sonne. Un peu de gâteau "sport" fait maison, une banane , de l'eau. Toujours le même rituel d'avant course, je remplis ma poche à eau, je mets les différentes choses obligatoires dans mon sac (couverture de survie, téléphone, frontale, les numéros d'urgence de la course, la bande pour le strapping ...). A coté de moi, Aurélien, mon voisin de chambre suit le même rituel. J'attache mon dossard, il lasse ses chaussures. "C'est bon ? t'es prêt ?". On sort de la chambre, Gilles et Damien sortent de la leur.

3h45, on traverse le village pour se rendre au point de départ. Tout le monde dort, au loin on entend le speaker qui donne les dernières consignes. On discute 2 minutes, photo traditionnelle du départ, on s'approche de la ligne de départ. Damien traîne un peu, il partira quelques mètres derrière. 4h00 Top départ !

Top départ : Gilles, Aurélien bâtons dans la main et moi les bâtons dans le dos !

Après une petite boucle dans le joli petit village, le parcours commence par une bonne heure de montée. Le peloton se met rapidement en file indienne. Je me mets derrière Gilles qui suit Aurélien. Je marche en passant en revue mon équipement. Je suis parti avec mon short mi mollet, un teeshirt, des manchons sur les bras. Un sac nous attendra à Moustier au kilomètre 50 dans lequel j'ai mis une deuxième paire de chaussures, chaussettes et une polaire en prévision de la fin de course qui se fera de nuit. Le rythme est correct mais sans plus. Il faut en garder dans les pattes, la course se jouera plus tard dans la journée. Aurélien s'échappe et nous prend rapidement quelques mètres d'avance. Je reste avec Gilles qui me laissera passer un peu plus loin. Arrivé en haut de la première difficulté, le parcours longe la crête et on a la surprise, à un détour d'un rocher, de passer à quelques mètres du précipice. Ce début de parcours sera à refaire dans l'autre sens au retour, avec la lucidité en moins, il faudra faire attention ! J'entame la descente, le premier ravitaillement se trouve en bas. Le ciel à l'est commence à s'éclaircir mais la frontale est toujours utile.

Le ciel s'éclaircit

Le sentier est roulant mais je dois rester concentré car entre les racines et les pierres, on peut vite se retrouver à terre. Un peu plus loin, je vois devant moi un coureur qui marche de travers et se retient aux buissons pour ne pas tomber. Je m’arrête : "ça n'a pas l'air d'aller ?" Le gars me répond : " Non, je ne vais pas bien, je suis tombé tout à l'heure". " Assied toi un peu, repose toi." Je le laisse là assit, et je continue ma descente.

Kilomètre 12 : J'arrive à un bon rythme au premier ravitaillement. Aurélien finit de se ravitailler et repart. Je ne ressens pas le besoin de manger mais je me force quand même à boire un peu de coca, je mange quelques TUCs et je remplis ma poche. Gilles arrive quelques minutes plus tard. Je le vois se diriger vers la croix rouge : "Et les gars, ya un mec qui va vraiment pas bien là-haut, faut vraiment y aller !, c'est dingue ça, personne n'alerte les secours ! ya un mec qui agonise et tout le monde s'en fout !". Je pense au gars que j'ai vue la haut, j'ai complètement zappé de prévenir les secours, ça craint ! Je discute du gars avec Gilles et on repart ensemble du ravito. On reprend en petite foulée sur quelques kilomètres plats et roulants. Gilles s’arrête quelques minutes et j'entame la descente jusqu'au Verdon seul.

On commence à descendre

Le sentier devient vraiment escarpé, les difficultés commencent je n'ai pas encore sorti les bâtons. Après une dizaine de minutes, je rejoins le Verdon. Je demande à un gars de me prendre en photo.

Au bord du Verdon

Un peu plus loin, on entame la partie la plus technique du parcours que j'appréhendais car dangereux : le sentier de l'imbus.

l'imbus, glissade interdite !

Le coin est magnifique, le Verdon coule quelques mètres en contrebas. Je marche en m'accrochant au câble qui sert de main courante. Finalement, c'est gérable et je me surprends même à vouloir courir ! Je suis toujours très bien je bois régulièrement. Je me retourne et je vois Damien qui me rattrape et un peu plus loin devant, Aurélien entame la remontée. On se retrouve tous les trois ensembles, mais quel passage ! On utilise les cordes pour grimper, cette partie est interdite à la descente car trop dangereuse ! Les cuisses travaillent, chaque mètre semble interminable. Damien a des difficultés à suivre, il n'est pas dans son jour.

Passage technique

Kilomètre 25 : On arrive enfin au ravitaillement. Cette dernière escalade a laissé des traces, je reprends de l'eau et mange quelques morceaux de banane. Je repars avec Aurélien. Il trouve que l'on a un bon rythme. Je vais encore le payer plus tard ? On verra bien ! Je me rends compte que j'ai oublié d'enlever ma frontale au dernier ravito. Je demande à Aurélien de me la remettre dans mon sac et de me donner ma casquette. Le soleil est maintenant bien levé et la température commence à grimper, une autre course commence, il ne faudra pas se rater sur l'hydratation.

On passe quelques pierriers, on en profite pour se prendre en photo, le morale est toujours là, le paysage est magnifique.

Encore la pêche !

Le chemin est difficile, on court entre buissons et rochers entre cailloux et racines, on doit rester attentifs à chaque instant. En contre bas, on voit maintenant le lac de Sainte croix et sa couleur bleu vert étonnante. On commence la descente qui doit nous rapprocher du lac. Aurélien accélère l'allure et déboule comme un fou. Je ne peux pas le suivre et je préfère assurer la descente. Je le perds vite de vue. Je le vois une dernière fois quand je passe le pont sur le lac de Sainte Croix. J'en profite pour prendre une photo du Verdon. Il fait vraiment très chaud maintenant, je n'hésite pas à boire régulièrement.

Le verdon

Kilomètre 35 : Après le pont, le chemin remonte et c'est reparti pour 700 m de dénivelé le moral est toujours bon mais je commence à sentir mes jambes. En haut, un groupe de gars est assis là à l'ombre, je ferais bien une petite pause avec eux. "C'est encore loin Moustier ?" "Un peu, oui. Vous allez par là, ça va remonter doucement et ensuite longue descente !". Je continue et je profite du paysage pour prendre une photo.

Lac Sainte Croix et pont sur le Verdon

Je vois tout en bas le pont sur lequel je suis passé tout à l'heure. Je double un gars qui n'a pas l'air d'aller bien. La descente est assez roulante, mais toujours difficile pour les chevilles. J'imagine que Moustier est en bas mais quand j'arrive sur la route, je vois un panneau Moustier 3 kilomètres. Le moral en prend un coup. On passe dans un champ de blés en plein cagnard, je marche, relance mais c'est difficile, je dois avoir des ampoules, je sens que ça tire ; Le ravito va me faire le plus grand bien. Je rentre dans le village, il y a du monde, la première fois depuis le départ, bon pour le moral. Je passe sous un porche et enfin le ravito.

Kilomètre 52 : Je vois Clarisse et Fabienne qui attendent là. "Aurélien vient de repartir à l'instant ! Tu as l'air en forme !". Je suis moins optimiste qu'elles "Un peu fatigué quand même !". Je remplis bien ma poche à eau. Je mange bien. Je retrouve mon sac enlève mes chaussures pour me remettre de la NOK et changer de chaussettes. J'ai deux énormes ampoules sous chaque talon. Comme d'habitude, elles vont finir par percer et après ça ira mieux. Clarisse me dit que la prochaine partie est la plus roulante du parcours. Allez, je repars !

En effet, on continue sur un chemin en lacet. Je n'ai pas très bien récupéré. Je ne cours pas mais j'essaie de tenir un bon rythme, aidé de mes bâtons que j'utilisais depuis Moustier. Je suis tout seul. Un peu plus loin, le chemin descend et je relance. J'arrive assez rapidement au prochain ravitaillement. Je me sens de plus en plus faible. Un gars est allongé sur un lit. "Il récupère" me dit un bénévole. J'essaie d'avaler quelques trucs mais l'envie n'est pas là. Je prends quelques pattes de fruit dans les poches et je repars. Un gars est avec moi. Je discute avec lui, mais il a un bon rythme et je le laisse partir. Mes ampoules percent quasiment en même temps, je souffre 5 minutes et ça va mieux. J’essaie de courir mais mes jambes ne veulent plus me porter. Je marche, c'est difficile. Je n'ai plus la pèche, il me reste 25 bornes à faire ça va être long. Je me fais doubler par les quelques personnes qui étaient au ravito. Je demande à un gars si le prochain ravito est loin. "A cette allure, faut bien compter une bonne heure encore ....". Je continue à boire le plus régulièrement possible. Je ne comprends pas pourquoi je suis dans cet état, je cherche la cause : Hydratation ? Alimentation ? Je ne sais pas.  Un couple me double , la nana qui terminera 3ième féminine hurle : "Vite, vite j'ai envie de manger des pattes !" Je demande : "Bientôt le ravito ? " "Oui, il est juste là !" Le moral remonte d'un coup.

Kilomètre 81 : L'arrivée au ravito me fait le même effet que l'arrivée à un marathon : Je ne peux plus faire un mètre de plus. Je sens mon corps qui lâche tout. Une grosse fatigue générale. Je vois un stand de massage. Sans hésiter, je m'allonge. Je vais rester 20 minutes à ce ravitaillement entre massage et pattes chaudes. Ça me fera du bien. Gilles arrive à ce moment là. Il a la pêche, il n'arrête pas de parler. Je lui fais un petit signe. Il repartira avant moi avec un gars de Marseille et n'oubliera pas la petite consigne aux bénévoles à mon encontre : "Lui, il n'a pas le droit d'abandonner !". T'inquiètes Gillou, je ne suis pas en forme, mais pas au point d'abandonner ! Je repars 5 minutes après.

Je comme l'impression que cet arrêt m'a fait du bien. Le moral remonte, j'en profite pour passer un coup de téléphone à Maria, je prends même une photo, c'est dire !

Fin d'après midi dans les gorges

Nouvelle descente bien roulante. Je me dis qu'avec une petite accélération, je pourrais rattraper Gilles et le marseillais. Hop, les bâtons dans une main et je me lance d'une bonne foulée. J'ai retrouvé mes jambes ! je descends à bonne allure, le terrain est bien roulant, je retrouve du plaisir. Un peu plus loin, je retrouve le Verdon et le chemin du retour. Sur la remontée, je rattrape donc Gilles. "J'ai retrouvé la patate !". Je ne vais plus les quitter jusqu'à la fin. A tour de rôle, on se relaye, on discute, le temps passe vite. Sur cette fin de parcours, on ne voit pas grand monde. Un gars nous rattrape, Gilles qui joue le podium, très fairplay : " Si c'est un V2, vous lui cassez les pattes !". "Merde, c'est un V2 !" On le laisse passer, il va vraiment beaucoup plus vite que nous.

Kilomètre 90 : On le retrouve sur le dernier ravito. C'est la dernière fois qu'on le verra, il terminera 4ième V2. La nuit commence à tomber, on remet les frontales et nous repartons pour la dernière difficulté. Je suis vraiment bien. Cette fin de parcours, nous l'avons fait le matin en sens inverse. Ce soir, cela nous parait beaucoup plus long !

On arrivera donc à minuit et demi après 20h33 de course, un petit comité sera là pour nous accueillir, les filles, Damien qui aura arrêté plus tôt dans la journée et Aurélien qui nous aura mis plus de 2 heures ! Comme toujours, un bonheur intense d'arriver avec comme l'impression d'avoir fait quelque chose d'exceptionnelle.

Bilan :

  • Premier coup de mou sur un Ultra , l'expérience rentre. Je pense finalement avoir eu un manque d'alimentation, tous les 10 kilomètres je remplissais ma poche à eau mais sans produit énergétique, il n'y en avait pas sur les ravitos. La prochaine fois, j'en prendrai avec moi.
  • Deux énormes ampoules aux talons, les nouvelles Trabucco sont beaucoup moins rigides que l'ancien modèle. Je pense que le pied à plus bouger. Pour l'UTB, je vais peut-être prendre les raidLights qui me sert plus au niveau de la cheville.
  • Une nouvelle fois, je suis brulé au niveau de la ceinture. Probablement, je ne sers pas assez mon sac. Je vais essayer de me coller des bandes de scotch la prochaine fois, de toute façon, ça ne pourra pas être pire.
  • Classement : 29 / 118 sur 240 au départ.

Classement Verdon 100kms 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 



12/09/2012
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