UASG ATHLETISME

UASG ATHLETISME

CR Ecotrail par les Kikour & Kissmar le 26/03/11

 

« Tu me casses les bonbons ! Ça va être tout pourlingue ta course ! En région parisienne, ça pue ! Faisons plutôt le Ventoux ! »

« Mais non, tu vas voir, ça va être bien ! En plus, tu pourras revenir trankilou en RER ! Et puis si Sandie est d'accord… On y va !»

Discussion entre moi et le coach en août 2010…

 

Voilà comment je me suis inscrit à l'éco-trail 2011. Ça me semblait irréalisable mais je me disais qu'on se jouerait le second acte du Marathon du Mont Blanc…

 

La préparation :

Pour la préparation, c'est simple : jusque début janvier, j'ai continué à faire des sorties longues de deux heures le week end et puis en semaine un peu de fractionné.

Ensuite, début Janvier, je commence la préparation :

-         lundi : résistance (échauffement puis entre 35 et 50 minutes à fond suivant l'avancement du plan)

-         mardi : escalier + pompes

-         mercredi : fractionné « court », à savoir des 600m et des 800m

-         vendredi : aller au boulot en courant (18km)

-         week end : sortie longue (de 2 heures 30 à 4 heures suivant l'avancement du plan) + 2 fois deux heures de poussettes en marchant (moi j'ai trouvé que marcher après la sortie longue ça fait récupérer et puis mine de rien ça rallonge la sortie !)

 

Les 4ème et 3ème semaines avant l'écotrail, j'arrive à un kilométrage de 90km par semaine auquel s'ajoute une séance d'une heure d'escalier. Ce qui fait donc en gros du 100km la semaine.

 

J'ai récupéré ce plan de Steffi, elle l'avait utilisé pour son Oxfam Trail l'an dernier (avec la réussite qui avec !).

A la fin de la préparation, je totalise 780km, soit 100 km de plus qu'elle l'an dernier : ça va saigner !

 

 

L'équipement :

Ça a été le gros débat les deux trois jours avant la course. D'autant plus que la météo ne nous a pas aidés à faire le choix. En effet, grâce au Pirate, on a découvert un site de météo à 5 jours région par région avec précision par plage horaire de 3 heures : pleinchamps.fr . Mais le problème c'est que la météo n'était pas du tout sûre pour le samedi. Indice de fiabilité : autour de 65% alors que le vendredi et le dimanche était à 90%. Ils prévoient su soleil et des averses.

 

Je sors mon sac… ah non ça je ne le prends pas avec moi !

Trop lourd !

Finalement, je vais retirer de mon sac le bonnet et les gants, ainsi que le pancho marathon de Paris.

Je ne vais garder dans mon sac « que » :

-         un buff

-         une casquette (en cas de pluie, ça protège les lunettes : pas voulu mettre de lentilles car j'avais peur qu'au bout de 12h30 de course que ça me pique les yeux [pas trop l'habitude, je ne les mets que pour le sport]).

-         Ma couverture de survie (obligatoire)

-         Deux lampes frontales

-         Un jeu de pile de rechange

-         Une pièce d'identité (obligatoire)

-         Un maillot de rechange (celui offert au Marathon du Mont Blanc) pour se changer au 56ème km.

-         Le maillot UASG (pour faire plaisir au Président… et puis 2 maillots pour la nuit ça tient plus chaud)

-         Une paire de manchette de cycliste au cas où j'aurais froid

-         Une petite bouteille d'un demi-litre vide (enfin avec juste un fond de teisseire sport pour pouvoir faire face à la deuxième section de 34km tout seul).

-         Une paire de chaussette de rechange

-         Veste coupe vent (obligatoire)

-         J'avoue que j'ai pris une photo de Sandie et de Juliette en me disant que si j'ai gros coup de mou à la fin, je les regarderai (les fameuses images positives de Laurent…).

 

La semaine d'avant course :

J'ai levé énormément le pied les quinze derniers jours. Trois semaines avant l'écotrail, j'ai fait une grosse séance de cassage de fibre comme le conseille Laurent : 1 heure d'escalier à fond à fond !

La dernière semaine, je ne fais qu'une petite sortie de 40 minutes. J'ai mal aux jambes toute la semaine… Je n'en parle pas au coach. Trois jours avant, le stress est à son comble : je vais encore me louper comme sur mes marathons ! La veille de la course, j'ai pris ma journée et je vais le soir avec le coach et Alex (inscrit sur le 50) chercher mon dossard : Eric nous avait prévenu « tu seras comme un gosse la veille de passer son bac ! ». La vache, j'ai sacrément pris un coup de jeune :

Vous avez vu aussi comment j'ai maigri ? Mon sac à dos flotte sur mes épaules !

 

En parlant de maigrir… J'ai fait énormément attention à l'alimentation : manger beaucoup de fruits et légumes. Je me suis rajouté le soir une part de féculent… Avant chaque grande échéance, je tombe malade. Je mets ça sur le fait que je m'affûte et deviens plus fragile donc là l'objectif était de ne pas perdre de poids : je n'ai perdu qu'un kilo, mais je perds maintenant mon pantalon ! Je n'ai plus de hanches. Au boulot, mes collègues me disaient « soit tu changes de pantalon, soit tu regrossis ! »

 

Mais revenons à nos moutons ! Nous récupérons nos dossards

et là Alex nous fait une confidence : « les gars, je dors super mal… je fais même des cauchemars ! »… Il nous explique que la nuit dernière, il a rêvé qu'il était en train de finir l'écotrail et qu'il avait une dernière méga côte à monter en pleine forêt… mais un truc super dur ! Et là en haut, c'était l'arrivée … avec une mini tour Eiffel !

On s'est marrés avec le coach quand il a nous expliqué ça ! On lui dit qu'il avait gagné son anecdote dans mon CR !

 

 

La course :

Je pars avec Eric le Pirate et Laurent L. (un ami du Pirate, on l'appellera donc le corsaire pour la suite du CR) en tuture jusqu'à la base de St Quentin.

Avant de les rejoindre, je me suis habillé et j'ai préparé mon sac sur lequel j'ai accroché mon dossard (sur la ceinture ventrale). Je sors dehors et pose mon sac par terre pour fermer la porte. Une fois la porte fermée, je décide de vérifier une dernière fois mon paquetage : c'est bon j'ai tout ! Je soulève mon sac pour le mettre sur mon dos et là crac ! C'est le drame ! Je viens d'arracher mon dossard… j'avais le pied sur le dossard et quand j'ai soulevé le sac tout est parti… Club de la loose… ? Est-ce un signe ! Non, je ne me laisse pas aller et rigole un bon coup : bonjour les kissmar !

 

Eric est tout excité dans la voiture pendant qu'il mange son gâteau sport. Je me mets un peu à douter à les voir avec leur isostar, leur punch power, leur gâteau sport… Moi, j'ai décidé de ne prendre que de l'eau et des carrés de sucre car je sais que je ne digère pas trop tous ces produits… Ah si, j'ai pris quatre gels (oui, ils sont périmés ! Et Sandie en a marre de les voir trainer avec les affaires de sport). On arrive. Le temps est vraiment beau. Je ne me sens pas très stressé. Je me dis que j'ai fait le maximum, je n'aurais pas pu faire plus.

Le corsaire et le Pirate préparent leur poche à eau avec leurs produits… J'attends. On avance et retrouvons les autres UASG. Je suis content de retrouver le coach : sa présence me rassure, je sens qu'on va bien se marrer. On attend dans l'herbe. On prend quelques photos.

On descend donner nos affaires puis nous allons dans le sas de départ.

 Je ne suis pas stressé. On écoute le speech avec une minute de silence pour le Japon. Je prends en photo le coach :

Dernière photo de groupe :

Puis c'est le compte à rebours…

 

1ère partie : Saint Quentin (0km)- Buc (22km) :

Ça y est ! 3 mois que l'on attend ça ! On part dans l'herbe, je fais attention à mes chevilles. Il y a beaucoup de poussière. J'entends « allez Matthieu ! ». Je reconnais Jean Luc : ça fait plaisir ! Ça bouchonne au bout. On perd le coach mais je ne m'inquiète pas : il est avec Fred et le beauf. Moi je suis avec le corsaire et les Stéphanies. Le rythme est vraiment mou, ça bouchonne, ça n'avance pas autour du lac. On fait finalement pratiquement tout le tour du Lac. On repasse devant Jean Luc.

On discute tranquillement et on se marre.

 

Sur une partie en ligne droite, je me retourne pour voir le coach. Je ne le vois pas : tant pis ! On sort de la forêt et passons sur un pont métallique qui gigote beaucoup avec tous les coureurs. Nous sommes à St Quentin. Nous passons dans la ville où les bénévoles coupent la route pour nous. Ça klaxonne ! Nous sortons de la ville et essaie d'en profiter pour accélérer car je vois bien qu'à ce rythme nous ne tiendrons jamais les 10,5 km/h prévu la semaine dernière sur la première partie du parcours. Mais les filles ont été coincées derrière. Nous retournons dans la forêt. Le chemin est étroit et on ne peut courir qu'à une seule personne de front. Je suis de trop près le gars devant moi… et là badaboum ! Mon pied tape dans une pierre, je pars en avant, je me rattrape avec les mains : c'est bon, je n'ai rien ! Même les mains ne sont pas abîmées. Je décide de me calmer et d'assurer. J'ai de la chance car j'ai tapé avec le dessous du pied dans cette pierre, donc la semelle a bien amorti le choc. Mais j'ai un peu mal à mon pied… On reperd à nouveau les filles ! Je vois Julien LG.

Je lui fais coucou mais ne m'arrête pas car c'est bon, c'est une course tout de même ! Et puis Julien semble plus intéressé par la féminine derrière moi…

 

On fait le tour d'un nouvel étang. On voit les filles 20 mètres derrière nous. Elle revienne à la faveur d'une petite côte. Steffi n'a déjà plus d'eau ! Je décide donc de partager avec elle mon eau. Toutes les dix minutes, je lui propose une gorgée.

 

Un gars sur le bord de la route annonce que nos Stéphanies sont 71 et 72ème féminines. Ça rebouchonne à nouveau. On distance encore une fois les filles. Mais elles reviennent. Nous sommes tous ensemble, j'en profite pour faire une photo :

Stéphanie demande à Steffi comment elle va : « moyen, mon tendon me tire ! ». Je ne dis rien mais pour moi Steffi ne finira pas la course. Et là devant nous se produit un drame : la féminine juste devant nous se paie une gamelle incroyable. Elle se relève aussitôt, son mari (ou autre chose??? Car peut être que les gens ont cru que j'étais le mari de Steffi ou de Stéphanie … ou la femme de Laurent !) fait demi tour. Nous nous arrêtons : « ne vous inquiétez pas ! J'ai l'habitude ! » nous dit-elle. Nous voilà rassurés ! Pendant une seconde, elle me fait penser à Steffi : c'est son genre d'humour… mais Steffi aurait rajouté « J'ai l'habitude ! Je suis blonde !». Dans une courte côte, je décide d'appeler le coach : je tombe sur son répondeur ! J'aimerais bien que la seconde partie, nous la fassions ensemble !

 

Nous arrivons à Buc ! Nous sommes donc au 22ème kilomètre.

 

Je décide de me dépêcher et de ne pas faire la même erreur qu'au Mont Blanc. Je chope une bouteille d'eau pour remplir mon camelbak à ras bord. Comme Laurent le corsaire rajoute de la poudre, je vais lui chercher moi-même son Coca… et là qui me bouscule : le coach avec Fred « on s'attend à la sortie ! ». Sauf que le coach va partir sans son poulain ! La honte sur lui ! Pour accomplir la deuxième partie de course (qui va du 22ème km au 56ème km, soit 34km en autonomie !), j'ai ma poche à eau de 2 litres (à mon avis, elle doit faire un tout petit peu plus… d'autant plus que je l'ai rempli pour la faire déborder…) et une bouteille d'eau d'un demi-litre. La petite bouteille, je l'avais mise dans mon sac et j'avais mis un fond de sirop teisseire Sport dedans. J'ai donc rempli ma poche et ma petite bouteille, que j'ai portée à la main.

Je fais pipi et j'attends le passage de mes compères… j'attends… j'attends… j'attends… j'attends…J'appelle le corsaire : ça répond pas. Le coach a débranché son téléphone, lui ! J'arrive à avoir Steffi. Donc je retrouve les filles.

 

2ème partie : Buc (22km)- Chaville (56km) :

On repart… mais je m'énerve ! Et là au bout de 500 mètres après avoir longé une rivière avec des pêcheurs, arrive une superbe côte ! Je distance les deux filles aussitôt ! J'en ai encore honte car ça ne servait à rien mais je voulais revenir sur le coach et qu'on fasse enfin la course ensemble. Je vois Jean Luc :

« Dix minutes devant ! » me répond-il ! Là j'ai un sacré coup au moral : le coach m'a abandonné !

Je me rends compte que j'ai fait n'importe quoi : je vais être tout seul intercalé entre deux groupes alors que c'est la partie la plus difficile ! En plus l'orage commence à tonner !

En haut de la côte, je vois Julien LG qui est encore là à VTT.

Je lui refais coucou et lui demande si ça le tente pour l'an prochain. Pas l'air emballé Julien !

Arrivé en haut, je sens que le temps se rafraîchit et je me dis que l'on va se prendre un bel orage ! Je suis tout seul… je peste contre moi-même ! Et surtout contre le coach ! On est dans la forêt, j'avance toujours bien et essaie de calmer mon rythme car je me rends compte que je pourrai jamais reprendre le coach s'il a 10 minutes d'avance. J'essaie surtout de me refaire un moral : je commence à broyer du noir d'être tout seul, que le coach m'ait abandonné et puis la grosse honte d'avoir abandonné les filles !

On sort de la forêt à Petit Jouy… pour reprendre une belle patate où j'en profite pour appeler le coach : toujours le répondeur ! « Salut grosse merde ! Tu m'as abandonné ! On devait faire la course ensemble ! Je te préviens, je te demande le divorce dès qu'on se retrouve ! ». En haut, je relance gentiment. Je me retrouve derrière le gars qui a interviewé Eric avec sa caméra : il court avec sa caméra en discutant avec un de ses potes… et là j'entends « Matthieu, Matthieu »… Je me retourne : surprise ! Ma petite Stéphanie est revenue ! Oh je suis trop content ! Je m'excuse de l'avoir abandonné et lui demande des news de Steffi : elle me dit qu'elle l'a abandonnée à la gare de Petit Jouy. Je m'inquiète un peu pour elle car je me demande si son tendon va tenir. On commence à discuter, elle passe devant moi dans un passage boueux… et là comme je la colle, paf je tape mon pied dans une souche… qui fait que j'envoie mon pied droit dans les pieds de Stéphanie. Elle manque aussi de se crouter : j'ai trop honte ! 5 minutes qu'on est ensemble et déjà je veux l'envoyer par terre !

 

On avance sur un bon rythme : on parle du salon de la rando, de bâtons de trail… On sort de la forêt pour passer au dessus d'une autoroute. Là le gars devant nous s'arrête devant sa famille venue l'encourager : il veut abandonner ! Stéphanie : « c'est trop facile : les gens viennent te voir, tu abandonnes parce que tu sais que la voiture est à côté ! ». On rerentre dans la forêt. Le temps repasse au soleil. Le chemin est tout bosselé et fait de petites côtes et petites montées… et on voit un maillot UASG : c'est Achia ! On repart avec elle ! On discute encore mieux à trois ! Au bout de 2 kilomètres, nous doublons Jean Philippe (dit le beauf, car c'est le beauf du coach) : il marche ! Il dit qu'il commence à cramper ! C'est mal parti ! Pas de sentiment, nous continuons. Achia a un petit mot gentil pour Jean Fi car ils ont fait l'écotrail l'an dernier.

Nous avançons bien tous les trois. Stéphanie est littéralement aérienne dans les côtes. Au bout de 4 ou 5 kilomètres, nous perdons Achia. On avance toujours sur un bon rythme. Puis après une côte, qui vois-je en train de marcher ? Le coach ! Premier réflexe : je suis content ! J'ai retrouvé mon popin ! Deuxième réflexe : lui signifier mon mécontentement de ne pas m'avoir attendu ! Nous sommes quand même au 38ème kilomètre ! Stéphanie en profite pour faire un petit pipi. Je fais de même. Pendant ce temps-là, le coach continue en marchant… Et là, j'ai le 3ème réflexe : peut être que le coach n'est pas si bien que ça ! Je chasse vite cette idée de ma tête car le coach, par définition, est beau, jeune (enfin, jme comprends !) et surtout invincible. Stéphanie ressort des fourrées et nous repartons ensemble. Le coach est 50 mètres devant et nous récupérons le corsaire Laurent. On attaque aussitôt sur un bon rythme … de blagues ! Je suis content d'avoir retrouvé Philippe, ça me rassure. Laurent me semble un peu juste mais il s'accroche comme un mort de faim. Nous enchainons toujours côtes et descente. Vers le 40ème, nous nous prenons un véritable mûr qui doit faire du 30% ! Eric le Pirate m'avait prévenu qu'il y avait des patates de 20-30%... Je m'étais dit que le pirate exagérait encore une fois (par définition, le pirate a tendance a exagéré et embellir ses faits de guerre… surtout devant la gente féminine). Mais là, je vois de quoi il parlait ! Un garçon qui fait son footing dans la forêt et prend la même côte que nous nous double et revient sur le coach… Je crie au coach « attention, yen a un qui va te doubler, ça me ressemble mais c'est pas moi ! »… oui le garçon a les cheveux roux… il se marre à m'entendre et nous demande quelle distance on est en train de courir : « 82km !» répond-on. Ça lui semble inimaginable et nous souhaite bonne chance pour la suite. Nous arrivons à la moitié de l'épreuve, nous sommes au 41ème kilomètre ! Nous sommes contents. Mais je commence à m'inquiéter car cela me semble vraiment long et le prochain ravito me semble vraiment loin ! Nous passons au dessus de l'autoroute A86 et le coach nous dit « Maintenant que vous passerez sur l'A86, vous penserez à l'écotrail ». Il en profite pour balancer sa légendaire blague (il en profite car il a là un nouveau public avec lui !) : « comment ça va ? », généralement on répond « bof » et lui ne manque pas sa célèbre réplique « ah, je commence à être chaud ! Je me sens bien ». Il arrive à me tirer un sourire. Nous rerentrons dans la forêt. Stéphanie commence régulièrement à prendre de l'avance sur nous mais nous attend (par compassion, par politesse ???). Puis quelques kilomètres plus loin, après avoir passé un rond point peu avant Meudon, elle part ! Je ne la reverrai plus (sauf au buffet !). Je reste avec le coach. Pour la deuxième fois, il me demande ce que j'ai dans mon camelbak. Je lui dis que j'ai de l'eau. Il me dit qu'il ne peut plus boire son isostar car ça le dégoûte. J'ai pitié, j'ai moi même ce problème, c'est pour cela que je ne prends que de l'eau pure. Je lui tends ma pipette. Il me remercie. Nous sortons à nouveau de la forêt pour les trottoirs de Meudon en direction de l'observatoire. Je ne me sens pas trop mal, je largue le coach. Seul Laurent me suit. Nous rentrons dans le domaine de l'observatoire. A la faveur des escaliers, je distance mon dernier complice : le corsaire Laurent. Et là dans le parc, je me rends compte que le prochain ravito n'est pas à 52 km mais à 56km… Depuis 5-6km, je me raccrochais à l'idée que le ravito était dans peu de temps. Là, je me prends un coup de barre ! Mais je me rassure avec la présence de Gilles et Damien. Normalement, Damien et Gilles devaient être là à l'observatoire pour prendre des photos et nous encourager. Normalement ! J'arrive sur la terrasse : sur ma droite s'étend tout Paris, la vue est magnifique. Le ciel est orange avec une légère brume… Une petite pub pour reprendre son souffle ?

 

Réaliser des ultras trails nécessite une préparation intense… et bien sûr une alimentation adéquate. C'est pour cela que les laboratoires Kissmarsport® et mini coach vous proposent les légumes « Laurent le Géant ». Avec les légumes Laurent Le Géant, vous avancerez à pas de géant !

 J'aperçois la Tour Eiffel, elle semble proche mais je sais que l'on va nous faire repartir en sens inverse, donc je ne m'emballe pas. Au bout de la ligne droite, on tourne à gauche et là je vois un tas de trailer en train de remplir leur camelbak avec de l'eau du robinet. Je suis un peu surpris car de moi-même, j'éviterais de prendre de l'eau du robinet en extérieur, de peur de choper une derlipe de tous les diables ! Mais je pense que ce passage de 34km en autonomie totale a été mal appréhendé par nombre de coureurs. On fait le tour des bâtiments et toujours pas de Gilles et Damien… Au bout de la ligne droite, je vois une arche : « contrôle du matériel » crie un bénévole. Mon téléphone sonne : c'est Stéphanie. « Ouais je viens de passer le contrôle. T'es où ? ». « J'arrive dans 3-4 minutes », lui réponds je. Elle : « bon je continue ! ». Je lui dis de continuer sans m'attendre car je sais qu'elle est une jambe au dessus de moi. Je dois sortir ma couverture de survie, mon brassard et ma frontale. Nous sommes au 49ème kilomètre. Je rerange tout dans le sac. Je repars… Le ciel est vraiment sombre… Pouf ! Il commence à pleuvoir ! Je retire mon sac : je sors une casquette pour protéger les lunettes de la pluie, je mets mes manchettes et sors mon coupe vent… J'ai un coupe vent qui supporte la bruine mais n'ai pas de veste gore tex (« quoi tu veux une veste gore tex ? Alors que tu as eu un GPS à Noël ! Tu te fous de moi ? C'est encore combien ton truc ?»). Je sais à quoi m'attendre si la pluie s'intensifie : elle devient un agréable paquet de vêtement gorgé d'eau… En attendant, je vois Laurent le corsaire qui me double… mais il ne m'a pas reconnu comme j'ai changé de tenue. Je l'appelle ! Nous continuons ensemble ! Et là, la petite pluie devient un véritable orage, je suis rincé jusqu'aux os… mais je suis content d'être avec Laurent. On manque de se faire embrocher par un gars avec ses bâtons qui met son imper en tenant ses bâtons. On lui crie de faire attention avec ses bâtons, et il ne trouve rien de mieux que de nous dire « ouais je sais ! »… Pour info, normalement les bâtons sont interdits…

 

On espère que la pluie va se calmer bientôt… ça va durer longtemps ! Un orage de peut être une demie heure ! Les chemins sont transformés en véritable piscine. Lors d'un tournant Laurent me dit qu'il va boire un coup… Je continue à courir et là plus de Laurent ! Mince ! Bon je continue, la pluie se calme. Sandie m'appelle et me demande si ça va ! Je dis que je suis seul. Mais que je continue à avancer. Je ne suis plus très loin du prochain ravito et nous voyons de plus en plus de monde venu soutenir leurs proches, mais qui n'hésitent pas à nous applaudir. La dernière montée vers le ravito est bondée de monde. C'est agréable. J'arrive au ravito du 56ème ! Ouf enfin !

 

Il commence à faire sombre mais le ravito est éclairé. Je cherche de l'eau plate… Je n'en trouve pas. Je rentre sous une tente et trouve une chaise pour poser mon sac à dos. Là je fais les fonds de bouteille pour remplir ma poche à eau. Je regarde ce qu'il me reste : il doit me rester un demi litre d'eau… donc j'ai bu 1,5 litres d'eau plate et un demi litre de sirop teisseire en 34km. Je remets un litre supplémentaire : 1,5 litre pour 17km. Ça devrait le faire. Je fouille dans mon sac pour sortir mon équipement de nuit : je commence par nettoyer mes lunettes pleine de gouttes de pluie avec le papier toilettes (que mon père m'avait rappelé de ne pas oublier : merci Papa !). Sauf que le PQ était dans le haut du sac… il est un peu humide, mes lunettes sont super crades car le PQ se désagrège sur mes verres. Ça me fait sourire (ben oui, fini le club de la loose… bonjour le club des KK : kikour & kissmar). Je cherche au fond pour sortir mes vêtements de nuit : mon t-shirt de finisher du marathon du mont blanc (rouge) et le maillot UASG. Je me dis qu'avec deux maillots, plus mes manchettes de cyclistes, ça devrait suffire pour supporter la nuit.

Je mets ma frontale sur la tête, j'en mets une sur mon ventre. Je vais boire un verre de coca et manger deux morceaux de saucisson sec. Je ne veux pas trop tarder et donc je ne traine pas et veux repartir… mais là je me mets à grelotter.

Il ne pleut plus mais je n'ai plus que mon coupe vent comme vêtement supplémentaire. Je renfile ma veste toute mouillée. Elle s'est énormément refroidie. Je grelotte toujours mais je repars.

Toujours à la pointe de la technologie, Ericsport® vous présente une nouvelle façon de courir : Merci Eric !

 

Après la course pieds nus (avec ses pompes de grenouille...), Eric va essayer pour vous (et le plaisir de ces dames) la course façon poney... attention il risque de vous faire hennir de plaisir!

 

Aurélien a déjà testé pendant l'écotrail... et il a souffert !

3ème partie : Chaville (56km)- Saint Cloud (72km) :

Et là ça va être les 5 pires minutes de la course : je pense à l'abandon ! Comme au Mont Blanc, je m'étais fixé un objectif à partir duquel je savais que la course était pliée. Au Mont Blanc, je m'étais dit que si je passais les Posettes, c'était bon. Pour l'écotrail, je m'étais fixé comme objectif le ravitaillement de Chaville. Après la course était « facile », un nouveau ravitaillement après 17 km et ensuite « seulement » 7km pour rejoindre la tour Eiffel.

Malgré le fait que je me sois persuadé avant la course qu'une fois le 54ème passé, la course était gagnée… et bien je doute. Je me dis que je ne pourrais pas faire 26km en grelottant. C'est pas grave, je continue. On voit là l'importance du mental car une fois que j'ai raconté cette anecdote au coach, il m'a dit qu'il était seulement 10 minutes derrière et qu'on aurait pu finir ensemble. Mais cette idée pendant la course ne me vient même pas : c'est direct l'abandon !

J'essaie de penser à autre chose et me concentre sur la jolie féminine qui est repartie en même temps que moi (question pour Laurent T : « Laurent, est ce qu'une jolie féminine fait partie des images positives dont tu parles souvent pour passer outre ses moments de doute pendant les ultras ? »).

Et finalement, on a rapidement une route à traverser suivie d'une côte assez longue à monter en marchant. L'absence de vitesse, ajoutée à l'effort physique de la côte à monter, font que je me réchauffe progressivement. Arrivé en haut, je relance assez rapidement. Je suis content, je vois que beaucoup tardent à se remettre à courir. Je suis à nouveau bien. On enchaine avec une descente et là je vois l'avantage de ma frontale sur le ventre. Sur le plat, elle éclaire seulement trente centimètres devant mes pieds, mais dans les descentes avec la pente, elle éclaire une cinquantaine de centimètres. C'est vraiment donc un plus car on peut voir d'éventuels obstacles au dernier moment. En plus, j'ai une tikka XP2 sur la tête (et sur le ventre aussi) qui est bien mais pas top. Je pense que si je me lance sur des distances Gillesques … euh pardon plus longues, je devrais investir dans une plus puissante. D'ailleurs une remarque sur l'écotrail : les parties de nuit sont plutôt roulantes, dans le sens où il n'y a pas de véritables parties techniques et difficiles au sol avec des racines, des cailloux, etc… Car il m'arrive régulièrement d'aller faire des soties de nuit en forêt de Maisons Laffitte avec ma frontale et je bute souvent sur des obstacles. Là je n'ai jamais buté pendant la partie de nuit, signe que j'étais d'une grande lucidité… mais non ! que ce n'était pas technique !

Revenons à nos moutons, je suis maintenant réchauffé… mais je cherche l'amitié ! Donc je tape la discute avec un gars. Sandie m'appelle : je suis content de lui dire que ça va et que je cours à 9,5 km/h sur le plat. Je la laisse car sur les parties plates, il est difficile de parler et courir en même temps.

 

Réaliser des ultras trails nécessite une préparation intense… et bien sûr une alimentation adéquate pendant la course. C'est pour cela que les laboratoires Kissmarsport® et Aurélien vous proposent les suppositoires « supposport® ».

 

Fini les problèmes gastriques ! Aurélien utilise régulièrement les « supposport® »

On fait le tour d'un petit lac, on croise un crapaud ! On aborde ensuite une côte, il ne nous reste plus que 21km. Nous sommes au 61èm kilo ! J'ai envie de crier aux gars autour de moi qu'il ne nous reste plus qu'un semi marathon et que ça, on sait tous le faire ! Finalement, je leur demande juste s'ils savent s'il va repleuvoir ou pas… Je n'ai que des rires comme réponse. C'est la question que tout le monde se pose ! Mais moi, je pose la question car je veux retirer mon coupe vent ! Je décide de le retirer car quand on veut faire la course, on ne garde pas son imper ! Je le retire, c'est un peu juste mais ça va !

Après ça, va commencer une heure d'euphorie totale surement liée à la digestion totale du coca, et du saucisson. Je me sens vraiment fort mais je garde en mémoire les conseils du Pirate « le trail ce sont des moments d'orage où tu as juste à baisser la tête et à attendre mais ce sont aussi des moments d'euphorie. ». Les moments d'euphorie sont surement plus difficiles à gérer car il faut penser à continuer à s'alimenter et surtout ne pas trop taper dedans au risque de finir complètement cramé 10 bornes plus loin. J'ai un super rythme dans les bosses, je me force à marcher car mes jambes me disent que je peux les passer en courant. Là encore ce n'est pas évident de savoir quand marcher dans une côte car avec la frontale on ne se rend pas vraiment compte de la pente. Je me fie donc aux autres trailers : quand ils marchent, je me mets à marcher mais à un rythme très soutenu.  

Je fais bien attention à boire toujours et à manger mes sucres toutes les demi-heures. Je commence à espacer plus les sucres car je me rends compte que un toutes les demi-heures, c'est peut être un peu de trop car j'ai eu souvent mal au bide pendant la course. J'en prends donc un toutes 40-45 minutes. Je jette d'ailleurs un coup d'œil à ma réserve de sucres. Il ne m'en reste plus que deux ! Je doute et me dis que je vais peut-être être juste au niveau sucre. Je mange donc un peu d'ovomaltime.

Je double tout plein de monde, je leur dis de se pousser (comme au Mont Blanc). Je me sens vraiment bien. J'en profite au 65ème pour appeler mes parents : « c'est bon, ne vous inquiétez pas, je vais finir la course ET EN COURANT ». Je dis bonjour aux bénévoles et les remercie.

Aux alentours du 68ème, je vais commencer à reprendre mes esprits et à redevenir humain (à un moment, j'ai même cru que je pourrais rattraper le pirate !!!). Je sens que je n'ai plus le même rythme, j'attends avec impatience les côtes pour pouvoir marcher et récupérer. Je continue de doubler du monde mais un ou deux trailers réussissent à me doubler. On est dans le parc de St Cloud et cette partie me semble vraiment moche. Ce sont des chemins gravillonnés et c'est très sombre. J'en ai marre ! J'ai hâte d'en sortir. Je commence à avoir mal partout. Mais j'avance.

Et là au détour d'un chemin le ravito du 73ème kilo est là ! Ma montre n'indique que 72km. Je fais un pipi avant de rentrer dans l'aire de ravito : je jette un coup d'œil à ce qui sort avec ma frontale… C'est pas très clair !

Après Iron Man :

Eric Redford et Robert Lafont présentent :

Je rentre au ravito. Je me sens sauvé ! Je sais qu'après c'est une descente puis les quais. Comme j'ai eu une petite baisse de forme et que je vois de la soupe, je décide de prendre une soupe. C'est délicieux ! Elle a un goût incroyable : les cuisiniers de top chef étaient à l'écotrail ! Ça me semble tellement bon que j'en prends une deuxième. Je prends mon verre de coca habituel. Je ne remplis pas mon camelbak car :

-         je ne m'en sens pas l'envie

-         je sens qu'il me reste de l'eau

-         j'ai pas envie de perdre du temps

 

Pendant que je buvais ma soupe, j'ai entendu des femmes de coureurs discuter « bon je sais que ça n'a rien à voir mais au 20km de Paris, je me suis arrêté un peu… et bien j'ai eu un mal de chien à repartir ! C'est pour ça que moi à leur place je ne m'arrêterais pas ! ». Elle me fait sourire…

 

4ème partie : Saint Cloud (72km)- Tour Eiffel (83km) :

Je me relève et je repars et là je vois un paquet d'une quinzaine de trailers qui arrive et qui zappent le ravito ! Je me dis que tout le forcing fait auparavant n'a servi à rien…

Je repars donc et nous attaquons la descente. Je ne peux pas aller plus vite que 8km/h, j'ai le bide en vrac total ! J'ai trop bu au ravito, je pense aussi que les pâtes pas cuites au fond de la soupe n'ont pas aidé à la digestion. Je me refais doubler de partout. A un moment, on failli louper le balisage… mais des gars devant moi l'ont vu à temps.

Là mon téléphone sonne : c'est qui ? Je regarde, c'est Bruno H… Pfouhhhh ! Qu'est ce qu'il me veut ? Ça va être pour m'encourager… pas envie de parler. Je ne réponds pas ! On sort du parc de St Cloud et là… qui vois-je sur le bord de la route ? Bruno ! Il me reconnait aussitôt ! Et là, je fis le lien aussitôt : il m'appelait pour savoir où j'étais et ensuite m'accompagner. Il part donc avec moi. Je suis trop content de l'avoir avec moi, ça me relance, j'arrive à courir à 9km/h maintenant. Bruno me dit que Stéphanie et Fred sont maintenant ensemble et qu'ils ont une demi-heure d'avance… Là je me prends un gros coup derrière les oreilles, je ne pensais pas que j'avais pris aussi cher ! Bruno me demande comment est le coach : ça me fait mal de le dire mais je lui dis que le coach n'est pas au mieux de sa coach attitude ! Nous descendons sur les quais de Seine, Bruno prend de l'avance pour me prendre en photo. Je remonte une volée de marche. Je les monte en marchant puis je relance… et là je commence à être pris par les crampes. Je mettrai un peu de temps avant de comprendre que c'est le changement de rythme qui me provoque les crampes. A chaque fois que je me mets à marcher pour monter des marches et que je me remets à courir, paf ! Les crampes arrivent !

Bruno prend deux photos de moi…

Dont une dernière à l'entrée du parc sur l'île Seguin.

Bruno me quitte en me disant qu'il va aller soutenir notre coach. Je le remercie. J'ai l'impression qu'il a couru avec moi pendant 5km… au final il a fait entre 3 et 4 kilomètres avec moi. Mais alors ça m'a semblé agréable. Je suis à nouveau seul. Désormais dès que j'aurais des marches ou une pente à monter, je vais me mettre à les monter en courant afin d'éviter de casser mon rythme et d'être pris par les crampes. Nous arrivons sur les quais Parisiens et passons devant le parc André Citroën… Là au GPS, j'ai 80km… ayant fait plusieurs fois cette partie par la passé, je sais très bien qu'il reste plus que 2km à faire.

En effet, en milieu de semaine, nous avions reçu les e-mails de l'organisation et nous avions vu que la parcours avait été rallongé de 2km… sauf que lorsqu'ils ont mis en place le suivi live de la course, ils ont bien indiqué qu'il y avait 83km à faire. Sauf que Sandie n'a jamais osé me le dire de peur de me démoraliser.

Nous passons devant une boite de nuit sur les quais où des jeunes m'encouragent (ou se foutent de moi…). J'avance toujours… je vois que je ne finirais pas en moins de 10h30… J'avais fait les calculs au ravito de St Cloud : je suis reparti du ravito avec 9h18 de course… donc j'avais 1 heure 12 minutes pour faire 10 kilomètre : du gâteau ! Ben non, loupé : la vraie loose !

Mais j'arrive à retrouver le sourire en regardant par terre… Je repense à tout ce que l'on a dit à Eric les semaines précédentes : « Eric, t'inquiète pas si tu vois une trace au sol sur les quais de Seine… On a repéré le parcours et c'est là que l'on va porter notre attaque ! ».

Je monte sur le pont de Bir Hakeim. Sandie m'appelle une dernière fois : je lui dis que j'ai bientôt fini et que je la laisse car je veux profiter de ces derniers moments magiques. J'arrive sur le quai juste en dessous de la Tour Eiffel. Il y a quelques personnes qui nous encouragent. Je vois la Tour Eiffel au dessus de moi. Je suis si content ! J'ai réussi ! Je vais bientôt finir. Je ne vais pas vous la faire à l'émotion car ce serait faux de vous dire que je revois tous les entrainements dans le froid dans ces dernières minutes. Mais je me dis « mince, j'ai réussi ! Je ne pensais même pas y arriver et finalement j'ai lâché le coach ! ». Je remonte sur le haut du quai par l'escalier à côté du carrousel en face de la Tour Eiffel. Comme j'ai toujours mes débuts de crampe, je monte l'escalier en courant. Il ya plein de monde ! Je suis encouragé par mon prénom, je dis merci à chaque fois ! Des bénévoles coupent la route pour me laisser passer, on m'indique de rentrer dans le chemin fait de balustrades. C'est blindé de monde autour de ces barrières. Tout le monde m'applaudit. Je lève les mains à mi hauteur pour les remercier des encouragements. J'ai l'impression d'avoir gagné la course tellement on m'applaudit. Je vois les vigiles qui sont au bout des balustrades. Pas besoin de retirer le sac et de l'ouvrir, ils vérifient par palpation. Je prends mon ticket pour monter. Je dis bonjour aux hôtesses (héhé kikour & kiféducharme !) et je monte. J'attaque deux par deux les escaliers mais en marchant. Je rattrape pas mal de trailers. J'en double un qui doit avoir les quadri morts car il monte à quatre pattes ! Il me fait mal donc je lui glisse un p'ti « allez courage, c'est fini ! ». Je pense à un tiers de la montée, je suis obligé de monter les marches maintenant une par une car je ne peux plus aller plus vite. Je m'aide de la rambarde. Ça y est, j'arrive en haut. Je passe l'arche !

Je coupe mon chrono : mince, 10h36 ! C'est un bon temps ça (enfin jme comprends !) !

 

Ça y est, c'est fini ! Je vais m'assoir sur une chaise après avoir demandé un bon Pepsi aux bénévoles ! C'est le meilleur Pepsi de ma vie ! Il était délicieux ! A tel point que j'en demande un second. Je vais me rassoir, je sors mon coupe vent tout mouillé de mon sac pour ne pas me refroidir…

Et là le choc ! Le gars à côté de moi a un t-shirt de finisher ! « ben tu l'as eu où ton t-shirt ? ». Il me dit que le stand est juste à côté de l'arche d'arrivée. Je vais chercher mon t-shirt. Je suis content de l'avoir ce t-shirt, je l'ai bien mérité, na !

Je vais à l'ascenseur pour redescendre. Stéphanie m'appelle et me dit qu'elle est au buffet. Je la rejoins donc à la tente écotrail. Pour traverser la route, le petit bonhomme est rouge… c'est long… je m'assois comme un clochard sur le trottoir tellement je me sens courbaturé, défoncé des muscles… J'ai l'impression que l'on m'a roué de coups… Un couple d'amoureux en sortie du samedi soir me regarde bizarrement. J'ai peur qu'il me donne la pièce ! Je rejoins Stéphanie à sa table. Le buffet est excellent : je prends une salade de pâtes, du jambon et un morceau de PIZZA ! Trop trop bon et j'ai envie de manger. Je ne traine pas trop car Eric le pirate m'appelle pour me dire qu'il est au gymnase et m'attend pour que l'on rentre ensemble à Maisons Laffitte.

J'arrive au gymnase et là en rentrant j'entends que l'on crie mon prénom : « ouais Matthieu, fini le club de la loose ! ». C'est le pirate forcément. Je récupère mes affaires. Je commence à me changer et on voit arriver Laurent le corsaire : on crie dans le gymnase. Il est super content. Il a fini la course avec Steffi en 11h ! Steffi m'impressionne ! Elle était blessée et j'apprends qu'elle s'est croutée en plus !

Justement on va croiser Steffi en sortant du gymnase, elle est super contente ! Elle nous a impressionnés vraiment !

 

Au final, je finis en 10h36 et suis 646ème pour 1479 arrivants, sachant que l'on était 1894 sur la ligne départ : je suis pratiquement dans le premier tiers !

 

 

 

Remerciements :

 

- Le supporting club UASG :

-         Jean-Luc et Julien LG sur la première partie du parcours, ça fait super plaisir !

-         Gilles et Damien qui sont venus… mais que je n'ai pas vu !

-         Aimad : dans l'esprit des Kikour & kissmar, il m'a envoyé un texto dans l'après midi « ça doit commencer à tirer… encourage kikour ou kissmar de ma part ».

-         Pierre et Annaëlle : ils m'ont suivi toute la course sur Internet et m'ont envoyé un texto après Chaville « t'as dix minutes d'avance sur le coach ! T'es sur un super rythme. C'est énorme ce que tu fais !». Je me demande encore aujourd'hui ce qui est énorme : d'aller plus vite que le coach ? ou d'avoir un super rythme ? Ils ne se seraient pas moqués de moi…. ???

-         Bruno pour m'avoir accompagné ! Super Bruno !

-         Tous mes copains UASG qui étaient avec moi au départ : Achia, Steffi, Stéphanie, Eric, Laurent, Coach, Aurélien

-         Les autres copains : Laurent le Corsaire, Fred, Jean Fi.

 

- le coach bien sûr ! Tout simplement parce qu'il ne voulait pas que je le remercie !

- Sandie bien évidement pour avoir supporter mes absences pour l'écotrail… mes discussions autour de l'écotrail…et tout le reste ! Merci mon cœur !

 

 

Et enfin… l'analyse du coach le lundi matin :

 

« Coach ne va pas fort !

 

Je suis au boulot là mais ça n'est pas la forme. Je sens que cette course m'a épuisé comme jamais (j'ai failli faire un malaise vagal il y a 1/2 h, j'ai senti que je partais mais je me suis concentré pour ne pas tomber !)

 

La course : pour moi ça a été très dur.

 

J'ai eu une crampe juste en bas de l'observatoire et j'ai décroché Matthieu et Laurent. Ça faisait 3/4 d'h que je ne buvais plus mon isostar à cause d'écœurement. Heureusement il y avait une fontaine en haut de l'observatoire. J'ai bu 1/2 l d'eau cul sec !  J'ai marché un peu, ensuite je suis reparti. Au ravito du 56 km, j'ai juste rempli mes réserves d'eau et je suis parti en mangeant du cake. Laurent se reposait, je ne l'ai pas attendu car je savais qu'il allait revenir sur moi après. A partir du 65 ème (c'est là que Laurent m'a repris), je ne pouvais plus trop courir. Les 18 derniers kms ont été très pénibles puisque j'ai quasi tout fait en marchant. Steffie m'a doublé vers le 70 ème, elle courait, bravo.

 

Quel bonheur d'avoir eu Bruno sur les 7 derniers kms. Même si je n'étais pas trop causant, il m'a été d'un grand soutien. A tel point que j'étais mal, je lui ai demandé de porter mon sac à dos sur la fin. J'aurai bien voulu qu'il me porte mais il a eu peur que les commissaires sportifs me disqualifient ! Je ne pouvais plus courir (ou alors que sur 100 m, par à coups), même marcher m'était pénible sur le dernier km !

J'avais l'impression d'être le dernier, je marchais et presque personne ne me doublait (c'est ce dont je me souviens). Pourtant quand je regarde ma fiche de passage, je suis tjrs en même position. Je finis 1 009 ème sur 1 891 participants ! J'imagine la détresse de ceux qui étaient derrière moi.

 

Conclusion : mon physique n'est pas fait pour ce type d'épreuve. 79 kgs, c'est trop de poids à porter ! Je suis content d'avoir fini, c'est sûr, mais je vais me cantonner aux trail de max 50 kms dorénavant.

 

Bravo à vous 3, vous avez fais un belle course

Stéphanie, tu es impressionnante et tu as encore de la marge.

Mathieu, je suis fier de toi, tu as enfin démontré ce que tu peux faire.

Steffie, une mention spéciale parce qu'avec ta blessure et ta chute, il y en a bcp qui n'aurait pas terminé.

 

Coach Kivapafort »

 

Après deux trois jours, nouvelle analyse du coach à froid :

« Avec du recul, je constate que tous ceux qui ont fait cette putain de course en ont bavés et se sont fait mal, voir très mal.

J'en conclus que ceux qui connaissaient d'expérience du LONG sont des MASO !

Perso, je ne me suis vraiment pas fait plaisir sur les 3 dernières heures et je me dis que même si je n'avais pas connu cette défaillance, j'en aurai bavé quand même (cf le CR d'Aurel qui fait un très bon tps !)

C'est pour ça que je ne ferais jamais plus de course > 50 kms.

Je ne sais pas ce que tu en penses mais vu les sacrifices, vu les douleurs pendant et post courses, le jeu n'en vaut pas la chandelle.

Je préfère me faire des courses à ma portée, pouvoir courir dans l'allégresse et finir en beauté.

Le dépassement de soit, on en est tous capable mais sincèrement moi ça ne me botte pas d'en chier pour keudal, je n'ai rien à prouver à quiconque. 

Je n'ai pas le corps adapté à la CAP et je ne veux pas changer de morpho pour devenir un biaffré ! J'ai mis ma saison de judo de côté cette année mais je vais revenir dare dare à ma passion.

Bien entendu, je ferai des tis trails, j'envisage même un marathon en octobre (20cennes), mais stop aux conneries de l'ultra !

Et toi, avec tu recul, tu dis rebelotte ?

 

Coach Kivareprendre Lejudo »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



28/04/2011
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